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Segolene La femme

Dimanche 25 mars 2007

Une femme de valeur pour les valeurs de la France... nous résumons.

"Maintenant", abécédaire politico-personnel de Royal

Entre confessions et profession de foi politique, Ségolène Royal réaffirme son ancrage à gauche dans son livre "Maintenant", dans lequel elle attaque Nicolas Sarkozy sur tous les fronts - valeurs, fonction et campagne présidentielle - à un mois du premier tour.

Son offensive contre le candidat de l'UMP est parfois teintée d'humour, quand elle fait allusion aux personnages de bande dessinée auxquels elle et son rival de droite ont été comparés.

"Mieux vaut être Bécassine (...) plutôt qu'Iznogoud", confie la candidate socialiste au chapitre "surnom" de cet abécédaire politico-personnel en 190 mots proposés par la journaliste Marie-Françoise Colombani.

Pour le reste, Ségolène Royal ne "partage pas ce pessimisme social, ce respect de l'ordre établi, cette vénération pour le libéralisme économique et la loi du plus fort" qui forment, selon elle, les piliers de la droite.

Loin du peuple, héritier de la Révolution, "la Bastille vit aujourd'hui l'oeil rivé sur Wall Street et le CAC-40. Elle rêve de s'affranchir du code du travail et des droits de succession", déplore la présidente de Poitou-Charentes qui décoche également une flèche à François Bayrou, sans le nommer.

Le clivage entre la droite et la gauche "n'a pas perdu de son actualité", estime-t-elle autant à l'adresse de ses rivaux au sein du Parti socialiste, qui l'ont souvent accusée de piocher ses idées à droite, que du candidat centriste.

"Prétendre brouiller les frontières, c'est se moquer (des Français) ou avoir des appétits de carrière personnelle qu'on espère mieux satisfaire en changeant de camp sans avoir à assumer un ralliement politique", déclare la candidate socialiste.

"BOULIMIE"

Cinq ans après l'élimination de Lionel Jospin dès le premier tour, elle refuse d'envisager un nouveau 21 avril et la perspective d'un deuxième tour opposant Nicolas Sarkozy à Jean-Marie Le Pen. "La consigne que je me donne, c'est d'être présente au deuxième tour et de gagner!"

Ces fondamentaux posés, celle qui se pose en héritière de François Mitterrand soigne son image de rénovatrice. Elle se dit prête à mener "trois révolutions de front": porter une femme à la tête de la France, changer la manière de faire de la politique et "actualiser le logiciel socialiste".

"Je pense être la mieux placée pour hâter la révolution idéologique dont la gauche française a besoin", affirme la députée des Deux-Sèvres. Le socialisme français, "quelque peu glacé", "doit être dépoussiéré et actualisé" pour réapprendre "à inventer et se mettre à l'écoute du siècle qui commence".

Quatre mois après sa désignation par les militants socialistes, elle n'hésite pas non plus à se voir en femme providentielle, dont "l'irruption inattendue" lors de la primaire a permis d'échapper à une "lutte beaucoup plus rude" au sein du PS. "Déjà que là, ce n'a pas été facile de recoller les morceaux...".

Au fil des 331 pages de "Maintenant", clin d'oeil à l'ouvrage de François Mitterrand "Ici et maintenant" publié en 1980, Ségolène Royal s'en prend à Nicolas Sarkozy sur tous les plans.

Elle dénonce tout à trac ses projets en matière de réforme des retraites, son concept d'"immigration choisie", son refus "méprisant" de voir la Turquie intégrer l'Union européenne, "l'échec" de sa lutte contre l'insécurité et sa course à l'Elysée où "tout est permis".

"Je comprends et je respecte l'ambition qu'on a pour son pays (...) Je trouve en revanche que cette boulimie, cette volonté de tout contrôler inquiétantes pour la France", écrit-elle dénonçant une "extrême concentration des leviers de commande dans les mains d'un seul homme". "Surtout pour faire ce qu'il en fait...", ajoute-t-elle.

A l'avenir, le ministre de l'Intérieur pourrait rester ministre des Cultes, estime la candidate "laïque". Mais il ne devra "pas sortir des clous et considérer les religions comme des forces supplétives".

"EMOI DE MAI"

Ségolène Royal est également "très choquée" que son rival de l'UMP, interrogé sur les violences faites aux femmes, "ne cite que les mariages forcés, les excisions et la polygamie, comme si le problème se limitait aux coutumes venues d'ailleurs" et qu'il n'y avait pas "de violence bien de chez nous".

Du verbe "Abandonner" au mot "Zen", la première femme à avoir une vraie chance d'accéder à l'Elysée revendique son "droit à la simplicité" et à faire de la politique autrement.

Elle se présente comme une présidente jeune - elle a un Ipod, veut doter tous les Français d'une adresse internet et introduire l'apprentissage du hip-hop à l'école - et à l'écoute, dans la droite ligne de sa "démocratie participative".

"Je ne cherche pas à marquer ma différence avec ceux qui m'ont précédée, je veux relever la France et en prendre les moyens", affirme Ségolène Royal.

"J'aime la France. J'aime son histoire pleine de bruit et de fureur mais aussi de douceur", explique-t-elle, confiant qu'elle pourrait cependant "trouver ses marques" dans n'importe quel autre pays d'Europe.

Au gré des mots, l'ouvrage politique tourne parfois au questionnaire de Proust. Sa principale qualité? "L'honnêteté à tous les niveaux". Principal défaut? "Peut-être suis-je trop entière et à cheval sur les principes".

Si elle ne devait garder qu'un livre, ce serait "Les Contemplations" de Victor Hugo pour ses "vers apaisants, puissants et profonds". Un film? "Les enfants du paradis" de Marcel Carné ou "La leçon de piano", pour son "histoire d'amour romanesque, sensuelle et poétique" et ses paysages.

De Couperin à Youssou N'Dour en passant par Diam'!

Sources L'Express

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Jeudi 8 mars 2007

Notre Ségolène deviendrait-elle poète ?

"Liberté, égalité, fraternité" mais aussi "sororité",

dit Ségolène Royal


Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle, a ajouté mercredi le mot sororité (équivalent féminin de fraternité) à la devise de la France "liberté, égalité, fraternité" et a mis tout en oeuvre pour galvaniser les femmes, lors d'un meeting à Dijon à la veille de la Journée des femmes.

Quelque 10.000 personnes, 7.500 dans la salle et plus de 2.000 à l'extérieur, s'étaient rassemblées pour le meeting auquel ont participé des dizaines d'élues de gauche et des invitées étrangères.

Très à l'aise et détendue, Ségolène Royal a tenu à secouer les femmes pour les faire sortir de mauvaises habitudes. "Ne laissons plus le doute s'insinuer dans nos têtes sur nos capacités, nos légitimités, nos compétences, notre carrure, notre stature", a-t-elle lancé. "C'est aussi dans nos têtes qu'il faut faire le ménage", a-t-elle ajouté.

"Je dis aux femmes : osez, relevez la tête, la France a besoin de vous, entreprenez, assumez vos responsabilités, prenez toute votre place, nous en avons besoin toutes ensemble", a-t-elle lancé.

"Liberté, égalité, fraternité, aujourd'hui à Dijon j'en appelle à la sororité", a-t-elle déclaré.

"A toutes ces femmes qui ont tant de mal à boucler les fins de mois, femmes manoeuvres, femmes dans les services de nettoyage, de soins aux personnes (...), femmes noires, femmes blanches, femmes des petits matins, femmes dans les entreprises agricoles si peu payées et si peu reconnues, aujourd'hui je vous demande de leur faire part de votre reconnaissance", a-t-elle encore lancé.

Elle a insisté aussi sur sa différence en tant que femme politique.

"La femme est un animal politique comme un homme, dans un milieu brutal. Je revendique de faire de la politique autrement à l'abri de cette brutalité", a dit Mme Royal.

"Je ne vous demande pas de voter pour moi parce que je suis une femme, mais je suis une femme et avec moi le vrai changement politique, il est là, et avec moi la politique ne sera plus jamais comme avant", a-t-elle lancé. "A l'échelle de la planète, mais aussi de la France, si nous réussissons pour les femmes, si cela va mieux pour les femmes, alors cela ira mieux pour l'humanité tout entière", s'est-elle enflammée.

Elle a cité Louise Michel, qui refusait que ce soit, dans le partage hommes-femmes, "à eux la raison, à nous les effusions sentimentales", Jeanne d'Arc, l'écrivain Christine de Pisan, la révolutionnaire Olympe de Gouges, qu'elle fera entrer au Panthéon si elle est présidente, la Mulatresse solitude, Marie-Rose Toto, toutes combattantes des droits des femmes.

Etouffant un rire, elle a rendu un rapide hommage aux hommes, mais seulement comme électeurs : "Vous les hommes sans lesquels rien ne serait possible, vous qui en acceptant de voter pour une femme vous affranchissez vous-mêmes des vieux préjugés, merci d'être là rassemblés (...) dans ce désir de changement et d'avenir", a-t-elle lancé.

Elle a fait l'"état des lieux" des "droits à consolider pour que vive vraiment l'égalité" : lutte contre le chômage, précarité, violences, petites retraites", qui concernent "d'abord les femmes", et a rappelé des points de son pacte présidentiel comme l'accès à la contraception gratuite pour les moins de 25 ans.

Elle a confirmé aussi que, élue, elle présenterait au Parlement un projet de loi-cadre sur les violences faites aux femmes.

La présidente chilienne Michelle Bachelet lui avait envoyé un message d'encouragement, qui a été diffusé sur grand écran. Des intervenantes ont défilé à la tribune pour dire leur soutien. Estela Carlotto, présidente des grand-mères argentines de la Place de mai, parlant comme si Ségolène Royal était déjà élue, a déclaré : "Comment aurais-je pu ne pas être là pour applaudir la décision de la France d'avoir une femme présidente socialiste ?".

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Jeudi 8 mars 2007

A Dijon, Ségolène Royal propose de faire entrer

Olympe de Gouges au Panthéon

Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle, a annoncé mercredi à Dijon que si elle était élue elle ferait entrer au Panthéon les cendres de la révolutionnaire Olympe de Gouges, figure féminine du combat contre l'esclavage.

Lors de son meeting organisé à Dijon pour célébrer la Journée internationale des femmes, elle a rappelé qu'Olympe de Gouges, dans sa déclaration des droits de la femme de 1791, soulignait que "si la femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir le droit de monter à la tribune".

Olympe de Gouges est morte guillotinée en 1793.

"Ici, à Dijon, je vous le dis, si je suis élue présidente de la République, Olympe de Gouges entrera au Panthéon, ce grand monument si peu accueillant aux femmes qu'il porte à son fronton +aux grands hommes la patrie reconnaissante+", a déclaré Mme Royal sous les applaudissements d'environ 10.000 personnes, aussi bien des hommes que des femmes, qui participaient au meeting.

"Elle rejoindra au Panthéon Marie Curie", a ajouté Mme Royal.

Plusieurs organisations féministes ont demandé aux candidats à la présidentielle de faire entrer Olympe de Gouges au Panthéon. L'initiative avait été lancée en 1989 lors du bicentenaire de la révolution française par l'historienne Catherine Marand-Fouquet.

La mairie de Paris a donné le nom de la révolutionnaire à une place du IIIe arrondissement.

Par ailleurs, selon un sondage BVA à paraître jeudi dans La Dépêche du Midi, Ségolène Royal est la candidate à laquelle les Français font le plus confiance pour défendre l'égalité entre les hommes et les femmes.

A la question +à quel candidat faites-vous le plus confiance pour défendre l'égalité entre les hommes et les femmes+, 43% des sondés ont répondu Ségolène Royal.

En deuxième position vient Nicolas Sarkozy (15%). Suivent François Bayrou (13%), Arlette laguiller (7%), Jean-Marie Le Pen (3%), Olivier Besancenot (2%) et Marie-George Buffet (2%).

92% des personnes interrogées pensent que l'égalité homme/femme est bien respectée au sein de leur propre famille (58% pensent de même dans les familles en général), et 59% dans les médias.

Elles ne sont plus que 27% à estimer que l'égalité est respectée dans les entreprises, et 25% (le taux le plus bas) dans le monde politique.

Le sondage a été réalisé par téléphone du 5 au 6 mars, auprès d'un échantillon de 953 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

Notice détaillée disponible à la commission des sondages.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 7 mars 2007

On a certes besoin des hommes mais... les femmes sont supérieures aux hommes ! N'en déplaise à Jean-Paul le machiste ! Et elle a raison Sego, Jeanne d'Arc n'est pas le monopole du Front National. D'ailleurs, Jean-Paul, connaissez vous la véritable histoire de Jeanne d'Arc ? De qui et de qui était-elle la fille ? Ah ! On va voir si vous connaissez la réponse ?????????? En tout cas, très beau discours de Madame Royal ! A la gloire des femmes...

Ségolène Royal aux Français: "Osez la femme"

par Laure Bretton

DIJON, Côte d'Or (Reuters) - A six semaines du premier tour, Ségolène Royal a appelé mercredi les Français à oser le "changement radical" d'élire une femme à la présidence de la République.

A la veille de la journée internationale de la Femme, la candidate socialiste a transformé la devise de la France le temps d'un meeting à Dijon, proclamant pour l'occasion "Liberté, Egalité, Sororité".

Devant tout ce que le Parti socialiste compte d'élues influentes - sauf Martine Aubry retenue à Lille - la première femme à avoir une vraie chance d'accéder à l'Elysée a rendu hommage aux hommes "sans lesquels rien ne serait possible" et qui sont prêts à s'affranchir "eux-mêmes des vieux préjugés" en votant pour elle.

Faire appel aux hommes, pour qui l'ancienne ministre déléguée à la Famille a notamment créé le congé paternité, "c'est ça le féminisme du XXIe siècle", a-t-elle confié aux journalistes.

"On a besoin d'eux pour que ça avance!", a souligné Ségolène Royal, saluant trente ans après le vote de députés en faveur de l'IVG ou de la contraception à l'heure où les femmes étaient "sous-représentées" à l'Assemblée.

"Osons cette ouverture nouvelle! Osons ce changement radical! Nous sommes en train de vivre un moment historique(...) pour tous les hommes et les femmes qui veulent regarder en avant", a lancé la présidente de Poitou-Charentes devant plus de 7.000 personnes rassemblées au Zénith, dans la banlieue dijonnaise.

"Je ne vous demande pas de voter pour moi, parce que je suis une femme mais... je suis une femme. Et avec moi, le vrai changement politique il est là", a assuré Ségolène Royal.

"On a voulu me faire fléchir. On voudrait me faire douter du combat, de la bataille que je livre à ma manière sur un échiquier complexe", a-t-elle poursuivi, appelant les femmes à se mobiliser pour leurs droits et leur place dans la société.

"FEMMES DU PETIT MATIN"

"Ne laissons pas le doute s'insinuer dans nos têtes sur nos capacités, notre légitimité, nos compétences, notre carrure, notre stature (...) A vous voir ici rassemblées, voilà le principal démenti à ces idées reçues!", a souligné Ségolène Royal qui a de nouveau revendiqué le droit de "faire de la politique autrement".

Même si "la femme est un animal politique comme un homme", la présidente de Poitou-Charentes veut agir "à l'abri de (la) brutalité". "Je suis une femme je suis une mère et je l'assume dans ma relation au pouvoir", a fait valoir la compagne de François Hollande, avec qui elle a eu quatre enfants.

Ségolène Royal s'est une nouvelle fois placée dans la lignée des figures féminines historiques, d'Olympe de Gouges, dont elle transférera les cendres au Panthéon si elle est élue, à Jeanne d'Arc, "fille du peuple et fille rebelle" qu'elle n'entend pas abandonner au seul Front national.

Accueillie sur scène par l'ancienne ministre de la Condition féminine de François Mitterrand, Yvette Roudy, la candidate socialiste a également cité Louise Michel.

L'égérie de la Commune s'élevait contre la loi divine qui voudrait que l'on réserve "à eux", les hommes, "la raison et à nous les effusions sentimentales", s'est amusée Ségolène Royal pour qui "le temps de l'ordre juste est venu" pour les femmes.

Elle a de nouveau défendu les propositions de son "pacte présidentiel" en faveur des femmes, l'adoption d'une loi-cadre sur les violences conjugales ou la contraception gratuite pour les femmes de moins de 25 ans "parce que je refuse que n'arrive pas à reculer le nombre d'IVG".

Au terme de son discours d'une heure, elle a demandé au public un "signe de reconnaissance" pour toutes les "femmes qui ont du mal à boucler les fins de mois", "femmes vendeuses, caissières, secrétaires, stagiaires, aides-soignantes, manoeuvres dans les petits métiers (...) femmes noires, femmes blanches, femmes du Maghreb, femmes du petit matin".

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Samedi 26 août 2006

Être une femme, l'arme absolue

Par Muriel GREMILLET
Dans un parti dominé par les hommes, Royal met en avant sa différence.
Ségolène Royal est une femme. A ceux qui l'auraient oublié, les photos volées parues dans la presse people cet été sont venues le rappeler. Une femme, en maillot de bain deux-pièces bleu outre-mer, une casquette sur la tête, et qui profite de sa baignade dans la Méditerranée pour faire des mouvements de gym appuyée sur une frite. L'occasion de mettre en scène une fois de plus sa vie de madame tout le monde. Et, dans cette expression, c'est le madame qui compte. Car la députée des Deux-Sèvres, et candidate à l'investiture socialiste pour la présidentielle, en a fait un argument de campagne. Mais aussi une arme létale contre ses concurrents, tous des hommes : DSK, Laurent Fabius, Jack Lang, Lionel Jospin, et même son compagnon, François Hollande.
Enfants «élevés».   Depuis ses débuts politiques, Ségolène Royal n'a jamais manqué une occasion de mettre en scène sa féminité, surtout quand elle se pare des habits de la maternité. Comme en 1992 : ministre de l'Environnement, elle pose dans Paris Match avec sa dernière née, Flora. Dans la campagne menée pour l'investiture socialiste, elle n'a pas manqué de parler de ses enfants, «élevés» , ce qui lui permet une disponibilité pour prétendre à la magistrature suprême.
Mais, aujourd'hui, son sexe est devenu argument de campagne : puisqu'elle est une femme, jeune pour le monde politique (53 ans), c'est une assurance qu'elle gouvernera autrement. Ses premiers soutiens à l'intérieur du PS, comme Arnaud Montebourg, croient dur comme fer à cette thèse. «Les femmes ne font pas les choses comme les hommes, affirme le député de Saône-et-Loire. C'est un mélange de sincérité et de détermination. Et puis la maternité, même inconsciemment, ça oblige au dévouement. Les hommes ne sont pas comme ça.» Un argumentaire «différentialiste» qu'on entendait beaucoup à l'époque du vote de la loi sur la parité par les socialistes, en 2002.
En tailleur clair. Une femme, donc, synonyme de meilleure gouvernance ? «Elle est proche des gens, du terrain, à l'écoute», dit un de ses soutiens. Pour être raccord, la candidate à la candidature préfère depuis un an, aux discours depuis une tribune, trop martiale à son goût, les «rencontres» avec les militants. En tailleur clair et petits talons. Au milieu des auditeurs, dans le dialogue plus que le discours.  Symptomatique aussi : à ceux qui l'interrogeaient sur d'éventuelles difficultés à concilier vie de famille et vie politique, elle ne réplique plus : «Poseriez-vous cette question à un homme ?», réponse utilisée par les féministes.
Etre une femme est donc un argument de campagne. D'autant plus utile qu'il paralyse les concurrents. «Evidemment, au concours de brushing, on est nuls», trouve encore la force de plaisanter un fabiusien. Qui poursuit : «Elle s'est mise en position de mère intouchable, de femme faible. Si on met en doute ses compétences, sa capacité à faire le poids face à Sarkozy, on va nous traiter de machistes. Résultat, on ne peut rien dire.» 
Certains, comme DSK ou Jack Lang, se sont à leur tour essayés au dévoilement de leur vie de Français «ordinaires» avec femme, enfants, petits-enfants... En vain, leur cote ne remonte pas. «Ils sont paralysés parce que, finalement, le PS est un parti machiste, dit un député européen. On est entre hommes, il faut nous voir. De réunion en réunion, jamais à la maison. Et elle, qui n'a jamais vraiment mis les mains dans le cambouis de la cuisine interne, débarque et est la plus populaire. Ça nous fout un coup.» Pourtant, des femmes, au PS, il y en a eu, d'Elisabeth Guigou à Martine Aubry, Marylise Lebranchu ou Marie-Noelle Lienemann. Sans oublier Yvette Roudy ou Edith Cresson. Sans qu'elles aient jamais atteint l'aura de Royal aujourd'hui. Réponse du même député européen, redevenu, comme de bon droit, machiste : «Vous les avez vues en maillot ?» 
Utérus. Les conseillers de Ségolène Royal réfutent vertement se servir de son statut de femme pour vendre une manière différente de gouverner : «On ne gouverne pas avec son utérus, tranche Sophie Bouchet-Petersen, conseillère de la députée. Mais il est indéniable que Ségolène Royal est différente des autres, par ses origines familiales, ses expériences. Elle a certes fait l'ENA, mais pas comme les autres. L'ENA ne l'a pas formatée et c'est en ça qu'on peut imaginer qu'elle pourra gouverner autrement.» Cela ne convainc guère ses adversaires. En mai, Laurent Fabius lançait perfidement : «On me dit que j'incarne le passé. Ceux qui le disent avaient les bureaux voisins des miens à l'Elysée à l'époque...» Difficile, dans ces conditions, d'affirmer que l'ancienne conseillère de François Mitterrand garantit seule un changement d'ère politique. Les femmes sont aussi des hommes politiques comme les autres.
Sources : Libération
Par Adriana EVANGELIZT
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Samedi 26 août 2006

Un beau portrait de la dame à la rose...

Le verbe tranquille de Ségolène Royal

par Renaud Pila

Dimanche, en Bourgogne, la députée des Deux-Sèvres n'a fait qu'esquisser les contours d'un projet pour 2007. Elle a surtout voulu parfaire un style et délivré un message de proximité.

" Pourquoi pas... " Depuis cette réponse sybilline lancée au détour d'une interview à Paris-match fin septembre 2005 et son envolée surprise dans les sondages qui s'en est suivie , Ségolène Royal s'en tient à une stratégie payante : asseoir sa popularité sur une autre façon de parler en politique et répondre au profond désir de renouvellement de l'opinion.

Alors que ses rivaux socialistes espéraient une usure de sa popularité ou attendaient un faux pas de celle qui n'a pas leur longévité politique, le mouvement de sympathie autour d'elle s'amplifie. Et rien ne semble pour l'instant l'arrêter. La fête de la rose organisée dimanche par Arnaud Montebourg à Frangy-en-Bresse en a été une preuve supplémentaire. Chaque année, ce rendez-vous ne rassemble que quelques centaines de militants. Le cru 2006, les organisateurs s'en souviendront. Plus de 3000 personnes se sont déplacées de toute la région pour écouter la présidente de Poitou-Charentes, pour la voir, la toucher. Chacun de ses pas dans ce petit village bressans a été accompagné de bousculades dont sont plutôt accoutumés les rock star.

"Voir Ségolène en vrai"

Signatures d'autographes, photos avec les proches, bises aux enfants... Les rituels d'une candidate en campagne s'installent, et sa retenue s'efface progressivement même si elle semble encore surprise par un tel engouement. " Merci, merci d'être là " dit-elle tout simplement aux personnes qui la regardent religieusement fendre la foule. Mais le dialogue ne s'instaure pas vraiment, comme si les uns et les autres étaient impressionnés de " voir Ségolène en vrai ".

Incontestablement, la favorite des sondages fait des heureux à gauche. C'est la première personnalité à générer une ferveur populaire depuis la campagne victorieuse de François Mitterrand il y a 25 ans. Si la popularité en politique a une grande part d'irrationnel, le phénomène Royal le démontre encore une fois. On dit la politique triste et usée, la compagne de François Hollande lui donne l'allure d'un sourire et d'une fraîcheur qui plaît. Les militants interrogés parlent peu de ses propositions mais ne sont pas avares de qualificatifs sur son style. " Elle n'a pas la langue de bois " , " elle est directe et à l'écoute ", " elle tient un discours proche des gens"... Et lorsqu'on leur demande un jugement sur ses concurrents pour l'investiture présidentielle, un mot revient comme une antienne : " ils appartiennent au passé ".

Ségolène Royal profite à plein de l'usure des éléphants, comme si une mystérieuse fatwa avait été lancée contre ceux qui ont exercé des responsabilités durant les vingt dernières années. En cette rentrée, l'expérience est un boulet, la virginité un passeport d'avenir. Ainsi nul besoin pour la candidate de développer un programme dense, terrain sur lequel ambitionnent de la faire venir ses adversaires, il lui suffit pour l'instant de " parler autrement ". La politique est affaire de mots, Ségolène Royal l'a bien compris. Les Français ont entendu mille fois le terme " décentralisation ", elle lui préfère dimanche l'expression " intelligence des territoires ". Ils ne croient plus dans la capacité des gouvernements à changer le monde, elle leur propose d'y vivre avec " respect ", jusqu'à en faire un idéal : construire la " République du respect ". 

Des formules originales

Loin des statistiques ou des propositions chiffrées, elle s'adresse au cœur des personnes et en appelle à leur générosité collective. Elle entend ainsi réveiller les idéaux de gauche, avec pour références Léon Blum ou François Mitterrand dont elle revendique l'héritage. Lionel Jospin qui avait lui réclamé un " droit d'inventaire " du mitterrandisme n'est pas cité par la députées des Deux-Sèvres, son action dans son gouvernement jamais évoqué.

En faisant sa rentrée politique tambour battant une semaine avant l'université d'été de la Rochelle, Ségolène Royal a voulu signifier aux militants socialistes qu'elle était prête au combat, à sa façon. Pas question pour elle en effet d'abandonner le registre de la modestie et des formules originales. " Si je suis en situation... " a-t-elle affirmé pour clore son discours, se gardant bien de prononcer le mot " élue ", un peu à la façon de celui ou celle qui peine à nommer un rêve trop vite concrétisé. Il est vrai que si elle semble aujourd'hui écraser ses rivaux dans les sondages ou sur le terrain médiatique, le film politique de ces dernières années incite à la plus grande prudence tant la transformation d'une popularité en suffrages reste une opération chimique des plus aléatoires.

Sources : TF1

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Lundi 3 juillet 2006

 

Pour les fans, la réponse sur RTL. Un interview de Ségolène Royal par Alain Duault... Qu'avez-vous fait de votre jeunesse ? Elle parle de sa jeunesse, de son adolescence... Vous allez même l'entendre chanter une chanson de Françoise Hardy... et une autre de Claude François...

Par Adriana EVANGELIZT
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Jeudi 22 juin 2006

Et pas qu'eux d'ailleurs... avons-nous envie d'ajouter...

Ségolène Royal séduit les militants parisiens

Face aux adhérents du 19e arrondissement de Paris, la députée des Deux-Sèvres a réaffirmé "ne pas être en campagne mais en phase d'écoute". La salle a apprécié son "pragmatisme et son expérience de terrain".

"Vous êtes pas mal non plus", lâche du tac au tac Ségolène Royal en éclatant de rire. Et le militant qui venait de la complimenter sur sa beauté est aussi ravi que la salle. Courtiser le public plus que le parti, la candidate à l'investiture du PS s'en tient à cette stratégie depuis le début de l'année et s'en est fait un style. Mardi soir, dans une salle de gymnase du XIXe arrondissement de Paris, le ségolisme est en marche.

Pas de long discours mais seulement quelques remerciements aux 700 militants socialistes venus à sa rencontre. Des mots bien choisis mais exprimés très spontanément. " Je ne suis pas encore en campagne mais en phase d'écoute et d'échange, précise-t-elle. C'est un moment symbolique très fort". Et quoi de mieux pour dialoguer que de se tenir debout au milieu du gymnase et non pas flanquée derrière une tribune. "Je n'ai pas disposé les chaises, je ne suis pas scénographe, sourit un proche de la présidente de Poitou-Charentes. Mais c'est le principe du forum participatif ". 

" Elle plaît car elle parle sans tabous "

Quelques questions sur le pouvoir d'achat, l'éducation ou le mariage gay ont pourtant été préparées à l'avance. Mais lorsqu'une militante se lève au bout d'un quart d'heure pour critiquer "ce manquement à la démocratie participative ", Ségolène Royal saisit la balle au bond. "Vous avez raison, je vais raccourcir mes réponses et vous laissez plus la parole". 
"C'était un bon test de sa personnalité et elle a très bien réagi, commentera une jeune militante. Elle inspire confiance ".

Et la salle l'écoute effectivement religieusement dérouler des paroles de diagnostic mais également d'espoir. Sans cesse dans le rappel de son action sur le terrain, la députée des Deux-Sèvres veut parler à "la France des territoires, à la France qui souffre". Quatre vieux sympathisants du quartier approuvent sa démarche. " Elle plaît car elle parle sans tabous des problèmes des Français. Sa fraîcheur et son pragmatisme la rendent forte " résume Francis.

" Derrière l'image, une femme concrète "

Un peu plus loin, une nouvelle adhérente analyse ce courant de sympathie. "Ce soir, je l'ai vue autrement que dans les médias qui présentent ses phrases-choc à la façon de Sarkozy. Mais derrière l'image, on sent une femme concrète et combative". Aucun militant n'évoque son absence supposée de programme détaillé. Et lorsqu'un jeune de quinze ans l'interroge sur ses propositions en matière de politique étrangère, Ségolène Royal répond brièvement et renvoie à la lecture d'une interview sur ce thème à paraître jeudi dans Le Monde. Le ségolisme, c'est flairer les attentes de l'opinion et y répondre suivant le bon tempo. Elle s'attarde toutefois sur l'Europe. Là encore, pas de développement théorique mais un point d'accroche concret : "Il faudra relancer l'Europe en pensant l'après-pétrole. Voilà un sujet crucial qui pourra mobiliser tout le monde". Les applaudissements nourris sonnent déjà comme une confirmation.

Après une heure trente d'échanges, la compagne de François Hollande remercie la salle et encourage les militants à "écouter à et à débattre". Les photographes se bousculent pour immortaliser sa sortie à pas rapides, le sourire est celui d'une star de cinéma. "Qu'elle est belle" glisse une vieille dame. Alors que son véhicule démarre, elle salue fenêtre ouverte les passants qui l'applaudissent, un bouquet de fleurs posé sur les genoux. Le ségolisme ou la construction d'une icône populaire.

Sources : TF1

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Lundi 15 mai 2006

Ségolène vue par les femmes

"La soutenir parce que c'est une femme, c'est de la démagogie"

par Nathalie RAULIN


«Libération» a voulu savoir comment des Françaises issues de milieux très différents perçoivent la candidate à la candidature socialiste, étoile montante des sondages pour la présidentielle de 2007.

Habiter les Grésilles, à Dijon, c'est porter l'étoile de la pauvreté. Une ancienne quatre voies balafre le quartier, isolant un peu plus ceux que l'infortune a fixés du mauvais côté, au lieudit Grésilles extension. Les femmes, ici, sont arrimées à leur foyer à vie, faute de travail, faute d'intégration, faute de refuge, avec pour seul horizon les barres HLM alentours.

La Parenthèque est installée là, au rez-de-chaussée d'un bâtiment vétuste de l'Opac, au milieu des habitations, loin des commerces et des centres de loisirs. Sa présidente, Josette, épaule au quotidien les résidentes, des Françaises d'origine maghrébine pour la plupart. Libération veut savoir comment les femmes, ici comme dans quatre autres lieux très différents, perçoivent Ségolène Royal, une femme, mère de famille et étoile montante des sondages pour la prochaine élection présidentielle. Josette, donc, sexagénaire, mère de quatorze enfants, raconte : «Les femmes des milieux populaires ont du mal à accepter l'idée d'une femme président de la République. C'est notamment vrai pour les familles monoparentales, comme si le fait d'être gouverné par un homme les rassurait. L'émancipation n'est pas faite.» Elle, qui est aussi responsable départementale de la Confédération syndicale des familles, rapporte que «les femmes du quartier ne comprennent pas que je m'absente le vendredi pour assister à des réunions à Paris. Si je leur disais que c'est pour garder mes enfants, ça ne poserait pas de problème...» Samia, surveillante de lycée en congé maternité, confirme l'analyse : «Les gens des Grésilles ont une vision traditionnelle : l'homme incarne le pouvoir, il rassure, il sait et il arrange. L'image de la femme reste une image d'impuissance. Les gens ne sont pas informés, ils vivent en cercle fermé, dans leur monde à eux. Il faut un certain niveau culturel pour s'émanciper.»

«Le problème : son côté bourgeoise»

Autre décor, mais toujours la même réticence. A Neuilly-sur-Seine, fief huppé de Nicolas Sarkozy, même les associations sont bien logées. La façade cossue de leur «maison», sise 2 bis, rue du Château, tranche avec la raison sociale de ses locataires : Alcooliques anonymes, Secours catholique, médiatrice familiale, SOS troisième âge... Ici, personne ne croit aux chances de Ségolène Royal. Mais plus on s'élève dans les étages, moins sa candidature sonne creux. Au 3e ­ aide au troisième âge ­, l'hostilité est immédiate : «Quand on a trois enfants avec trois hommes différents, on ne donne pas de leçon sur la famille !», s'énerve une sexagénaire. Ségolène Royal a quatre enfants, du même. A peine si la dame relève la correction : «Qu'elle ne soit pas mariée me choque énormément : quand on n'est pas capable de s'engager dans son couple, comment peut on prétendre à la fonction suprême ?» Au 4e ­ conseil juridique aux familles ­, une permanente salue le courage de la candidate socialiste, comme César devant le gladiateur sacrifié : «On a eu des femmes extraordinaires comme Françoise Giroud (1), ou Monique Pelletier (2). Chaque fois, leurs collègues masculins leur ont collé des peaux de bananes sous les pieds.» Béatrice, bourgeoise dynamique de 57 ans, sait d'expérience ce qu'il en coûte d'être une femme engagée dans la vie publique. «J'ai vu les hommes à l'oeuvre dans un tas de réunions à Puteaux, Courbevoie, Clichy : ils président sans rien connaître du sujet débattu, uniquement pour signer à la fin. Ils font semblant de vous écouter, puis écartent votre proposition d'un lapidaire "ça peut se défendre mais..." qui vous renvoie à vos casseroles.» Au 5e, étage de la médiation familiale, la compétence de Ségolène Royal ne fait aucun doute. Laurence, aristocrate de 42 ans, mère de trois enfants, dit «sa sincère admiration» pour son action à la Famille. De la candidate socialiste, elle dresse un panégyrique : «Ségolène Royal est intelligente, diplômée, capable de tenir tête avec élégance à ses contradicteurs masculins. Arlette Laguiller me fait rire, Ségolène Royal m'intéresse, même si je n'appartiens pas à sa famille politique.» Puis la même assène sa conviction intime : la candidate socialiste ne passera pas même le barrage de l'investiture. «Le problème c'est que son côté bourgeoise ne colle pas à l'image de rassemblement populaire que le PS veut donner de lui-même. Je la verrais bien ministre, même Premier ministre. Président de la République, je ne sais pas.»

A Barbusse, un établissement des Hauts-de-Seine classé en zone d'éducation prioritaire(ZEP), la candidate socialiste inspire plutôt de la méfiance. Dans ce collège de Bagneux, les élèves sont «pour les trois quarts issus de milieux défavorisés» et beaucoup de professeurs se revendiquent «de gauche». A Marianne (histoire géographie), Françoise (technologie) et Malika (lettres), il tarde de se débarrasser d'une droite qui a «démoli le système d'éducation prioritaire». Toutes trois se disent «d'accord» pour qu'une femme défende leur conviction, pour peu que «ce soit une femme qui se mouille». L'une d'elles soupire : «C'est vrai, on a fait le tour de ce que les hommes étaient capables de faire.» Pourtant la brusque percée de Ségolène Royal dans les sondages les a surprises, au point qu'elles suspectent une «construction médiatique». Spontanément, elles évoquent les photos de la candidate à la clinique avec son nouveau-né, publiées par Paris-Match il y a... treize ans. Marianne, agacée : «Si elle cherche à jouer sur l'identification, c'est raté. Il n'y a rien de commun entre ses moyens financiers à elle et ceux des mères de nos élèves, seules, précarisées ou carrément sans emploi !»

Pas de «sexisme à l'envers»

Au siège parisien des Ni putes ni soumises (NPNS) comme sur le site universitaire de Tolbiac, la candidature d'une femme à l'investiture d'un des deux grands partis de gouvernement n'est pas même perçue comme un fait politique majeur. Question de génération. Laure, 19 ans, en première année de droit, explique : «Au niveau des jeunes, la parité, on l'a.» Cette membre active de la coordination étudiante croisée à la cafétéria poursuit : «Les garçons nous respectent, ils ne nous prennent plus pour des cruches. D'accord, ils ont encore un peu tendance à nous couper la parole. Mais c'est au niveau des vieux qu'il y a beaucoup de travail.» La relève féministe des NPNS refuse elle aussi le «sexisme à l'envers». Linda, la trentaine, résume : «Soutenir Ségolène Royal parce que c'est une femme, c'est de la démagogie. J'attends de connaître son programme, de savoir si elle peut me convaincre.» Anne-Charlotte, un look d'étudiante délurée, enchaîne : «Ça m'emmerde qu'en 2006, ce ne soit pas naturel d'avoir une femme candidate. Ce n'est pas parce que c'est une femme qu'elle apporte la modernité.» Les plus âgées ripostent. «Vous avez raison d'attendre pour vous décider que les candidats présentent un programme qu'ils n'appliqueront pas ensuite, attaque Liliane, trente ans d'enseignement à son actif. Il est totalement injuste de prétendre que Ségolène Royal n'a pas d'idées. Il suffit d'aller voir sur son site de Poitou-Charentes.» Abder, réfugié politique algérien, s'étonne à son tour : «Les femmes sont presque plus machistes que les hommes : vous n'avez jamais demandé aux autres candidats ce que vous exigez de Ségolène Royal.»

Aux Grésilles, la dépendance financière et culturelle des résidentes attise pourtant d'autres révoltes. Claire, 34 ans, dont la maîtrise de psycho a débouché sur un emploi-jeune à la Parenthèque, s'enflamme : «Ségolène Royal est la candidate de l'espoir. Chaque jour, je mesure à quel point la parité, l'égalité professionnelle, le partage des tâches sont des voeux pieux. Ici, certaines mères n'ont pas de machines à laver. Non que la famille n'en a pas les moyens mais parce que leur mari ne veut pas qu'elles aient du temps à consacrer à autre chose que l'entretien du foyer. Ségolène Royal prouve aux femmes qu'elles valent mieux. On peut commencer à rêver.» Dans ce quartier populaire, on est prêt, malgré tout, à parier sur le renouvellement que peut incarner la députée des Deux-Sèvres. Josette, la présidente de la Parenthèque, explique : «Ségolène Royal peut transcender la politique en joignant le social et l'éducation. Elle a prouvé son intérêt et sa compétence sur les problèmes qui nous préoccupent aujourd'hui : le chômage, l'avenir des jeunes, les ratés du système éducatif, la parentalité...» Ségolène Royal, poursuit-elle, est une «pragmatique», ce qui peut faire la différence : «Je l'ai vue faire quand elle était secrétaire d'Etat à la Famille. Elle a une grande capacité d'écoute. C'est après avoir discuté avec elle des missions des parents que nous avons monté nos groupes de parentalité. Elle nous a écoutés aussi quand on a cherché à faciliter l'accès à la cantine scolaire des enfants issus de foyers pauvres.» Stéphane Rozès, directeur d'études à l'Institut CSA confirme : «De manière générale, Ségolène Royal séduit un peu moins les femmes que les hommes. Mais elles lui reconnaissent toutefois une particularité : alors que les hommes partent d'une idée et l'imposent au terrain, les femmes décortiquent le concret, font émerger des solutions puis les portent au niveau politique. L'échec des schémas imposés d'en haut explique sans doute pour partie l'émergence de Ségolène Royal.»

Pour en savoir plus, certaines ont surfé sur Internet. Avec des fortunes diverses. Le concept d'«expertise citoyenne» en séduit bon nombre. La perspective d'avoir une relation directe avec la candidate aussi. D'autres sont plus réservées. Françoise, la professeure de Bagneux, a été déçue : «Je n'ai trouvé que des opinions d'internautes. Je me fiche des avis signés avec des pseudos.» Une autre avertit : «On ne touche pas tout le monde par ce biais-là, pas les plus défavorisés en tout cas. Son site, ce peut être un moyen de dialogue, mais c'est très insuffisant.»

Intérêt ou scepticisme, quoi qu'il en soit, toutes les déclarations de la candidate à la candidature sont passées au scanner. «Ségolène Royal dit s'inspirer du blairisme, note une enseignante de Bagneux. Quand on connaît la politique de Tony Blair vis-à-vis de l'école, il y a lieu de s'inquiéter.» Chez les NPNS, on prévient : «Il n'y aura pas de mobilisation à gauche sans un discours qui surprend, qui redonne de l'espoir. Si elle reste dans le politiquement correct, on ne suivra pas.» Aux Grésilles, on reste dans l'expectative. Samia, qui admet avoir découvert il y a peu l'existence de Ségolène Royal, confie : «J'attends encore de savoir à quelle femme j'ai affaire. Ce qui est sûr, c'est que j'attendrai beaucoup plus d'une présidente de la République que d'un président.»

(1) Secrétaire d'Etat à la Condition féminine de 1974 à 1976, dans le gouvernement de Jacques Chirac au début du septennat de Valéry Giscard d'Estaing.

(2) Ministre déléguée chargée de la Famille et de la Condition féminine dans le gouvernement de Raymond Barre de 1978 à 1981, sous le septennat VGE.

Sources : LIBERATION

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Vendredi 14 avril 2006

Une très bonne analyse de Laurent Joffrin qui semble avoir saisi et décrypté le phénomène Royal. Contrairement à la méthode de gouvernement actuel où l'on se soucie du Peuple comme de l'an 40, dans une attitude hautaine et méprisante, Ségolène fait l'inverse : "écouter avant de parler, débattre avant de trancher, consulter avant d’agir". Elle donne l'impression que l'opinion des français ne compte pas pour du beurre. Nous n'étions plus habitués à cela et c'est pour cette raison sans doute que la dame interpelle bon nombre de ses concitoyens, qui dans le fond, ne se sentent pas si éloignée d'elle que cela. Les élites politiques, du haut de leur sphère, ont souvent tendance à ignorer ce qui se passe vraiment en dessous... on pourrait citer mille exemples mais déjà quand on regarde les débats à l'Assemblée et que l'on en voit qui pionce carrément, on se demande ce qu'ils foutent là bas et s'ils ont vraiment l'impression de travailler pour les français. Il n'y a qu'à lire comment la loi sur les OGM a été votée pour comprendre que le sort de la planète leur importe peu et notre sort à nous donc, n'en parlons pas...

L'effet Ségolène

par Laurent Joffrin

L’Obs vote-t-il Ségolène ? Non. Il s’y intéresse : c’est très différent.
Dans cette présidentielle, le Nouvel Observateur se prononcera en temps et heure, quelques jours avant le scrutin, comme il est habituel pour les grands journaux. Il choisira, selon toutes probabilités, le candidat progressiste. Mais bien malin qui pourrait dire qui il – ou elle – sera. En attendant, la compétition interne à la gauche socialiste se sera déroulée : dans cette lutte qui concerne le PS, nous nous garderons bien de nous prononcer pour telle ou telle candidature. Nous discuterons des idées : c’est notre rôle.


Alors, Ségolène ? Eh bien, c’est tout simple : Ségolène Royal est un phénomène politique nouveau. Tout est là. Il ne s’agit pas seulement de sondages, même si la convergence des enquêtes montre que l’opinion attendait quelque chose ou quelqu’un. Non, le « pouvoir Royal » s’exerce aussi, comme le montre François Bazin, sur les militants, sur des responsables, sur des citoyens engagés, sur une troupe nombreuse d’internautes fort actifs. A en juger par la mine de ses concurrents, l’affaire Ségolène commence à être prise au sérieux. Pour les uns, elle est comme Uma Thurman dans « Kill Bill », qui coupe en morceaux ses adversaires à grands coups de sabre médiatique. Pour les autres, c’est une sorte de Sainte Thérèse de Lisieux qui suscite une dévotion irrationnelle. En un mot, Ségolène Royal a créé une situation nouvelle à gauche, même si celle-ci reste encore fragile. Voilà le sujet qui nous motive.


Pour la première, fois, une femme se place en tête du peloton des présidentiables socialistes. Cela tient d’abord à un intense besoin de renouveau. On pensait jusqu’ici qu’il fallait, pour accéder à l’Elysée, un parcours long et semé d’épreuves, une expérience ministérielle de premier plan, toute une vie, au fond, dédiée à la conquête du pouvoir. Et si les Français, sur ce point comme sur d’autres, avaient changé ? Et si les autres prétendants, quelle que soit leur qualité, qui est grande, pâtissaient justement de leur permanence au premier rang de la classe politique ? Ségolène Royal, quoique placée depuis plus de vingt ans au cœur du dispositif de la gauche, exprime ce besoin de renouveau.


Il s’agit ensuite de son discours. Un verbe précis, décidé, concret, qui joue sur la compréhension personnelle des électeurs, leurs soucis quotidiens et leurs angoisses. Mais aussi un langage plus général, qui se fonde sur des valeurs et non sur un programme, valeurs dont la gauche elle aussi a la nostalgie, après de longues années de gouvernement, c’est-à-dire de concessions et de pragmatisme. Ségolène Royal tient un discours moral autant que politique. Les Français en mal de repères y sont sensibles.


Encore faut-il préciser la nature d’un projet dont chacun se demande, les uns avec goguenardise, les autres avec espoir, s’il a un réel contenu. A cette question – mais au fond, quelle est la pensée Royal ? – l’Obs apporte une première réponse. Au moment où le CPE, projet tombé d’en haut qui se fracasse sur la mobilisation sociale, démontre la désuétude d’une méthode de gouvernement par trop centralisée et hautaine, Ségolène Royal affirme une méthode symétriquement inverse : écouter avant de parler, débattre avant de trancher, consulter avant d’agir. Certains, comme les intellectuels que nous avons invités à l’interroger - et qui ne sont pas forcément ses amis politiques - peuvent tenir cette tactique pour une esquive.
Son programme, plaide-t-elle, est en devenir. Il naîtra de la confrontation avec les électeurs, dans un processus « participatif ». Une candidature interactive, en quelque sorte, aux antipodes, en tout cas, des traditions de la Ve république. Le tout pour une orientation, entre blairisme et tradition socialiste, qui sort pour la première fois de la pénombre.

Sources : LE BLOG DE LAURENT JOFFRIN

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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