France Terre d'Asile interpelle les candidats
PARIS (Reuters) - L'association France Terre d'Asile demande aux candidats à l'élection présidentielle de se prononcer sur le droit d'asile, qui a fait l'objet en 2003 d'une réforme saluée par la droite mais critiquée à gauche.
Nicolas Sarkozy a estimé lors de son récent bilan sur l'immigration que la procédure d'asile "n'est plus une fabrique à clandestins" grâce à l'accélération du traitement administratif des dossiers, la suppression de l'asile territorial et la création d'une "liste de pays d'origine sûrs".
Selon le ministre de l'Intérieur et candidat de l'UMP, le nombre des demandes d'asile adressées à la France a ainsi diminué de 10 % en 2005 (passant de 57.000 en 2004 à 52.000 en 2005) et de 35 % en 2006 (pour atteindre 35.000)".
Dans sa réponse à France Terre d'Asile, il rappelle son attachement à la Convention de Genève, comme les autres candidats, et justifie le concept de "pays d'origine sûr", soulignant qu'il a été approuvé par le Conseil constitutionnel et le Conseil d'État.
Nicolas Sarkozy se prononce également pour la création d'un Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) européen.
La candidate socialiste Ségolène Royal s'engage de son côté à appliquer un moratoire sur la notion de "pays d'origine sûr", très contestée à gauche, et à entamer une renégociation à l'échelle européenne.
"La procédure prioritaire doit rester l'exception", assure-t-elle. Elle propose de donner davantage de moyens à l'accompagnement social et juridique des demandeurs, de renforcer ceux de l'Ofpra, et de réfléchir au rétablissement du droit au travail pour les demandeurs d'asile.
La candidate communiste Marie-George Buffet promet la suppression pure et simple de la notion de "pays d'origine sûr" qui est à ses yeux "une entorse au principe de non-discrimination".
Elle s'engage aussi à entreprendre une réforme de l'Ofpra, tout comme Dominique Voynet (Verts), pour qui "le nombre de ses refus remis en cause par la commission des recours prouve qu'elle ne remplit plus correctement son rôle de protection des réfugiés".
La candidate des Verts estime qu'il faut "progresser dans l'harmonisation européenne des politiques d'asile et d'immigration mais sous réserve que ces politiques ne soient plus de la compétence des ministres de l'Intérieur, qui accentuent les aspects sécuritaires et répressifs, et se fassent sous le contrôle du Parlement européen."
Elle estime que la France doit aller "dans le même sens que les pays scandinaves" pour les programmes de réinstallation.
France Terre d'Asile doit prochainement diffuser les réponses de François Bayrou (UDF), Olivier Besancenot (LCR) et Nicolas Dupont-Aignan, candidat souverainiste, notamment.
Sources Boursier com
Posté par Adriana Evangelizt
Par Adriana EVANGELIZT
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Le thème de l'immigration semble céder le pas dans la campagne
par Gérard Bon
PARIS (Reuters) - Thème clé du scrutin de 2002 derrière l'insécurité, l'immigration cède le pas pour le moment dans la campagne 2007 aux problèmes du chômage, de la précarité, du pouvoir d'achat et de l'environnement.
L'immigration est reléguée dans la plupart des enquêtes d'opinion parmi les "priorités secondaires" des Français mais peut encore rebondir en fonction de l'actualité.
Une situation que Stéphane Rozès, directeur de l'institut CSA Opinion, explique par une "petite amélioration sur le marché du travail", les catégories "les plus fragilisées économiquement" ayant tendance à relier chômage et immigration.
"Finalement, l'inquiétude se porte plus en matière économique et sociale sur les questions de délocalisation", explique-t-il à Reuters.
Pour Stéphane Rozès, la moindre focalisation de la campagne sur l'immigration n'explique pas la relative stagnation - les récentes enquêtes sont contradictoires - du président du Front national, Jean-Marie Le Pen, dans les sondages.
"Le fait qu'il ne progresse plus en ce moment provient du fait essentiellement que le pays, avant d'aller sur la protestation, regarde beaucoup les éléments de proposition", avance le directeur de CSA Opinion.
Quant à la "non-dynamique" de Philippe de Villiers, Stéphane Rozès l'explique plus par la difficulté du candidat souverainiste à se positionner que sur son choix de mettre en avant l'immigration dans son programme.
"REGULARISATION SUR CRITERES"
Candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy se repose pour l'instant sur son acquis, d'autant qu'il est jugé plus crédible sur ce thème comme sur celui de la sécurité, que sa concurrente socialiste Ségolène Royal dans les enquêtes d'opinion.
Le ministre de l'Intérieur peut faire valoir sa loi de mai dernier sur "l'immigration choisie", qui durcit les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France et qu'il entend assortir d'une politique d'aide au développement des pays d'origine.
Bien qu'il ait pris l'initiative de régulariser plusieurs milliers de sans-papiers parents d'enfants scolarisés en France, Nicolas Sarkozy s'oppose à toute régularisation massive.
Il s'est déclaré "assez d'accord" avec l'octroi du droit de vote aux immigrés pour les élections municipales, mais seulement s'il y avait réciprocité avec les pays d'origine.
A gauche, Ségolène Royal n'est "pas favorable" à une "régularisation globale", mais prône une "régularisation sur critères", à savoir la durée de la présence sur le territoire français, les attaches personnelles, la scolarisation ainsi que la possession ou la promesse d'un contrat de travail.
Elle s'engage donc à rétablir la régularisation de plein droit après dix ans de séjour remise en cause par la loi Sarkozy et à ce que les dossiers des familles en cours d'intégration soit réexaminés au "cas par cas".
L'APPEL DE VALMY DE LE PEN
Le candidat de l'UDF, François Bayrou, estime que l'immigration choisie de Nicolas Sarkozy "n'est qu'un leurre" car les diplômés choisis par la France s'ajouteront selon lui à "l'immigration subie", qui ne serait en rien jugulée.
Lors d'un colloque sur l'immigration, François Bayrou a estimé que la responsabilité des hommes d'Etat était de maîtriser l'immigration et qu'ils devaient le faire dans le cadre d'une "politique européenne".
S'interrogeant sur le bien-fondé des régularisations massives, qui créent un "appel d'air", il a préconisé un "programme d'intégration" qui rendrait obligatoire l'apprentissage du français aux nouveaux arrivants et la transmission "de nos valeurs élémentaires comme les droits des femmes".
Depuis son appel de Valmy aux Français de toutes origines, en septembre dernier, Jean-Marie Le Pen a cherché à attirer une partie de l'électorat beur, sans pour autant adoucir ses propositions.
Le président du Front national se déclare "francophile, pas xénophobe" et affirme que sa politique ne viserait pas à "chasser" les immigrés illégaux mais à les décourager", notamment en coupant les "pompes aspirantes".
Le dirigeant d'extrême droite veut ainsi remettre en cause les conditions d'acquisition de la nationalité française et supprimer le droit à la double nationalité.
Il propose de réduire les sept types d'aides dont bénéficient, selon lui, les immigrés et "faire savoir aux candidats à l'immigration qu'ils devront chez nous assumer eux-mêmes leurs propres besoins : logement, école, santé, travail."
A la "gauche de la gauche", Dominique Voynet (Verts) Marie-George Buffet (PCF), José Bové (altermondialiste), Olivier Besancenot (LCR) et Arlette Laguiller (LO) optent pour la régularisation des sans-papiers.
Marie-George Buffet propose dans son programme d'accorder le droit de vote et d'éligibilité aux résidents étrangers à toutes les élections, après trois ans de résidence pour les élections locales et dix ans pour les élections nationales.
Posté par Adriana Evangelizt
Par Adriana EVANGELIZT
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