Une femme de valeur pour les valeurs de la France... nous résumons.
"Maintenant", abécédaire politico-personnel de Royal
Entre confessions et profession de foi politique, Ségolène Royal réaffirme son ancrage à gauche dans son livre "Maintenant", dans lequel elle attaque Nicolas Sarkozy sur tous les fronts - valeurs, fonction et campagne présidentielle - à un mois du premier tour.
Son offensive contre le candidat de l'UMP est parfois teintée d'humour, quand elle fait allusion aux personnages de bande dessinée auxquels elle et son rival de droite ont été comparés.
"Mieux vaut être Bécassine (...) plutôt qu'Iznogoud", confie la candidate socialiste au chapitre "surnom" de cet abécédaire politico-personnel en 190 mots proposés par la journaliste Marie-Françoise Colombani.
Pour le reste, Ségolène Royal ne "partage pas ce pessimisme social, ce respect de l'ordre établi, cette vénération pour le libéralisme économique et la loi du plus fort" qui forment, selon elle, les piliers de la droite.
Loin du peuple, héritier de la Révolution, "la Bastille vit aujourd'hui l'oeil rivé sur Wall Street et le CAC-40. Elle rêve de s'affranchir du code du travail et des droits de succession", déplore la présidente de Poitou-Charentes qui décoche également une flèche à François Bayrou, sans le nommer.
Le clivage entre la droite et la gauche "n'a pas perdu de son actualité", estime-t-elle autant à l'adresse de ses rivaux au sein du Parti socialiste, qui l'ont souvent accusée de piocher ses idées à droite, que du candidat centriste.
"Prétendre brouiller les frontières, c'est se moquer (des Français) ou avoir des appétits de carrière personnelle qu'on espère mieux satisfaire en changeant de camp sans avoir à assumer un ralliement politique", déclare la candidate socialiste.
"BOULIMIE"
Cinq ans après l'élimination de Lionel Jospin dès le premier tour, elle refuse d'envisager un nouveau 21 avril et la perspective d'un deuxième tour opposant Nicolas Sarkozy à Jean-Marie Le Pen. "La consigne que je me donne, c'est d'être présente au deuxième tour et de gagner!"
Ces fondamentaux posés, celle qui se pose en héritière de François Mitterrand soigne son image de rénovatrice. Elle se dit prête à mener "trois révolutions de front": porter une femme à la tête de la France, changer la manière de faire de la politique et "actualiser le logiciel socialiste".
"Je pense être la mieux placée pour hâter la révolution idéologique dont la gauche française a besoin", affirme la députée des Deux-Sèvres. Le socialisme français, "quelque peu glacé", "doit être dépoussiéré et actualisé" pour réapprendre "à inventer et se mettre à l'écoute du siècle qui commence".
Quatre mois après sa désignation par les militants socialistes, elle n'hésite pas non plus à se voir en femme providentielle, dont "l'irruption inattendue" lors de la primaire a permis d'échapper à une "lutte beaucoup plus rude" au sein du PS. "Déjà que là, ce n'a pas été facile de recoller les morceaux...".
Au fil des 331 pages de "Maintenant", clin d'oeil à l'ouvrage de François Mitterrand "Ici et maintenant" publié en 1980, Ségolène Royal s'en prend à Nicolas Sarkozy sur tous les plans.
Elle dénonce tout à trac ses projets en matière de réforme des retraites, son concept d'"immigration choisie", son refus "méprisant" de voir la Turquie intégrer l'Union européenne, "l'échec" de sa lutte contre l'insécurité et sa course à l'Elysée où "tout est permis".
"Je comprends et je respecte l'ambition qu'on a pour son pays (...) Je trouve en revanche que cette boulimie, cette volonté de tout contrôler inquiétantes pour la France", écrit-elle dénonçant une "extrême concentration des leviers de commande dans les mains d'un seul homme". "Surtout pour faire ce qu'il en fait...", ajoute-t-elle.
A l'avenir, le ministre de l'Intérieur pourrait rester ministre des Cultes, estime la candidate "laïque". Mais il ne devra "pas sortir des clous et considérer les religions comme des forces supplétives".
"EMOI DE MAI"
Ségolène Royal est également "très choquée" que son rival de l'UMP, interrogé sur les violences faites aux femmes, "ne cite que les mariages forcés, les excisions et la polygamie, comme si le problème se limitait aux coutumes venues d'ailleurs" et qu'il n'y avait pas "de violence bien de chez nous".
Du verbe "Abandonner" au mot "Zen", la première femme à avoir une vraie chance d'accéder à l'Elysée revendique son "droit à la simplicité" et à faire de la politique autrement.
Elle se présente comme une présidente jeune - elle a un Ipod, veut doter tous les Français d'une adresse internet et introduire l'apprentissage du hip-hop à l'école - et à l'écoute, dans la droite ligne de sa "démocratie participative".
"Je ne cherche pas à marquer ma différence avec ceux qui m'ont précédée, je veux relever la France et en prendre les moyens", affirme Ségolène Royal.
"J'aime la France. J'aime son histoire pleine de bruit et de fureur mais aussi de douceur", explique-t-elle, confiant qu'elle pourrait cependant "trouver ses marques" dans n'importe quel autre pays d'Europe.
Au gré des mots, l'ouvrage politique tourne parfois au questionnaire de Proust. Sa principale qualité? "L'honnêteté à tous les niveaux". Principal défaut? "Peut-être suis-je trop entière et à cheval sur les principes".
Si elle ne devait garder qu'un livre, ce serait "Les Contemplations" de Victor Hugo pour ses "vers apaisants, puissants et profonds". Un film? "Les enfants du paradis" de Marcel Carné ou "La leçon de piano", pour son "histoire d'amour romanesque, sensuelle et poétique" et ses paysages.
De Couperin à Youssou N'Dour en passant par Diam'!
Sources L'Express
Posté par Adriana Evangelizt

Commentaires