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Mardi 8 mai 2007

Alors depuis quand les hommes se servent-ils des mots pour conquérir les foules ? Histoire de la rhétorique depuis avant notre ère jusqu'à maintenant... passionnant...

Politique : l'art de la formule

Par Véronique Dumas





L'histoire de France est riche en tribuns d'exception. Un talent que cultivent aussi les candidats à la présidence...

Voilà une spécialité bien française qui ne s'épanouit jamais mieux qu'en période électorale. A l'heure où nous écrivons ces lignes, il est encore trop tôt pour connaître l'identité des deux candidats qui s'affronteront entre les deux tours de l'élection présidentielle, lors du traditionnel grand débat télévisé au sortir du premier tour, rendez-vous plébiscité par un public à l'affût des réparties cinglantes échangées entre les « finalistes ». Une joute où les armes sont des mots. Déstabiliser, blesser, voire tuer, politiquement s'entend, l'adversaire par la seule force du verbe, est le fondement de tout combat électoral. On y retrouve les politiciens les plus brillants, ceux dont les qualités oratoires ont été acérées par des années de pratique et qui ont le don de la formule qui fait mouche et qui touche, au-delà du rival, le citoyen témoin de l'échange. Atout majeur pour séduire les électeurs, la maîtrise du discours s'acquiert grâce à l'enseignement dispensé aux politiques, à l'expérience individuelle et, de plus en plus, aux conseillers en communication.

Ce savoir-faire s'inscrit dans la grande tradition antique, fondée sur la rhétorique, discipline enseignant au futur orateur les procédés pour convaincre son interlocuteur. Dès le VIe siècle av. J.-C., époque à laquelle l'art du discours se codifie, les Grecs font de l'éloquence leur moyen d'expression politique favori, parce qu'elle est compréhensible par tous les citoyens et que ceux-ci sont libres de s'exprimer à leur tour. La démocratie est, en effet, le fondement de l'épanouissement de la parole politique dans la Grèce antique. Rome va reprendre les théories grecques de la rhétorique, exposées notamment par Aristote, en les adaptant à la société de son temps. Cicéron (- 106/- 43) est sans conteste le plus brillant représentant de cette forme d'éloquence. Cet avocat renommé, devenu consul en - 63, brosse le portrait du parfait orateur en s'inspirant de deux illustres modèles grecs, Démosthène et Périclès. Selon lui, le bon orateur doit savoir plaire, prouver et émouvoir. Ses conseils à l'usage des candidats sont toujours d'actualité : « Ne refuse rien à personne : quand on fait des promesses, l'échéance est incertaine, éloignée dans le temps », écrit-il. Et de poursuivre : « En revanche, en en refusant, on est sûr de se faire des ennemis et en foule. » En dépit de cette sagesse toute politicienne, sa carrière se termine tragiquement vingt ans plus tard. Des ennemis, l'auteur des quatorze Philippiques, ces pamphlets dirigés contre Marc Antoine, n'en manque pas. Il mourra égorgé sur l'ordre de ce dernier. Les mains et la tête du sénateur Cicéron seront exposées sur la tribune où il avait coutume de discourir.

Sous la République, la rhétorique est devenue un élément essentiel de l'éducation romaine. Elle assure au futur orateur le pouvoir d'imposer, par la persuasion, sa volonté au petit nombre des citoyens romains et au peuple. Les procès et les discours ont la faveur du public. Avocat et écrivain, homme politique et général, César (- 100/- 44) l'a bien compris, lui dont les bons mots ne sont pas connus des seuls latinistes. De Alea jacta est (le sort en est jeté) prononcé lors du passage du Rubicon, à Veni, vidi, vici (je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu), au retour d'une offensive contre Pharnace, fils de Mithridate et adversaire de Rome, ces expressions ont imprégné la mémoire collective depuis plus de deux mille ans.

Les périodes de troubles civils, propices aux libelles, le sont aussi aux mots historiques. Le panache blanc du futur Henri IV est toujours mentionné dans les manuels d'histoire de France. Le 14 mars 1590, en pleine guerre de Religions, au moment de livrer la bataille d'Ivry contre les troupes de la Ligue catholique menées par le duc de Mayenne, frère du duc de Guise, Henri de Navarre s'adresse à ses cavaliers et leur dit ces mots, recueillis par l'un de ses compagnons d'armes, le poète Agrippa d'Aubigné : « Ne perdez point de vue mon panache blanc, vous le trouverez toujours au chemin de l'honneur et de la victoire. » Le 25 juillet 1593, le même, conscient que la paix et son accession au trône de France, dépendent de sa conversion au catholicisme, abjure la foi protestante à Saint-Denis. « Paris vaut bien une messe », phrase certainement apocryphe, appartient au patrimoine historique français.

Tout comme le « Messieurs, l'Etat, c'est moi ! » mot cinglant qui aurait été asséné comme une gifle par le Louis XIV, âgé de 17 ans, en pleine séance du Parlement, en 1655, quelques années après la Fronde. Si le roi n'a probablement pas prononcé cette parole, elle reflète pourtant bien l'état d'esprit de celui qui, de retour de la chasse, se présente de manière inopinée devant les parlementaires rebelles, botté, sa cravache sous le bras. Moins connue, mais authentique, la phrase écrite en 1669, « l'intérêt de l'Etat doit marcher le premier », révèle la haute opinion que le Roi-Soleil a de sa charge et sa fierté d'avoir élevé le royaume de France au rang d'Etat. Une conviction qu'il réaffirmera sur son lit de mort le 1er septembre 1715, en déclarant dans un dernier souffle : « Je m'en vais, mais l'Etat demeurera toujours... Soyez tous unis et d'accord ; c'est l'union et la force d'un Etat. » Des paroles adressées à ses contemporains et à la postérité qui ont de quoi laisser songeurs les Français de 2007.

Etouffée par la monarchie absolue, l'éloquence politique renaît à la Révolution avec une ampleur inégalée depuis l'Antiquité. La référence à l'héritage antique permet d'ailleurs de faire table rase du passé et de rejeter dans les ténèbres un régime bientôt qualifié d'ancien. La plupart des orateurs du tiers état viennent du barreau. Ils sont jeunes, passionnés, et ont, pour la première fois, la possibilité de s'exprimer à la tribune d'une « Assemblée nationale ». Un monde nouveau est en train de se construire par la force de leurs discours et de leurs répliques. Le 23 juin 1789, Louis XVI s'adresse aux trois ordres réunis à Versailles. Il annule les décisions du tiers état et récuse l'égalité des droits. Le clergé et la noblesse quittent la salle après le départ du monarque, laissant les députés du tiers, pétrifiés et muets. Le grand maître des cérémonies, le marquis de Dreux-Brézé, tente de les faire sortir. C'est alors que l'on entend Mirabeau tonner la réponse qui le fit entrer dans la légende : « Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté nationale et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes. » La Révolution connaît le pouvoir des mots et, en ces temps troublés, ceux-ci peuvent mener à l'échafaud. Le 13 novembre 1792, Saint-Just met froidement en accusation Louis XVI en déclarant : « Pour moi, je ne vois point de milieu : cet homme doit régner ou mourir. » Il préparera de même l'acte d'accusation contre Danton, l'un des instigateurs de la Terreur qui sera condamné à mort par le tribunal révolutionnaire. Ses dernières paroles, adressées au bourreau, auraient été : « N'oublie pas surtout de montrer ma tête au peuple, elle en vaut la peine. »

Le second âge d'or de l'éloquence politique en France se développe sous la IIIe République avec l'apparition d'orateurs inégalables comme Léon Gambetta, qui écrit en connaisseur que pour « gouverner les Français, il faut des paroles violentes et des actes modérés ». Connu pour sa fougue et son courage physique, l'ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement de Défense nationale, organisateur de la résistance à l'invasion prussienne, sera toujours considéré avec méfiance par ses adversaires de gauche, qui lui reprocheront une politique opportuniste. Celui qui a déclaré : « Ce qui constitue la démocratie, ce n'est pas de reconnaître des égaux, mais d'en faire », reste le principal inspirateur des lois constitutionnelles de 1875. Son rival, Georges Clemenceau, qui contribue à la chute du ministère Gambetta en 1882, est lui aussi réputé pour ses formules ciselées, une qualité indispensable à la survie en politique. « Tout le monde peut faire des erreurs et les imputer à autrui : c'est faire de la politique », écrit-il avec une franchise confondante. De plus « on ne ment jamais tant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse », avoue également le Tigre, ainsi surnommé en raison de sa combativité. Elle lui sera nécessaire pour faire face à un autre tribun, Jean Jaurès, dont la voix puissante et la faconde méridionale ont animé les débats à la Chambre des députés. Le 12 juin 1906, quelques semaines après les législatives ayant consacré la victoire de la gauche, a lieu la rentrée parlementaire. Jaurès qualifie la déclaration ministérielle de l'époque de « programme sablé de bonnes intentions ». Puis se tournant vers le gouvernement et Clemenceau, ministre de l'Intérieur : « Vous n'apportez, vous, [...] que des solutions incomplètes, une politique hésitante. Vous êtes au-dessous du suffrage universel. »

Le but du discours politique est bien de critiquer et, si possible, de conquérir le pouvoir. L'éloquence est un moyen de diffuser des idées, mais certains en font une fin en soi, précisément par manque d'idées. Un travers dénoncé par Jaurès qui note : « Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots », et ajoute dans son Histoire socialiste : « N'ayant pas la force d'agir, ils dissertent. »

Le général de Gaulle aurait pu lui répondre ce qu'il écrit dans ses Mémoires de guerre : « Je parle. Il le faut bien. L'action met les ardeurs en oeuvre. Mais c'est la parole qui les suscite. » Par son talent oratoire, le chef de la France libre a montré quel était le pouvoir galvanisant des mots par son discours historique du 18 juin 1940 se terminant par : « Quoiqu'il arrive, la flamme de la Résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. »

De Gaulle, appelé comme président du Conseil en mai 1958 par René Coty afin de résoudre la crise algérienne, commence son allocution du 4 juin 1958, à Alger, par un « je vous ai compris » que les partisans de l'Algérie française lui reprocheront lorsque sa politique s'engagera vers la reconnaissance de l'indépendance algérienne. Devenu le premier président de la Ve République, il saura mettre fin à un coup d'état militaire par un discours, radiodiffusé et télévisé, prononcé depuis l'Elysée le 23 avril 1961, dans lequel il ridiculise le « quarteron de généraux en retraite », qui a pris le pouvoir en Algérie. Mai 1968 inspirera aussi au Général quelques-unes de ses répliques les plus célèbres, comme : « Il est temps de siffler la fin de la récréation » ou « la réforme, oui ! la chienlit, non ! ».

Lors d'une conférence de presse à l'Elysée, le 15 mai 1962, répondant à la question de l'avenir du gaullisme après sa disparition, il s'exclame avec sa verve gouailleuse et sa clairvoyance coutumière : « Ce qui est à redouter à mon sens après l'événement dont je parle, ce n'est pas le vide politique, c'est plutôt le trop-plein. » Si le Général est doté d'un incomparable sens de la formule et est passé maître dans l'art d'utiliser les médias pour affermir son pouvoir et diffuser sa politique, il ne sait pas encore qu'une petite phrase bien placée peut faire basculer une élection. Cela sera le cas, douze ans après l'instauration de l'élection du président de la République au suffrage universel direct.

Pour la première fois, le soir du 10 mai 1974, un débat télévisé est organisé entre les deux candidats en lice au second tour, Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand. La rencontre donne lieu à une passe d'armes entre les deux rhéteurs. Giscard prend l'offensive en décrétant que son adversaire est « un homme lié au passé », puis, au cours de la discussion, décoche la flèche mortelle qui va contribuer à lui faire gagner l'élection : « Vous n'avez pas, monsieur Mitterrand, le monopole du coeur, vous ne l'avez pas ! » Sept ans plus tard, l'heure de la revanche sonne. Cette fois, Mitterrand tire le premier. « Comment pourriez-vous faire demain ce que vous n'avez pas su faire en sept ans ? » lâche-t-il, condescendant. Giscard rétorque par une salve rageuse : « Vous gérez le ministère de la parole ». Avant d'asséner : « Ne cherchez pas les citations du passé dans lesquelles vous vous complaisez. » Une attaque qui permet au futur président de riposter par un boulet de canon : « Vous avez tendance à reprendre le refrain d'il y a sept ans : l'homme du passé. C'est quand même ennuyeux que, dans l'intervalle, vous soyez devenu, vous, l'homme du passif. » L'estocade.

En 1988, François Mitterrand, le champion de la formule assassine, est à nouveau sur le ring, face à Jacques Chirac cette fois. La conjonction est inédite puisque le Premier ministre affronte le président de la République. La situation est inconfortable pour le chef du gouvernement qui tente d'empêcher son interlocuteur de prendre sur lui un ascendant dicté par la hiérarchie : « Ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n'êtes pas le président de la République. Nous sommes deux candidats. » La réponse fuse : « Mais vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre. »

Après ce débat entré dans les annales de la République, la rencontre faussement courtoise de 1995 entre Lionel Jospin et Jacques Chirac, paraît d'une consternante platitude. En 2002, la présence inattendue de Jean-Marie Le Pen au second tour bouleverse les choses. Selon un sondage, les Français souhaitent que les deux vainqueurs participent à la traditionnelle rencontre. Mais le Président s'y refuse, estimant qu'il n'y pas de discussion possible avec un candidat qu'il considère comme « raciste et xénophobe ». Reste à connaître le nom des protagonistes du débat de la présidentielle de 2007. Or, on sait depuis 1993 et un certain Jacques Chirac, combien « les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu'elles concernent l'avenir » !


Repères

Ier s. av. J.-C. : avec César, Alea jacta est !
1789 : la Révolution voit éclore une génération d'orateurs
1906 : Jaurès et Clemenceau s'affrontent à l'Assemblée
1974 : pour VGE, Mitterrand n'a pas le "monopole du coeur"
1981 : pour Mitterrand, VGE est "l'homme du passif"


IVe av. J.-C.

Démosthène
Pour recouvrer son héritage, il étudie le droit et apprend à corriger ses défauts d'élocution. Cette expérience le conduit vers la politique, où il s'illustre par ses textes contre Philippe II de Macédoine.


1593

Henri IV
Le roi au "panache blanc" et à la poule au pot dominicale aura aussi d'autres formules, telles : "Le meilleur moyen de se défaire d'un ennemi, c'est de s'en faire un ami", ou encore "Paris vaut bien une messe", qui lui a été attribuée.


1789

Mirabeau
Immortalisée par Fragonard, la scène montre le comte le plus populaire de France, élu du tiers état, répliquant au marquis de Dreux-Brézé : "Nous sommes ici par la volonté nationale..." L'homme était servi par une voix puissante et un sens certain de la formule.


1913

Jean Jaurès
Pacifiste militant (ici lors d'un meeting sur la conscription), il écrit dans L'Armée nouvelle : "Donner la liberté au monde par la force est une étrange entreprise, pleine de chances mauvaises. En la donnant, on la retire."


1958

De Gaulle
Aux Algérois, le Général lance son fameux "Je vous ai compris", suivi en 1959 d'un discours sur "l'autodétermination" et en 1960 de son allocution télévisée sur "l'Algérie algérienne".


1988

Fin de la cohabitation
Pour la première fois, un débat télévisé d'entre deux tours oppose un chef de gouvernement, Jacques Chirac, à son président de la République, François Mitterrand.

Sources Historia

Posté par Adriana Evangelizt


Par Adriana EVANGELIZT
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Mardi 8 mai 2007

Alors si Ségolène avait gagné, elle aurait eu droit à cet article...

L’article d’Afriqu’Echos Magazine que vous ne lirez jamais :


Ségolène Royal élue présidente :

Inattendue victoire sur l’anxiogène Sarkozy

par Botowamungu Kalome

En perspective du deuxième tour de l’élection présidentielle française, Afriqu’Echos Magazine ( AEM ) , comme toutes les radios, télés et journaux, s’était préparé à la victoire aussi bien de Nicolas Sarkozy que de Ségolène Royal. Quasiment tous avaient préparé des sujets sur la victoire de l’un ou l’autre, mais vous n’aviez eu droit qu’aux sujets décortiquant la victoire de Nicolas Sarkozy. AEM se permet d’innover en vous proposant la lecture de l’article que son rédacteur en chef délégué, Botowamungu Kalome avait prévu si Ségolène Royal avait gagné.


Election inattendue de Ségolène Royal à la présidence de la République française avec ……% de voix contre Nicolas Sarkozy ( …..%) que tous les sondages donnaient pourtant invariablement vainqueur depuis plus de deux ans dès qu’il avait, en effet, affiché ses ambitions présidentielles. La victoire de la candidate socialiste a commencé à se profiler dès midi à travers une participation en hausse des électeurs au deuxième tour. Une hausse qui laissait supposer, de notre point de vue, une mobilisation des abstentionnistes du premier tour pour barrer la route à Nicolas Sarkozy. Un Nicolas Sarkozy apparut aux yeux des Français autoritaire, arrogant et menaçant pour les syndicats, les chômeurs, les bénéficiaires des aides sociales, les banlieues et les immigrés. Le qualificatif d’anxiogène lui allait, aux yeux de beaucoup, comme un gant.

La victoire de Ségolène Royal représente également la fin d’un énorme tabou qui n’a jamais dit son nom. Regardée comme la génitrice de la déclaration universelle des droits de l’homme, la France, par contre, n’a jamais été un modèle en matière d’égalité hommes/femmes. C’est en 1944 seulement que la France s’était résolue à accorder le droit de vote aux femmes. Malgré cette avancée, plus de cinquante ans après, la présence des femmes dans les sphères de décision, de commandement et dans la classe politique est des plus faibles de l’Europe. Un problème que Lionel Jospin, premier ministre, crut résoudre avec la loi sur la parité qui imposait aux partis politiques, sous peine d’amende, de présenter au suffrage des Français un nombre égal des femmes et des hommes. Peine perdue, car tous les partis ont préféré payer des amendes plutôt que d’équilibrer la présence des deux sexes.

Raillée, moquée, Ségolène s’entête, agace et gagne

Quand Ségolène Royal, compagne de François Hollande premier secrétaire du Parti socialiste, annonça son intention d’être candidate, les blagues ont fusé au sein du parti socialiste : « Mais qui va garder les enfants ? » se lâcha un cadre socialiste ou encore cette ancienne ministre de Jospin qui déclara que « l’élection présidentielle n’était pas un concours de beauté ». « La gauche bécassine » s’autorisa un journaliste de gauche pour souligner le caractère mièvre et niais de Ségolène Royal qu’on jugea également populiste avec « sa démocratie de proximité » et « son jury citoyen appelé à juger l’action des politiques ». Et comme pour aggraver son cas, la candidate à la candidature socialiste multiplia des gaffes dans ses déclarations sur la politique étrangère, prit ses distances avec le programme socialiste et joua sur le fait d’être femme en transformant toute critique contre elle en propos machiste.

Plébiscitée par de nouveaux adhérents du Parti socialiste arrivés en masse à travers une adhésion par internet moyennant seulement 20 euro, Ségolène Royal devint la première femme candidate à la présidence de la République avec une réelle chance d’être élue présidente de la République. Distancée au premier tour avec plus de 5 % de voix, Ségolène Royal multiplia des appels de pied vers des électeurs de François Bayrou se déclarant prête à nommer celui-ci premier ministre, avant d’exprimer quelques jours plus tard pour le socialiste Dominique Strauss-Khan.

Sans vouloir minimiser les mérites de la nouvelle présidente qui est devenue pugnace, agressive et combattante au fil de la campagne électorale, la candidate socialiste a sans doute profité de la peur qu’inspirait Nicolas Sarkozy et peut-être aussi, dans une certaine mesure, de l’appel à l’abstention à ses électeurs lancé par Jean-Marie Le Pen qui déclara sans ambages qu’il lui paraissait « indécent que Nicolas Sarkozy, fils d’immigré, veuille devenir président de la République française ».

En remportant cette élection, Ségolène Sarkozy semble condamner en même temps son adversaire Nicolas Sarkozy qui va sans doute perdre la direction de l’UMP au profit d’un Alain Juppé à l’affût et enfin débarrassé de ses ennuis judiciaires.

Sources
Afrique Echos

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Dimanche 6 mai 2007

Sarkozy a prévu une grande fête place de la Concorde avec ses amis Hallyday, Gilbert Montagné et le reste... il manque plus que Charles Aznavour pour chanter "J'me voyais déjà..."

Les Français d'Outre-mer aux urnes, J-1 pour les autres

Environ un million de Français résidant Outre-mer et sur le continent américain ont voté samedi, ouvrant la voie aux 44,5 millions d'inscrits appelés dimanche, jour de la Sainte Prudence, à départager les finalistes de la présidentielle, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

Les premiers à se rendre aux urnes ont été les 4.923 électeurs de Saint-Pierre et Miquelon, petit archipel français proche des côtes canadiennes. Il était 12H00 à Paris.

A 13H00, c'était au tour des Guyanais, puis des Antillais et des Polynésiens. Les Français de l'étranger installés en Amérique du nord et du sud -175.000 inscrits- votaient eux aussi dès samedi dans leurs consulats.

En Guyane, trois heures après le début du vote, le taux de participation était de six points supérieur à celui du 22 avril à la même heure, selon la préfecture (24,72% contre 18,68%).

Pour les autres, l'heure était au "recueillement" préélectoral, loin de toute propagande puisque la campagne électorale s'est achevée vendredi à minuit: plus de sondages ni de commentaires jusqu'à dimanche 20H00.

En ce jour de repos forcé, Nicolas Sarkozy a pris son petit déjeuner à Matignon avec le Premier ministre Dominique de Villepin puis s'est reposé chez lui. Quant à Ségolène Royal, elle a prolongé son séjour en Bretagne où elle a effectué son dernier déplacement de campagne, faisant une halte dans la station balnéaire de Roscoff (Finistère).

L'élection marquera une relève de génération et le successeur de Jacques Chirac (74 ans) sera un quinquagénaire, puisque la candidate socialiste a 53 ans et son adversaire UMP, 52.

C'était, à quelques heures du scrutin, la seule certitude à l'issue d'une très longue campagne électorale qui a passionné les Français -ils l'ont prouvé en étant 36,7 millions à se rendre aux urnes pour le premier tour le 22 avril- et a déjà fait bouger les lignes du paysage politique.

Avec 83,77%, cette participation du premier tour a été l'une des plus mobilisatrices de la Vème république, seules celles de 1965 et 1974 ayant fait mieux.

Ce qui n'exclut une nouvelle poussée dimanche puisque traditionnellement, la participation augmente au second tour (seules exceptions: 1965 et 1969).

Quelle qu'elle soit, l'issue du duel entre Ségolène Royal, première femme à même d'accéder à l'Elysée, et le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, tournera une page de l'Histoire française, après 12 ans de mandat de Jacques Chirac, élu en 1995 pour un septennat, réélu en 2002 pour un quinquennat.

Les deux candidats qui incarnent une nouvelle génération, en dépit de leur expérience politique de plusieurs décennies, ont d'ailleurs insisté, tout au long de la campagne, sur leur volonté de rompre avec les pratiques du passé.

Le président de l'UMP était arrivé en tête du premier tour avec 31,18%, la présidente de Poitou-Charentes en deuxième position avec 25,87%.

Venaient ensuite François Bayrou (UDF) à 18,57% et Jean-Marie Le Pen (FN) à 10,44%.

Un vivier de voix -6,8 millions pour le candidat centriste et 3,8 pour celui du FN- dont les transferts seront déterminants.

Hormis Olivier Besancenot (LCR), à 4%, aucun des autres candidats (ils étaient douze en tout) n'avait franchi le seuil des 2,5% des suffrages.

Cette présidentielle, qui sera suivie les 10 et 17 juin d'élections législatives, est la première depuis vingt ans à ne pas se dérouler sur fond de cohabitation. En 1988, 1995 et 2002, les locataires de l'Elysée et de Matignon étaient de bords opposés.

Une "grande fête populaire" est envisagée place de la Concorde à Paris dimanche soir en cas de victoire de Nicolas Sarkozy, en présence d'artistes tels que le chanteur de raï Faudel, Gilbert Montagné, Johnny Hallyday ou encore Enrico Macias.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Samedi 5 mai 2007

Alors puisque Sarkozy veut formater le Peuple de France, nous préférons le prévenir qu'il aura beaucoup de mal à couler dans son moule les Girondins. Les Girondins ont fait parler d'eux dans l'Histoire et pas qu'une fois... tous les ans on a eu droit aux razzias des Vikings, on a même été Anglais grâce à Aliénor d'Aquitaine. Or les Anglais aimaient le vin et respectaient nos vignes... ce qui n'était pas le cas de la soldatesque française qui massacrait nos vignobles...

Ce qu'il faut bien comprendre c'est que l'on aime qu'on nous foute la paix.

Extraits de l'Histoire de l'Aquitaine de Michel Suffran.

"En 1345, alors que le sort de l'Aquitaine oscille entre la France et l'Angleterre, les troupes françaises, approchant de Bordeaux, en coupant à travers les champs, ravagent la vigne en pleine floraison. Indignée, la Jurade fait appel à Edouard III afin de barrer la route aux vandales.Pour un siècle encore, la domination anglaise se confirme.

En 1451, même scénario, effet inverse (mais tous les coups sont permis) ; les Français entrent en Bordelais alors que la vigne est en fleur. L'anglophilie séculaire de l'Aquitaine ne résiste pas à la menace et l'on traite aussitôt avec l'envahisseur ébahi. La guerre de Cent ans finit comme elle avait commencé, ou peut s'en faut.

En 1650, au beau milieu de la méchante bagarre de la Fronde, Bordeaux assiégée par Mazarin, et qui résistait victorieusement depuis quinze jours, d'un seul coup baisse les bras et jette les armes. Pourquoi ? Parce que l'odeur des raisins mûrs parvenait le soir, jusqu'aux murailles, depuis les coteaux de Lormont et lui disait qu'une guerre gagnée ne valait pas une vendange perdue.

Ce ne sont là que trois exemples, mais il en existe beaucoup d'autres, en cherchant un peu, de cette alliance fondamentale, viscérale, entre un peuple et sa terre. Cela relève davantage de la biologie que du sens patriotique. Cela naît dans le  ventre et s'enferme assez mal dans les mots. En Aquitaine comme ailleurs, le peuple guerrier est d'abord un peuple paysan. Chaque guerre, c'est peu ou prou, une jacquerie embrigadée.  C'est pourquoi il y a toujours un moment où la stratégie des batailles et les discours sur les "intérêts supérieurs" deviennent de l'hébreu pour ce peuple : c'est lorsqu'il entend au plus vrai de lui-même ce sourd appel d'argile à argile. D'instinct, il sait, il sent lorsque la terre a besoin de lui, comme une femme d'un homme. Il connaît le moment exact où elle demande à être fécondée par la semence ou accouchée de ses fruits. Quand il éprouve cela, alors, tranquillement, il repique l'épée dans le fourreau et se met en marche vers son champ. Il "déserte", soit, mais il déserte sans vergogne. Il déserte pour conjurer le désert. Il va où il doit aller : au seul durable, au seul éternel.

.........

Les petites gens n'ont pas d'histoire parce que les peuples n'ont jamais eu d'Histoire,ni les peuples heureux, ni les peuples malheureux. Les peuples n'ont jamais eu que l'Histoire des autres, celle des Grands, des Forts, celle des Seigneurs, des Statues ou des Dieux. Bref, les faits et gestes de tous ceux qui ne savent rien faire sinon de grandes déchirures dans l'étoffe ; ils appelent cela la Gloire -cette passion des majuscules !- mais c'est un trop beau nom pour des trous.

Les anonymes, eux, reprisent la gloire comme ils peuvent. On a beau dire, un pays n'est pas un drapeau. Il faut l'économiser si l'on veut qu'il dure. Ce haillon lacéré en comtés, suzerainetés, baronnies et autres pièces et morceaux, ça peut toujours servir pour peu qu'on le recouse proprement. Ca peut encore tenir chaud. Ca peut encore permettre de passer l'hiver.

Alors ils se mettent à l'ouvrage. Avec l'aiguille et le fil, avec la charrue et l'enclume.Ils ont le temps pour eux, le temps sans majuscules, celui qui fait se rouiller les glaives, s'effacer les inscriptions commémoratives."

 

 

Le score obtenu par Mme Royal fait douter la droite bordelaise

 

par Claudia Courtois


Au regard des résultats du premier tour de l'élection présidentielle, la ville de Bordeaux, à droite depuis soixante ans, pourrait-elle basculer à gauche ? Dans le fief d'Alain Juppé (UMP), la candidate socialiste, Ségolène Royal, a devancé Nicolas Sarkozy de 585 voix (31,37 % contre 30,84 %). Symboliquement, c'est un coup dur pour M. Juppé, dont le nom est évoqué pour la présidence de l'Assemblée nationale en cas d'élection de M. Sarkozy.

 

Mais ce n'est pas unique dans l'histoire bordelaise : déjà en 1981, 1995 et même en 2002 si on additionne les voix de Jean-Pierre Chevènement et de Christiane Taubira à celles de Lionel Jospin, la gauche socialiste était arrivée en tête. "Ségolène Royal perd six points par rapport à 2002 si l'on tient compte de la gauche et de l'extrême gauche, alors que la droite progresse légèrement", fait ainsi valoir M. Juppé. Il n'empêche : les plus farouches sarkozystes locaux ont profité de ce résultat pour critiquer son manque d'implication dans la campagne. "Il a fait son boulot loyalement, mais on le voyait mal faire des excès de zèle pour un candidat qui sera peut-être un concurrent à la présidentielle de 2012, qui n'a jamais fait preuve de fidélité à Chirac, et si différent en termes de personnalité", souffle un proche du maire de Bordeaux.

Certains signes laissent entrevoir une évolution de l'électorat bordelais : dans plusieurs cantons de droite, notamment ceux qui ont accueilli de nouveaux habitants, Mme Royal dépasse largement son score national, M. Bayrou aussi. La plupart de ces quartiers ont fait l'objet de réhabilitations, attirant un électorat de classes moyenne et supérieure, plutôt jeune, moins acquis à la droite.

"C'est la fin des votes réflexes et des bastions électoraux, constate pour sa part Johan Taris, le jeune délégué départemental de l'UDF Gironde. Il n'y a pas de raison que Bordeaux échappe à cette tendance, sauf qu'un large consensus existe sur la grande qualité d'Alain Juppé. Je reste persuadé que la ville a encore besoin de lui." L'inverse aussi peut-être est vrai.

SourcesLe Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Samedi 5 mai 2007

A La Réunion, M. Vergès soutient Mme Royal

par Hervé Schulz



Le Parti communiste réunionnais (PCR) tente de minimiser l'échec de sa consigne de vote au premier tour. Son fondateur, Paul Vergès, président du conseil régional, avait appelé à soutenir Marie-George Buffet, qui a récolté localement 2,97 % des suffrages. Au second tour, le PCR soutient Ségolène Royal. Mais il assortit ce choix d'une "mise en garde" adressée à la fédération socialiste locale, dénonçant "l'agression permanente" dont feraient preuve certains de ses responsables au conseil régional et la volonté des socialistes de remettre en question les contrats signés en début d'année entre la région et l'Etat, concernant notamment le futur tram-train et la route du littoral.

L'Alliance, groupe majoritaire au conseil régional, dont le PCR est la principale composante, a fait de sa "plate-forme de propositions" pour le développement de l'île le coeur du débat pour cette élection. Nicolas Sarkozy et Mme Royal ont signé ce document. Lors d'une rencontre avec les responsables du PCR, le 24 avril, le premier secrétaire fédéral du PS, Gilbert Annette, s'est efforcé de rassurer ses partenaires.

Du côté de la droite, Jean-Louis Borloo, en visite à La Réunion le 30 avril, face aux importantes rivalités locales, a appelé à "l'union sacrée" derrière M. Sarkozy qui n'a réuni que 25,08 % des suffrages, contre 46,23 % pour Mme Royal. Le délégué départemental de l'UDF, Thierry Robert, avait déjà fait savoir qu'il ne voterait pas pour le candidat UMP.

SourcesLe Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 2 mai 2007

D'Enrico Macias à Renaud, les célébrités

qui soutiennent Sarkozy ou Royal

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Ségolène Royal entourée d'Emmanuelle Béart (g) et de Jeanne Moreau

 lors d'un meeting à Paris le 12 mars 2007


Stars du show-business pour Nicolas Sarkozy, pléiade d'acteurs et d'écrivains pour Ségolène Royal: les "peoples" redoublent d'efforts pour le second tour de la campagne présidentielle, même si l'influence de ces ralliements sur le vote est loin d'être démontrée.

Pour son dernier meeting parisien, dimanche au Palais omnisport de Bercy, Nicolas Sarkozy a battu le rappel, depuis le doyen Henri Salvador jusqu'à l'ancien petit prince du raï Faudel qui sont intervenus tous deux à l'ouverture de la réunion.

Le candidat UMP a reçu également le soutien de Johnny Hallyday, Doc Gynéco, Gilbert Montagné (qui a avoué voter pour la première fois), Carlos, Rika Zaraï, Miss Dominique ("A la recherche de la nouvelle star") et Enrico Macias, soutien de la première heure.

Acteurs, comédiens et humoristes sont également venus en nombre, dont Paul-Loup Sulitzer, Christian Clavier, Charlotte Rampling, Véronique Genest, Arthur, les frères Bogdanoff et Jean-Marie Bigard qui a éreinté au micro François Bayrou, sous les applaudissements.

Prenant aussi la parole avant Nicolas Sarkozy, Dominique Farrugia, producteur et ex-"Nuls" de Canal+, s'est "adressé à (ses) camarades de la Rive gauche" : "le diable n'est pas ici !".

Côté sportifs, Alain Prost, David Douillet, Basile Boli, Philippe Candelero, l'entraîneur de l'équipe de France de rugby Bernard Laporte, ainsi que l'ancienne championne de ski Marielle Goitschel votent aussi Sarkozy.

Engagé bien avant le premier tour, Jean Reno a même prêté sa voix au site du candidat de l'UMP, avec la lecture de "Mon projet", version destinée aux internautes malvoyants. Nicolas Sarkozy se paye aussi le luxe d'avoir rallié l'acteur Roger Hanin, ancien beau-frère de François Mitterrand, et d'intellectuels comme le philosophe André Glucksmann, ex-militant maoïste, et l'essayiste Alain Finkielkraut.

Pour sa part, Ségolène Royal peut compter sur le soutien indéfectible de Jeanne Moreau, Emmanuelle Béart et Edmonde Charles-Roux, mais aussi de stars incontestées des jeunes issus de l'immigration comme le comédien Jamel Debbouze qui l'a surnommée avec bienveillance "Mary Poppins".

Michel Piccoli, Carole Bouquet et la fille de l'ancien président socialiste Mazarine Pingeot, soutiennent publiquement Mme Royal, tout comme les chanteurs Renaud, Yannick Noah, Georges Moustaki et le rappeur Akhenaton, Josiane Balasko, Pierre Arditi, Lambert Wilson, Bénabar, Cali, mais aussi Geneviève de Fontenay, les cinéastes Patrice Chéreau et François Ozon, Juliette Gréco, Charles Berling, Ariane Mnouchkine, les écrivains Philippe Besson et Phillipe Sollers, le philosophe Bernard-Henri Lévy, Elsa Zylberstein, la chanteuse Diam's, le comédien Pascal Greggory ou encore l'animateur-producteur Laurent Ruquier.

Pour la première fois, Guy Bedos, engagé à gauche depuis toujours, n'a pas souhaité rejoindre le comité de Ségolène Royal car "ça le barbe". L'humoriste fait toutefois de Nicolas Sarkozy la principale cible de son dernier spectacle, en tournée pour ses 40 ans de carrière.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Lundi 23 avril 2007

Au PS, tout le monde croise les doigts

par Antoine Menusier 

 

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Les militants socialistes sont soulagés, et se préparent pour le scrutin du 6 mai. Au siège du PS, rue de Solférino, à l'annonce du score de la candidate socialiste, c'est une libération

«Je suis contente. Emue, je le serai dans quinze jours si Ségolène est élue.» Leila est dans la foule pleine de jeunesse qui s'est massée dès la fin d'après-midi devant le siège du PS, rue de Solférino. A 19h59 et 45 secondes, à l'annonce du score de la candidate socialiste, c'est une libération.

Deuxième, avec un peu plus de 25% des voix, derrière Nicolas Sarkozy, qui en fait presque 30. Une jeune femme l'affirme pourtant: «L'affront de 2002, avec l'éviction de Lionel Jospin au premier tour, n'est pas lavé, car la mémoire, en politique, est longue.»

Les Verts et les communistes se rallient
Pour que 2002 s'efface, il faudra gagner le 6 mai. «On a besoin des voix de Bayrou», affirme Christophe. Ségolène au second tour, «c'est peut-être le retour de la gauche au pouvoir, espère Géraldine, étudiante. Les socialistes aiment bien les jeunes. Ils font plus pour le social.»

Apparaît, sur un écran géant et sous les vivats, la tête de François Hollande, le premier secrétaire du PS et compagnon de la candidate. Lui aussi semble s'en remettre aux 18% de suffrages obtenus par François Bayrou. Hollande plonge dans le passé. Retour à 1981, bien sûr. Il parle de François Mitterrand qui, à l'époque, «a ouvert le chemin de la victoire». De Bayrou, il dit qu'il est «le troisième homme», comme Jacques Chirac en ce temps-là, dont on sait que, bien de droite, il avait contribué à la défaite de Valéry Giscard d'Estaing, donc à l'élection de son adversaire socialiste.

Après François Hollande, Nicolas Sarkozy parle, sous les huées. On l'entend par bribes, et l'on comprend que, comme convenu, il recentre déjà son discours pour se faire rassembleur. Il ne dit plus «je veux», mais «j'ai voulu». Il dit qu'il «respecte Mme Royal». A ces paroles, Solférino le conspue.

Vient le moment des ralliements. Dominique Voynet des Verts, Marie-Georges Buffet du Parti communiste, Lutte ouvrière, Arlette Laguiller de Lutte ouvrière et l'altermondialiste José Bové qui ont réalisé de piteux résultats, appellent sans surprise à voter Ségolène Royal. En route vers une nouvelle gauche plurielle? Vers une sixième République? Vers la victoire? Personne ne le crie encore, mais tous, au PS, et les éléphants avec, croisent les doigts.

Sources Le Matin

Posté par Adriana Evangelizt



Par Adriana EVANGELIZT
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Lundi 23 avril 2007

Pour Ségolène Royal, la stratégie du "Tout sauf Sarkozy" ne suffira pas

Michel Noblecourt du Monde répond aux questions des chatteurs

ichelgreMathématiquement la victoire de Nicolas Sarkozy semble assurée. A-t-on dans le passé déjà constaté une inversion de tendance par rapport au premier tour ? Est-ce possible en 2007 ? 

Michel Noblecourt : Je pense qu'il ne faut pas raisonner d'une manière mathématique seulement. Si vous regardez l'élection de 1981, la référence en quelque sorte, vous observez que Royal fait un score quasiment identique à celui de Mitterrand qui avait fait 25,9 % au premier tour. Et il était déjà en 1981 derrière Giscard d'Estaing, président sortant, qui avait réalisé 28,3 %. Nous sommes en présence d'un écart plus important, puisque Sarkozy a dépassé les 30 %.

Autre différence : l'absence de réserves consistantes du côté des petits candidats de gauche, puisqu'en 1981, là aussi, il y avait un candidat communiste, Georges Marchais, qui avait obtenu 15,3 %, alors qu'aujourd'hui Marie-George Buffet fait moins de 2 %. Il y a donc peu de réserves à gauche, et dans une large mesure, le résultat du second tour dépendra du comportement de l'électorat de Bayrou. Et pour une part aussi de l'électorat du FN.

aboukamos Qu'avez-vous pensé du discours de Ségolène Royal hier? 

Michel Noblecourt : Je pense que son discours manquait de punch et de la conviction dont à mon avis il faut qu'elle fasse preuve pour le 2e tour. Je pense aussi qu'elle aurait dû intervenir plus tôt. C'est peut-être une ébauche des discours à venir. 

pédro Est-ce que Ségolène Royal peut rassembler toute la gauche ? 

Michel Noblecourt : Elle semble bien partie pour cela. Vous observerez que dès le soir du scrutin, tous les candidats de la gauche et de l'extrême gauche ont soit appelé à voter pour elle, c'est notamment le cas d'Arlette Laguiller, soit appelé, comme Besancenot et Bové, à battre la droite. Je pense donc que le réflexe anti-Sarkozy, très fort dans l'extrême gauche, va jouer en faveur de Royal au deuxième tour.

RobertK Le départ d'Eric Besson et son ralliement au camp de Nicolas Sarkozy n'est-il pas la preuve que Mme Royal a des difficultés à rassembler dans son propre camp ? Est-ce que certains "éléphants" n'ont pas intérêt à ce qu'elle trébuche afin d'être libre de préparer la prochaine élection présidentielle de 2012 ? 

Michel Noblecourt : En ce qui concerne Eric Besson, je pense que c'est quelqu'un qui a obtenu sa notoriété en trahissant son camp. Il était secrétaire national à l'économie. Ce qui sera intéressant, ce sera de voir l'utilisation qu'il pourra faire au service de Sarkozy du petit livre qu'il avait édité en janvier, qui dénonçait le danger représenté par Sarkozy. 

C'est vrai que les éléphants ont apporté un soutien à géométrie variable à Royal pendant la campagne du 1er tour et que certains ont visiblement fait le pari qu'elle allait trébucher. Ils font ce pari depuis l'apparition de Royal dans le paysage. Mais manque de chance, cela ne se produit pas. Je pense que cela sera plus difficile pour eux, compte tenu de son score, ils sont obligés de se mobiliser dans la campagne du 2e tour. 

Sachant que derrière, il y a les législatives, et que le scénario le plus favorable pour le PS et pour les députés socialistes qui veulent être reconduits et pour les candidats qui veulent être élus, c'est quand même celui d'une victoire de Royal. Je pense donc que les calculs et les arrière-pensées pour 2012 vont être temporairement mis de côté. 

Tocqueville Sur quels thèmes le rapprochement entre PS et UDF peut-il se faire ? 

Michel Noblecourt : Je ne pense pas qu'il puisse y avoir un rapprochement en termes d'appareil entre PS et UDF. Je pense que ni l'un ni l'autre ne le souhaite. En revanche, il y a un certain nombre de thèmes sur lesquels il y a d'évidentes convergences entre socialistes et centristes. Je pense à la réforme des institutions. Royal propose une République nouvelle, la VIe République, avec un renforcement des pouvoirs du Parlement, l'instauration d'une démocratie plus participative et l'introduction d'une dose de proportionnelle pour l'élection des députés. C'est un point auquel l'électorat centriste est particulièrement sensible. 

Je pense aussi qu'il peut y avoir des convergences sur la question de l'Europe. Aussi bien Royal que Bayrou étaient favorables à un nouveau traité après l'échec du référendum de 2005, et ils étaient l'un et l'autre partisans d'un nouveau référendum pour faire ratifier ce traité, probablement en 2008. Autre thème traditionnel : celui de l'Etat impartial, déjà évoqué par Raymond Barre en 1988, repris par Bayrou, et dans son intervention de dimanche, Royal a explicitement repris cette volonté de bâtir un Etat impartial. 

Enfin, il y a aussi la préoccupation pour ne pas dire l'urgence écologique commune aux deux candidats, Royal et Bayrou, qui ont tous les deux signé le pacte de Nicolas Hulot et ont mis l'exigence environnementale au coeur de leur campagne. 

Camille Est-ce que c'est sur ces thèmes que Ségolène Royal va insiter pour capter l'électorat centriste ? Comment pourra-t-elle alors réussir un grand écart : rassembler de l'extrême gauche au centre ?  

Michel Noblecourt : C'est un cas de figure classique pour une élection présidentielle. Tout candidat socialiste disputant le deuxième tour - ce qui a été le cas de toutes les élections présidentielles depuis 1965 à l'exception de celle de 1969 et bien entendu de celle de 2002 - est confronté à la même équation : il doit à la fois rassembler l'ensemble de la gauche. Pendant longtemps, c'était principalement l'électorat communiste, maintenant c'est un électorat beaucoup plus dispersé et plus faible. Et en même temps conquérir une partie de l'électorat centriste. 

En 1981, on n'était pas dans le même cas de figure puisque le candidat centriste, Giscard d'Estaing était le président sortant, mais Mitterrand a dû aussi, pour l'emporter, s'adresser à l'électorat du troisième homme de cette campagne, qui était Chirac, qui avait fait 18 %. Donc on sait aujourd'hui que Chirac avait effectivement favorisé l'élection de Mitterrand en 1981. 

En 1988, le 3e homme était Raymond Barre, lui aussi candidat centriste, qui avait recueilli 16,5 % des suffrages. Là aussi, notamment à travers le thème de l'Etat impartial, Mitterrand avait cherché à séduire cet électorat. Donc c'est la même équation pour Royal : il faut qu'à la fois elle capte l'ensemble de la gauche autour d'une réaction "tout sauf Sarkozy" et qu'elle puisse favoriser l'adhésion positive autour de son propre projet, en insistant sur les thèmes qui peuvent séduire l'électorat centriste. 

brubru Sur les 18 % de "Bayrouistes", quel pourcentage Ségolène Royal peut-elle espérer récupérer ? 

Michel Noblecourt : C'est un peu compliqué d'établir une règle arithmétique sur la part de l'électorat de Bayrou qu'elle peut récupérer. On peut voir d'après les premières enquêtes qu'environ la moitié de l'électorat de Bayrou semble prêt à voter pour Royal. Il faut bien voir qu'il y a chez les électeurs de Bayrou trois composantes : une composante purement centriste qui déjà avait voté pour lui en 2002 et lui avait assuré ses 6 % de l'époque ; la deuxième composante qui a voté pour lui parce que justement il tenait un langage en opposition avec le discours de Sarkozy, notamment les emprunts que le candidat de l'UMP a faits dans sa campagne au discours de l'extrême droite ; donc c'est un électorat qui reste anti-sarkozyste ; et la troisième composante est une composante de gauche. On a donc des sympathisants du PS qui ont voté pour Bayrou le 22 avril, soit par déception vis-à-vis de Royal, soit parce qu'ils avaient acquis la conviction que Bayrou était le seul capable de battre Sarkozy le 6 mai. 

Après, la part que Royal réussira à capter dans cet électorat, dépend dans une large mesure de la campagne du 2e tour, des thèmes qu'elle mettra en avant, et des personnalités du PS qu'elle mettra au premier plan, certains étant plus aptes que d'autres à séduire l'électorat de Bayrou.

mat Comment Ségolène Royal peut elle convaincre les électeurs de l'UDF ? Quels sont les thèmes sur lesquels Ségolène Royal doit insister pour rassembler plus large? 

Michel Noblecourt : Je pense qu'elle va insister sur deux points : d'une part, l'urgence sociale, toutes les questions liées à la précarité, au chômage, au pouvoir d'achat, aux inégalités, les questions liées à la fracture sociale, ce qui répond en grande partie aux préoccupations de l'électorat socialiste, et de gauche en général. Et le deuxième point qu'elle mettra en avant est une pratique de la politique, je dirai même une autre éthique. Ce qui lui permet d'englober à la fois la réforme des institutions, la démocratie participative, la réhabilitation du dialogue social, ou encore la décentralisation. 

Borguy Pourquoi Mme Royale semble-t-elle obstinée à se passer des sociaux démocrates représentés par Rocard, Kouchner et surtout Dominique Strauss Kahn? Dans une optique d'ouverture vers le centre, ne se tire t-elle pas une balle dans le pied ? 

Michel Noblecourt : Je pense qu'il faut distinguer entre ces différentes personnalités. Rocard joue un rôle très marginal au sein du PS. Il n'y a plus de courant rocardien en bonne et due forme. Lui-même n'est plus dans les instances dirigeantes du PS. Il en est de même pour Kouchner, même si celui-ci a été intégré dans l'équipe de campagne, l'équipe des 13 éléphants, de Royal. 

Quant à Strauss-Kahn, elle l'a utilisé, il est intervenu à de nombreuses reprises dans la campagne de Royal, il a fait beaucoup de meetings, d'émissions de télévision. Mais il ne faut pas oublier qu'il était le rival de Royal dans la primaire interne au PS. Donc sa défaite a laissé des cicatrices qui ne sont pas tout à fait refermées. C'est vrai que la relation entre eux est assez complexe. En même temps, Royal sait qu'elle aura besoin de mettre en avant Strauss-Kahn dans la campagne pour le deuxième tour, quitte à aller jusqu'à laisser entendre qu'il pourrait être son premier ministre. Mais il y a aussi d'autres personnalités qui peuvent être mises en avant et qui ne l'ont pas encore été : Jacques Delors, qui a une vraie aura dans l'électorat centriste. 

Je pense aussi, en dehors du PS, à un homme comme Cohn-Bendit, qui porte la sensibilité écologiste et qui a toujours joué un peu les passerelles entre la gauche et le centre. 

spiritik71 Pensez-vous que Bayrou puisse se prononcer en faveur d'un candidat ? Quelle sera sa stratégie ? 

Michel Noblecourt : Je ne crois pas que Bayrou se prononcera en faveur d'un candidat. Je pense que son souci principal est de s'appuyer sur le bon score qu'il a réalisé, 18,5 %, pour construire un nouveau parti et pour préparer les élections législatives, en espérant alors que son nouveau parti pourra tenir une place importante dans l'opposition quel que soit l'élu, Sarkozy ou Royal. 

Je pense donc qu'il ne donnera pas de consigne de vote et qu'il rappellera principalement un certain nombre d'exigences, de priorités qui ont été celles de sa campagne. 

julie : Comment Ségolène peut-elle limiter le nombre de votes blancs venant de "Bayrouistes" ? 

 

Michel Noblecourt : Elle peut limiter le nombre de votes blancs en essayant de susciter non pas un vote de protestation, mais un vote d'adhésion. Il ne faut pas qu'elle en reste à la contestation de Sarkozy, il faut qu'elle montre qu'elle a de vraies propositions. Elle a un programme qui peut permettre, notamment pour les jeunes, d'améliorer la donne en matière d'emploi, d'ouvrir des perspectives d'avenir, et effectivement de dissuader ceux qui, déçus par le résultat du 22 avril, seraient tentés soit par l'abstention, soit par le vote blanc. Il faut qu'elle suscite un vote de conviction. Ca se joue autant sur son projet que sur sa méthode, et aussi sur sa personnalité. 

Le projet, c'est son pacte présidentiel présenté le 11 février. Il faut qu'elle l'ajuste par rapport au 2e tour pour tenir compte des préoccupations de l'électorat de Bayrou. Sa méthode, c'est celle qui lui a plutôt pas mal réussi jusqu'à présent, puisque c'est à partir de cette méthode "participative", pour simplifier, qu'elle a réussi à la fois à gagner la primaire socialiste et ensuite à sauter les obstacles de la campagne, qui ont été nombreux, pour laver l'affront du 21 avril 2002 et se qualifier au second tour.

Donc c'est une méthode "labelisée Royal" qui la conduit à remettre en cause un certain nombre de dogmes, de tabous socialistes. Par exemple les 35 heures, la carte scolaire, la sécurité, avec ce qu'elle appelle l'ordre juste, et l'identité nationale. Sa méthode est donc à la fois la participation et la liberté de la candidate, qui s'est beaucoup affranchie de l'appareil socialiste. 

Quant à sa personnalité, il faut qu'elle réussisse à montrer - et ce sera le cas lors du débat qui l'opposera à Sarkozy - qu'elle a la capacité, le sang-froid, et bien entendu les compétences pour exercer la fonction de président de la République. Il faut qu'elle travaille sa stature présidentielle.

Savonarole Que pensez-vous de la stratégie du "Tout-sauf-Sarkozy" ?  

Michel Noblecourt : Je pense que la stratégie du "tout sauf Sarkozy" est une stratégie qui sera nécessairement insuffisante pour Royal si elle veut l'emporter. Cette stratégie va cimenter l'extrême gauche, puisqu'elle va se positionner essentiellement sur cette idée de rejeter Sarkozy. Mais je pense que si Royal choisit uniquement la stratégie du" tout sauf Sarkozy", elle ne réussira pas à conquérir, justement, cette part de l'électorat centriste qui lui est indispensable pour l'emporter le 6 mai. 

stephaussel Peut-on envisager un votre prostestataire des électeurs du FN en faveur de Ségolène Royal ? 

Michel Noblecourt : Là aussi, dans chaque élection où le FN s'est trouvé à un niveau élevé, ce qui n'était pas le cas en 1981, il ne faut pas l'oublier (Le Pen n'avait pas réuni les 500 parrainages), sans parler de 2002 qui était exceptionnel, l'électorat de Le Pen ne s'est jamais reporté à 100 % sur le candidat de la droite. 

Il y a une partie de l'électorat de Le Pen qui est très anti-système et peut préférer soit l'abstention, soit le vote Royal le 6 mai, plutôt que de voter pour Sarkozy. J'ajouterai que dans la mesure où le candidat de l'UMP a siphonné dans une large mesure l'électorat lepéniste, ce qui explique la faiblesse du score de Le Pen, ceux qui ont voté Le Pen sont les irréductibles qui ne se sont pas laissé capter par Sarkozy. Je pense donc que le report automatique de l'électorat de Le Pen sur Sarkozy ne sera pas aisé. 

Rouda Quelle sera le rôle de François Hollande dans les deux prochaines semaines ?  

Michel Noblecourt : Je pense que dans l'immédiat le rôle de Hollande est très important, puisqu'il n'est pas simplement le compagnon de Ségolène Royal, il est le premier secrétaire du PS. Donc c'est lui qui, dans une large mesure, va orienter la stratégie de campagne du 2e tour. Je pense qu'il va être très présent. 

En ce qui concerne les perspectives pour après le 6 mai dans le cas d'une élection de Royal, je ne pense pas qu'il fasse partie du gouvernement. Je pense qu'il restera premier secrétaire du PS. Il aura d'abord comme mission de gagner les élections législatives du 17 juin. Ce sera sa priorité. Ensuite, dans le cadre d'un quinquennat, il est possible que dans une seconde phase il abandonne ses responsabilités au PS et rejoigne le gouvernement de Ségolène Royal. 

Nico Quel conseil donneriez-vous à Ségolène Royal pour qu'elle l'emporte ? Comment voyez-vous évoluer le PS en cas de défaite de Royal ?  

Michel NoblecourtJe conseillerais à Royal de travailler sa posture présidentielle. Elle a su le faire dans un certain nombre de débats télévisés. On l'a vue aussi apparaître dans quelques meetings. Mais elle n'a pas encore réussi jusqu'ici à montrer en permanence sa capacité présidentielle. C'est le point qu'elle doit travailler absolument si elle veut l'emporter. 

L'écart avec Sarkozy est important, mais en même temps, compte tenu des interrogations que l'on peut avoir aujourd'hui sur le vote de l'électorat de Bayrou ou celui de Le Pen, je pense que c'est ouvert et qu'il est possible qu'elle l'emporte. Jusqu'à présent, Royal a relevé à peu près tous les défis, alors qu'à chaque fois on s'est attendu à ce qu'elle trébuche. 

Si Royal avait été battue le 22 avril, donc n'avait pas été qualifiée pour le 2e tour, je pense que le PS aurait explosé, qu'il serait aujourd'hui dans une situation de crise très grave pour son avenir. Dans la mesure où elle s'est qualifiée dans de bonnes conditions, où elle a lavé l'affront du 21 avril 2002, je pense que le risque de crise est écarté. L'élection du 6 mai sera serrée. Si elle perd, je pense que l'écart sera faible et que par ailleurs, il y a des élections législatives derrière. Donc le PS devra essayer de les gagner. 

Cela obligera le PS à clarifier sa doctrine, peut-être et même sans doute à affirmer sa conversion social-démocrate. Mais je pense que les risques de crise sont devenus beaucoup plus limités depuis la qualification de Ségolène Royal. 

jc_1 En cas de victoire de Ségolène Royal , comment la gauche pourrait-elle obtenir une majorité à l'Assemblée nationale compte tenu de son faible score cumulé au premier tour? 

Michel Noblecourt : C'est vrai que c'est une incertitude supplémentaire, parce que le PS, qui est très haut dans un paysage où la gauche, elle, est très faible, n'a plus de partenaire lui permettant de bâtir une majorité. Le PC est quasiment mort, avec moins de 2 % pour Buffet ;
les Verts ne sont pas loin de connaître la même issue avec le très mauvais score de Voynet. Ce que l'on appelait la gauche plurielle a donc volé en éclats. 

Les seuls partenaires du PS aujourd'hui sont le Parti radical de gauche et Jean-Pierre Chevènement, ce qui n'est pas suffisant pour bâtir une majorité. Mais ce qu'il faut bien voir, c'est que si Royal est élue, là aussi, cela peut créer une dynamique pour les législatives. On peut penser que les électeurs auront le souci de donner une majorité à la nouvelle présidente. Il ne faut pas oublier qu'en 1981 le PS avait emporté les élections législatives qui avaient suivi la dissolution décidée par Mitterrand et qu'il avait eu la majorité à lui tout seul. Ce sera peut-être moins facile aujourd'hui d'arriver à ce résultat, mais on ne peut pas l'exclure. 

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt


Par Adriana EVANGELIZT
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Lundi 23 avril 2007

La gauche hisse le drapeau blanc


PAR GERARD DELALOYE

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Ségolène Royal poursuit une marche sans faute vers le pouvoir suprême. Son résultat est exceptionnel. Quantitativement bien sûr, car elle conserve une grande chance de battre l'agité instable du camp adverse. Mais surtout qualitativement.

Incroyable! La candidate de la gauche française, de cette gauche depuis toujours couverte de rouge, de cette gauche dont le rouge a essaimé dans le monde entier, de cette gauche qui descend de la Révolution de 1789, de celles de 1830 et de 1848, de la Commune de 1871, de la Résistance à l'occupation allemande, la candidate de cette gauche-là se présente devant les caméras de télévision, au soir d'un scrutin qui a vu un Français sur quatre lui apporter son soutien, tout de blanc vêtue. Sur fond blanc. Comme une vierge. Comme une madone. Avec un sourire rayonnant, troublant, illuminé même, de vierge et de madone. Accueillie par les vivats louangeurs de ses partisans, elle prend longuement le temps de s'en pénétrer comme d'un dû juste et attendu. Puis elle parle.

Cette scène, vous l'avez peut-être vue comme moi. Et comme moi, vous vous serez peut-être dit: «Il faut oser!». Elle ose. Cette dame s'appelle Ségolène Royal. Elle connaît la valeur des symboles. Or que symbolise le blanc outre ses attributs traditionnels tels que la pureté, la virginité ou la paix? Voici ce qu'en dit Wikipedia:


    «Le blanc a été de 1638 à 1790 la couleur du drapeau royal et de certains pavillons de la marine. De 1814 à 1830, il a été aussi la couleur des drapeaux de l'armée royale. Le blanc symbolise la France et aussi tout ce qui est de l'ordre du divin, de Dieu, d'où le choix de cette couleur comme symbole du royaume.»



Revenons sur terre. Depuis une quinzaine de mois, Ségolène Royal poursuit une marche sans faute (ou presque) vers le pouvoir suprême. Son résultat de dimanche, compte tenu des résistances farouches qu'elle a rencontrées au sein même de son parti, est tout à fait exceptionnel. Quantitativement bien sûr, car elle conserve une grande chance de battre l'agité instable qui représente le camp adverse. Mais surtout qualitativement.

En effet – et le blanc en témoigne – Ségolène Royal, leader de la «gauche» française a enterré les
luttes de classes en France. Qu'elle gagne ou qu'elle perde le 6 mai prochain ne changera rien à l'affaire: la lutte politique conceptualisée au XIXe siècle, mise en pratique au XXe et survivant encore vaille que vaille en cette aube du XXIe siècle (notamment en France par le trotskisme résiduel), est vouée à disparaître dans les poubelles de l'histoire si chères à Karl Marx.

Ouf, il était temps.

Non pas que la vie soit très rose pour le peuple, que l'aliénation ait disparu, que l'ouvrier, l'employé, le technicien soient moins exploités. Mais à chaque cycle historique, ses remèdes. Cela fait belle lurette désormais que, dans les leçons d'histoire, la société industrielle parle autant à nos jeunes que l'assolement triennal.

La mondialisation, la rapacité et la mobilité du capital financier, la rapidité des mutations socio-professionnelles, l'extraordinaire foisonnement des innovations technologiques, la fragilité vertigineuse des emplois, exigent d'autres réponses, d'autres types d'organisation. Dans la France d'aujourd'hui, face au conservatisme affiché de la droite, les beaux esprits font appel à une résurgence social-démocrate. Ils retardent eux aussi d'un bon siècle: l'âge d'or de la social-démocratie fut celui des syndicats fortement structurés, des coopératives de production, de consommation et d'habitation.

Manifestement Ségolène a d'autres idées derrière la tête. Le blairisme (qui a rompu avec l'idéal social-démocrate) l'inspirait au début de sa campagne, mais par prudence (par opportunisme?) elle n'y a plus fait allusion. Or c'est bien de cela qu'il s'agit: remodeler un Etat en fonction des besoins actuels, pas ceux d'hier ou d'avant-hier. Tony Blair a prouvé qu'une simple victoire électorale pouvait entraîner un tel changement en profondeur sans indisposer l'électeur.

Dans ce sens, la percée de Bayrou peut aussi apporter un solide coup de main au projet de la Dame blanche car elle est aussi portée par un appel d'air centriste. Dans deux semaines quand les tensions de l'élection présidentielle seront retombées, une grande partie de son électorat sera en déshérence et se tournera, au moment des législatives, vers le garant d'un renouveau.

Il suffit d'ailleurs de tourner notre regard vers l'Italie pour voir que cette problématique n'est pas limitée à l'Hexagone. Dimanche, alors que les Français votaient, les anciens communistes tenaient congrès pour décider de former, en automne prochain, un seul parti démocrate avec les ex-démocrates-chrétiens de Francesco Rutelli et de Romano Prodi.

Encore une histoire de blancheur : plus blanc qu'un démocrate-chrétien italien, tu meurs !

Sources Largeur com

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Lundi 23 avril 2007

 

C'est là

http://www.sudouest.com/election/presidentielle/flash/fr/2007/carte2007.html

Voyez les voix qu'à fait Bayrou en cliquant sur chaque département... c'est notre seule chance pour le second tour. Les départements en bleu sont Sarkozystes et les roses Royal. Impressionnant qu'autant de Français nous précipitent à l'abattoir...

Bonne chance Sego...

Toute l'équipe...

Par Adriana EVANGELIZT
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