La démocratie participative daterait de la Révolution... et sera stoppée par Napoléon Bonaparte... doit-on y voir un signe ?
La Révolution invente la démocratie participative
Par Paule Valois
A u début de la Révolution française, les clubs, les sections ou les sociétés populaires, instaurés dans la capitale et dans les villes de province, sont des
lieux d'échanges et de propositions : une forme de démocratie participative prônée par Ségolène Royale (photo). Dans tous les cas, les citoyens « d'en bas » participent au débat public et veulent
influer sur les décisions politiques qui s'ensuivent. Entre 1789 et 1794, on estime que 5 221 communes ont eu au moins une société. Au sein de ce mouvement, la présence des femmes se révèle
importante. Celles que l'on appelle les « tricoteuses » ne se contentent pas d'écouter ou de huer les orateurs, elles participent. Même si elles ne possèdent pas de droits politiques, elles
débattent et donnent leur avis, notamment dans les sociétés « mixtes ». A l'exception des clubs des Jacobins et des Cordeliers qui, eux, n'admettent pas les femmes, sauf comme
spectatrices.
« Le parti démocratique se développa grâce à la multiplication des clubs populaires », écrit Albert Soboul dans La Révolution française. Il ajoute : « Ces
sociétés populaires, qui admettaient les citoyens passifs (exclus du suffrage censitaire en 1791), constituèrent en mai 1791 un comité central. » Il évoque aussi la participation des femmes en
indiquant que l'instituteur Dansard fonda, le 2 février 1790, la Société fraternelle des patriotes de l'un et l'autre sexe. Puis naissent des clubs spécifiquement féminins : on en compte une
trentaine en province entre 1789 et 1791. Leurs membres envoient des députations aux assemblées, chargées de défendre des idées qui ne concernent pas seulement le sort des femmes. Dominique
Godineau explique dans Citoyennes tricoteuses que : « C'est en oeuvrant pour le bien général qu'elles s'efforcèrent alors de donner un sens au mot [citoyenne]. Or, pour les révolutionnaires,
c'est de la réunion que l'on peut attendre les meilleurs bienfaits. »
A Paris, en mai 1793, les représentantes du Club des citoyennes républicaines révolutionnaires sont reçues au club des Jacobins afin d'y lire leurs propositions pour « sauver la patrie ». Elles
se rendent dans ces clubs pour s'adresser aux députés et s'invitent à l'Assemblée. En février 1793, des femmes de la section des Quatre-Nations demandent à la Convention d'agir contre la crise de
l'approvisionnement ; en mai 1793, une députation de la section du faubourg Saint-Antoine profère des menaces d'insurrection s'il n'y a pas de mesures sur la limitation du prix des denrées. Cette
période de démocratie participative sera stoppée par le général Bonaparte !
Sources Historia
Posté par Adriana Evangelizt

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