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Segolène la Politique

Mardi 27 janvier 2009




Ségolène Royal : "J'en ai marre, j'en ai marre, j'en ai marre !"



Par Cyriel Martin



Ras-le-bol. Ségolène Royal a exprimé sa colère mardi matin quant à l'attitude des banques et du gouvernement face à la crise. "J'en ai marre, j'en ai marre, j'en ai marre de voir des banques continuer comme si de rien n'était à pratiquer des taux d'intérêts à 18 %", s'est-elle emportée sur RTL , fustigeant l'État, dont la "responsabilité aujourd'hui est de mettre en contrepartie des règles à l'injection de fonds publics dans les banques". Le gouvernement est "inerte, en deçà de ce qu'il faudrait faire, et n'a pas pris l'ampleur de la crise", a-t-elle dénoncé.

Un jugement sans appel de la présidente PS de Poitou-Charentes, qui renvoie l'exécutif à son "péché originel" : le paquet fiscal. "Ces 15 milliards d'aides auraient dû être mieux répartis", a-elle fustigé, estimant qu'ils auraient pu correspondre à 1.000 euros pour 15 millions de familles. "Il y a également la réforme fiscale qui ne vient pas", s'est-elle insurgée, affirmant que la chasse aux niches pourrait rapporter "1.000 euros pour 20 millions de personnes"."Il y a une angoisse profonde", a prévenu Ségolène Royal, citant pêle-mêle les exemples des "chefs d'entreprises qui se suicident parce qu'ils sont au bout du rouleau", ou les "retraités qui ne prennent plus qu'un repas par jour." "Les Français voient les mois se dérouler et leur endettement s'enfoncer", s'est-elle alarmée, rappelant que "la crise financière est née du surendettement des ménages aux États-Unis."

Regardez ces images de l'interview diffusées par le site Désirs d'avenir 



 "Avec les altermondialistes, un autre monde est possible"

L'ancienne candidate à l'élection présidentielle s'est ensuite brièvement expliquée sur son récent voyage à Washington, à l'occasion de l'investiture de Barack Obama. "Je vais là où il y a des moments historiques très importants, mais qui ont un lien les uns avec les autres." Pour Ségolène Royal, "les sachants ont mis le système dans le mur". La solution ? "Il faut que le système social reprenne la main, prenne la rue. Comme l'a dit Barack Obama, avec la démocratie participative, il faut profiter de la crise", a-t-elle insisté, dans une nouvelle tentative subtile de tisser la comparaison entre la démarche du nouveau président américain et la sienne. Il y a une semaine, une vive polémique a éclaté après les déclarations de Ségolène Royal qui avait affirmé qu'elle avait "inspiré" Obama et que ses équipes l'avaient "copiée". " Un trait d'humour mal compris ", avait tenté plus tard de justifier la socialiste.

"Aujourd'hui, il n'est plus possible de faire de la politique sans les gens", a-t-elle fait savoir avant de partir dans les prochaines heures pour le forum social de Belem, au Brésil. "Avec les altermondialistes, un autre monde est possible. Nous devons tous inventer le modèle de développement qui va succéder à la crise." Enfin, invitée à commenter les tensions au sein du PS, Ségolène Royal s'est montrée sereine : "Je ne demande rien pour moi. Je me débrouille comme je peux", a-t-elle répété à plusieurs reprises. La grande rivale de Martine Aubry sait en tout cas se faire entendre.

Sources
Le Point

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Samedi 17 février 2007

Ségolène Royal : l'archéo-moderne

par Eric Le Boucher

Ségolène a deux paris. Le premier est que son charisme, pour ne pas dire son charme, lui permette de créer une relation particulière avec les Français. Puis, forte de leur confiance, de les convaincre d'accepter le mouvement malgré cette angoisse de l'avenir qui les paralyse. La suite du pari veut qu'elle choisisse de bons conseillers et qu'elle les écoute. Elle emmène la France à "tout revoir, tout repenser et ne craindre ni d'imaginer ni d'inventer", elle dit en somme "en route", puis laisse ses proches étudier les directions des solutions concrètes.

Etant donné la pagaille qui semble régner dans le camp Royal, on n'est pas sûr qu'elle coordonne bien ses experts ni qu'elle étudie assez leurs dossiers. Ce premier pari n'est donc pas bien parti. Il n'est pas perdu pour autant.

Le second porte sur le fond. Ségolène Royal a des intuitions qui collent à l'air du temps. Il en est ainsi de la "démocratie participative", qui répond à la crise du politique. Cette crise, décrite par l'historien Pierre Rosanvallon, habite Ségolène Royal. Elle sent, elle sait, elle a raison : l'envie de parler, de s'exprimer, de participer, de dire sa vie, est immense à notre époque. TF1 comme les sites Internet (YouTube) en font leur jolis profits.

"Il faut écouter les gens" : Ségolène Royal a cassé le moule ancien de la démocratie représentative. Le revers est que la recomposition reste tâtonnante, porteuse d'illusions et que Mme Royal ne les évite pas toutes.

L'autre intuition est économique. On va ici sans doute surprendre, mais la bonne réponse à la grande question de la mondialisation, c'est elle qui la détient. Ecoutez la première partie de son discours de Villepinte : "Nous sommes un pays d'excellence technologique où pas un jour ne passe sans que des hommes et des femmes se lancent pour donner corps à un projet créateur d'activité, de valeur et d'emploi. Je suis reconnaissante à ces entrepreneurs du risque (...). Je sais gré à ces PME qui sont nos premières créatrices d'emploi." "L'inventivité des entrepreneurs doit être reconnue", Mme Royal veut faire de la France un immense "atelier de la création".

Innover, donc. Ecoutez ensuite la troisième partie du discours, concernant l'école. " C'est l'éducation qui tient tout l'édifice", dit la candidate. "Elle sera au coeur de tout et en avant de tout". Et de détailler, de la maternelle à l'université, comment elle veut "donner à tous la même éducation qu'à ses propres enfants". L'école pour rétablir l'égalité des chances, bien sûr, mais aussi, et surtout, pour entrer au plus haut niveau dans "la société de la connaissance".

Face à la Chine, la France doit dare-dare rehausser sa productivité en innovant, elle doit faire naître des PMI conquérantes capables de régénérer son tissu productif et de se substituer aux grandes du CAC 40, qui ni n'investissent ni ne créent plus beaucoup d'emplois en France. Elle doit, c'est l'autre versant de la même exigence, donner aux jeunes Français une forte qualification et un goût pour la création de produits, d'activité, de valeur. Ne cherchez pas : c'est LA réponse à la mondialisation. Il n'y en a pas d'autres.

Nicolas Sarkozy, lui, sous l'influence de son conseiller Henri Guaino, s'éloigne du libéralisme pour s'enfoncer dans la nostalgie du capitalisme d'Etat. La suppression des droits de succession en fait, au même moment, le défenseur des fortunes acquises. Bref, économiquement, Nicolas Sarkozy laisse libre le boulevard de la modernité : intuitivement, Ségolène Royal a compris que le couple innover-former lui permettait de l'occuper.

Hélas, ensuite, pis encore que pour le premier pari, tout se détruit. Est-ce parce que Ségolène Royal est écrasée par l'orthodoxe lourdeur des éléphants du Parti socialiste ? Est-ce parce qu'elle même n'a pas les idées claires et que le côté noir de sa force, appelons cela le conservatisme populisto-régionalo-syndical, reprend le dessus ? En tout cas, la modernité du discours ne se retrouve pas dans la liste des 100 propositions de son "pacte présidentiel" présenté à Villepinte. Même l'encouragement de la recherche n'est vu qu'au travers des crédits publics. Le soutien aux PME est devenu vague.

En vérité, on avait déjà eu un petit doute le 14 janvier quand, visitant " cette France qui réussit", elle s'était extasiée devant une presse à huile d'un éleveur de brebis... En 1981, le candidat François Mitterrand était allé, lui, visiter le Salon des composants électroniques. La reconnaissance verbale des "PME du risque" ne serait-elle que le paravent qui cache la dénonciation recuite des grosses sociétés et "des forces de l'argent" ?

Augmenter le SMIC, revaloriser les retraites, grossir les allocations, conditionner les aides aux entreprises, créer 500 000 emplois publics pour les jeunes..., la liste de la société socialiste de l'assistanat était longue, elle en rajoute encore dans la volonté de "protection", de la naissance à la mort, jusqu'à épauler l'archéo en chef, José Bové, contre les OGM.

Ségolène Royal, l'art de gâcher ses intuitions ? La raison est que Mme Royal ne peut pas avancer seule, ambiguë elle-même, au sein d'un parti qui s'est volontairement enfermé dans la stérilité intellectuelle. Tout bouge autour du PS, les économistes, les sociologues, décrivent une société neuve, des souffrances neuves, des solutions neuves. Ségolène Royal le sent. C'est tout, hélas.

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mardi 9 janvier 2007

Nous pensons sincèrement qu'il ne faut pas laisser tomber Laurent Fabius. Ni le sous-estimer. C'est quelqu'un qui possède une expérience à ne pas mépriser. Et puis, c'est un homme de conviction et de coeur. Il pourrait amener son savoir dans la campagne mais aussi dans le gouvernement. Il connaît le sens de la mesure et de la justice. Alors bien sûr, il y a eu des mots et des attitudes mais le monde de la politique est une jungle... et il y a de grands fauves qui possèdent des pattes de velours. Il faut aussi savoir pardonner à ceux dont les qualités sont parfois plus grandes que leurs défauts... et savoir tendre la main en signe de réconciliation... rêve d'idéaliste mais... nous espérons que Ségolène Royal prendra connaissance de ce message...

 

Fabius "disponible" pour la campagne de Ségolène Royal



Laurent Fabius, candidat malheureux à l'investiture socialiste pour la présidentielle, a fait part mardi de sa "disponibilité" pour la campagne de Ségolène Royal et appelé la candidate à "rassembler tout le monde" à gauche.

Il a indiqué sur RTL qu'il n'était pas associé "pour le moment" à l'élaboration du projet présidentiel de Ségolène Royal. "J'ai dit ma disponibilité, mon soutien, j'ai demandé à tous mes amis de soutenir Ségolène Royal", a dit l'ancien Premier ministre.

Laurent Fabius a reconnu qu'il y avait "encore des marges de progression" pour sa participation à la campagne. "Il faut rassembler tout le monde", a-t-il ajouté.

Réaffirmant que Ségolène Royal a "beaucoup de cartes en main" pour gagner en mai, Laurent Fabius a estimé qu'"on sera fixé sur la tendance de fond fin février, début mars".

Il a souhaité que la campagne "mette l'accent" sur différentes questions : pouvoir d'achat, logement, laïcité, Europe.

Interrogé sur le voyage très commenté de Mme Royal en Chine, Laurent Fabius a qualifié de "degré zéro de la politique" les critiques sur l'emploi du néologisme "bravitude" et la formule "droits humains".

Selon lui, "il n'y a pas d'énorme différence entre droits humains et droits de l'Homme". "L'important, c'est d'en parler (...) Il faut aborder les sujets sans tabou et sans provocation non plus. C'est ce que Ségolène Royal a fait", a-t-il plaidé.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt



Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 27 décembre 2006

L'implosion anti-libérale profiterait à Royal




Selon plusieurs spécialistes, l'éclatement du mouvement était inévitable et il profiterait à la candidate du Parti socialiste.


Des analystes et acteurs politiques jugent que l'implosion du front anti-libéral, qui n'a pas pu se trouver un champion élyséen, poussant Marie-George Buffet (PCF) à annoncer en solo son départ en campagne, était inévitable et tend à dégager de l'espace pour Ségolène Royal.
François Rebsamen, numéro deux socialiste, explique que "l'incapacité de la gauche extrême à se rassembler n'est pas une nouveauté (…) Au PS, on a regardé ça avec intérêt, mais on connaissait la sortie".
Le co-directeur de campagne de la candidate PS analyse : "Tant que la question majeure n'aura pas été tranchée entre eux - faire la différence entre la gauche et la droite au deuxième tour des élections - ils ne pourront pas résoudre leurs problèmes". Il relève aussi que dans le paysage de la gauche radicale, "autant il y a de personnalités, autant il y a de candidats potentiels !"
"On a avec le PCF de bonnes relations républicaines, on travaille avec lui dans les collectivités, on a fait des listes communes".ajoute-t-il. "Marie-George Buffet sait, elle, faire la différence entre Royal et Sarkozy".


"L'union de la gauche"

Jean-Luc Parodi, politologue, n'a pas davantage été surpris par l'étiolement du mouvement, condamné dès qu'Olivier Besancenot s'en est éloigné.
Point de vue partagé par le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon pour qui "il ne faut pas se tromper de responsables" concernant l'échec du PCF. "Le rassemblement de l'autre gauche a commencé à s'effriter avec le départ de Besancenot et de José Bové".
Jean-Luc Parodi note qu'on y trouvait "des courants trotskistes qui, avec l'effrondrement du pôle communiste, ont été en état de recueillir des bribes du message contestataire utopiste, mais sans accepter une ligne fondamentale de la Vème république : l'union de la gauche".
D'où le "clivage avec le PCF qui a un besoin vital d'alliance électorale pour avoir des députés, des conseillers régionaux et garder ce qui lui reste de mairies".

Ancienne querelle

Dominique Reynié, professeur à Sciences Po, publie en janvier "L'extrême gauche : moribonde ou renaissante ?" (PUF). Il met pour sa part l'accent sur "la très ancienne querelle fondamentale entre PCF et trotskistes". Selon lui, "dans le monde anti-libéral, le PCF est en situation historique de disparition électorale, et en même temps, il reste avec ses militants, ses quelque 10.000 élus, la seule structure organisée et solide".
Afin de participer à la "la régénération", les communistes, qui ne pouvaient pas la porter seuls, sont allés la chercher en se rapprochant de "la gauche mouvementiste, altermondialiste". Mais celle-ci est assez loin du "logiciel du PCF".


Terrible désunion

Tous s'accordent donc pour parler du caractère fatal de la désunion. Leurs avis diffèrent cependant sur son impact pour la candidate socialiste.
Dominique Reynié explique qu'elle y gagne, sans conteste, car "les leaders de la gauche ont tellement stigmatisé la droite et son champion UMP qu'on peut souhaiter bonne chance à ceux qui voudront convaincre que Sarkozy et Royal sont équivalents !".
Pour Jean-Luc Mélenchon, il y a pourtant désormais "tout un secteur de la gauche qui ne se sent pas représenté". Autant de "voix qui risquent de manquer" à la championne socialiste.


Sources Nouvel Observateur

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 29 novembre 2006

Un peu de ségaullisme

par Thierry Vedel

Un peu de ségaullisme éloigne de la France, beaucoup en rapproche, pourrait-on dire à la manière de Jean jaurès.

Ce qui frappe dans le premier discours de Ségolène Royal en tant que candidate officielle du Parti socialiste le 17 novembre 2006, c’est sa tonalité gaullienne, assaisonnée d’un peu de socialisme, d’une dose de mitterrandisme, et d’un zeste de “kennedysme” (dans la finale qui reprend, quasiment mot pour mot, le célèbre «Ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country» de JFK lors de son discours inaugural de 1961). C’est peut-être cela ce cocktail qu’on appelle le ségaullisme.

Extraits :
« L’élection présidentielle va à l’essentiel : la possibilité pour chacun de choisir son destin et de le maîtriser dans les turbulences du monde d’aujourd’hui. Oui, la France peut reprendre la main. Oui elle peut croire suffisamment en elle, renouer avec le meilleur de son histoire, se projeter à nouveau dans l’avenir pour construire un destin commun». (…)

« Regardez l’histoire de France : c’est toujours quand le peuple s’y met que la France avance et bâtit un nouvel avenir. Et aujourd’hui, je sens que le peuple s’y est mis et que ce mouvement va continuer. Je crois que la France peut puiser dans la meilleure part de son passé des valeurs pour ses combats d’aujourd’hui, à commencer par celles-ci : de fortes raisons de croire en elle. Pour tirer le pays vers le haut, il faut bien sûr comprendre les changements du monde alentour, mais il faut d’abord aimer la France, cette idée toujours neuve, et vouloir que les Français s’aiment en elle. Nous allons gravir la montagne jusqu’à la victoire. Aujourd’hui c’est un beau jour pour partir au combat car nous sommes portés par un mouvement populaire généreux et heureux qui sent que nous sommes soutenus par une cause qui est plus grande que nous. Je lance aujourd’hui un appel à tous les Français, hommes et femmes de notre pays.

Rassemblez-vous, mobilisez-vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour notre pays, imaginons ensemble une France qui aura le courage d’affronter les mutations sans renoncer à son idéal de liberté, d’égalité et de fraternité».

France : 23 – Socialisme : 5

Au total, Ségolène Royal aura prononcé 23 fois le mot France dans son discours et seulement 5 fois le mot socialisme ou socialiste. Comment ne pas rapprocher ce discours de ceux de Charles de Gaulle ?

Par exemple du discours de Bayeux le 16 juin 1946 : « Prenons-nous tels que nous sommes. Prenons le siècle comme il est. Nous avons à mener à bien, malgré d’immenses difficultés, une rénovation profonde qui conduise chaque homme et chaque femme de chez nous à plus d’aisance, de sécurité, de joie, et qui nous fasse plus nombreux, plus puissants, plus fraternels. Nous avons à conserver la liberté sauvée avec tant et tant de peine. Nous avons à assurer le destin de la France au milieu de tous les obstacles qui se dressent sur sa route et sur celle de la paix».

Ou encore de ces mots sur la France dans une déclaration prononcée à l’Elysée le 8 janvier 1959 (in Discours et Messages, t. 3, p.72.) : “Destin de la France ! Ces mots évoquent l’héritage du passé, les obligations du présent et l’espoir de l’avenir».

Rhétorique de la répétition

Dans une autre intervention de Ségolène Royal, son discours du 13 novembre prononcé au gymnase Japy à Paris, on retrouve une autre réminiscence gaullienne, cette fois dans la forme plus que sur le fond.

Extrait : :

“Je vous le dis ici. Mon combat pour la laïcité, c’est pour vous femmes voilées, femmes mutilées, femmes excisées, femmes violées, femmes infériorisées, femmes écrasées… Inégalités salariales, violences faites aux femmes, mariages forcés, inégalités dans la formation professionnelle, inégalités dans l’emploi. Mon combat pour la laïcité, c’est pour vous”.

Immanquablement, cette énumération rappelle le célèbre « Paris outragée ! Paris brisée ! Paris martyrisée ! Mais Paris libérée ! » du discours du général de Gaulle àl’Hôtel de ville de Paris le 25 août 1944.

Extrait :

“Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l’émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains. Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies. Paris ! Paris outragée ! Paris brisée ! Paris martyrisée ! Mais Paris libérée !”

Parmi les figures rhétoriques utilisés en politique, la répétition (*) est l’un des procédés les courants et les plus efficaces. Il accroît l’attention auditive de l’auditoire, met en relief, souligne l’importance d’un thème, et appelle naturellement l’applaudissement.

Nous reproduisons cet article déja publié par Thierry Vedel sur son blog-notes.

Sources Election présidentielle 2007

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 29 novembre 2006

PS : la refondation ségoléniste

par Michel Noblecourt





Investie, le 26 novembre, par un congrès extraordinaire, candidate du Parti socialiste à l'élection présidentielle, Ségolène Royal a vu dans sa désignation "un geste révolutionnaire". De fait, en plébiscitant, le 16 novembre, la présidente du conseil régional Poitou-Charentes, dotée d'une série de records - 60,65 % des voix, une position majoritaire dans 95 fédérations sur 105 -, les militants socialistes ont tourné la page du parti d'Epinay, celui qu'avait refondé François Mitterrand en 1971.

PS, parti "ségoléniste" ? Le "séisme" du 16 novembre, où une candidate a été adoubée après avoir construit sa popularité en rupture avec la "vieille maison" et en ayant d'abord contourné le PS, jette les bases d'une refondation "ségoléniste".

Nullement intimidée par la morgue des éléphants qui pronostiquaient et espéraient son échec, Mme Royal a gagné en recourant aux armes de la démocratie d'opinion et de la démocratie participative. Michel Rocard, en son temps, avait déjà théorisé sur le bon usage de la première : "L'impératif de légitimité, écrivait-il dans Le Coeur à l'ouvrage (Odile Jacob, 1987), suppose de ne heurter personne, de savoir inspirer confiance par le discours, l'écoute ou les services rendus, de pouvoir capter, exprimer puis éventuellement traduire en actes les aspirations collectives, quelle que soit leur nature ou à peu près." Après la victoire du non au référendum de 2005, Laurent Fabius s'était laissé aller à dire, le 22 septembre 2005 : "Je veux coller à ce que souhaitent les Français." Mais jamais un candidat ne s'était laissé porter à ce point par la vague sondagière.

A cet outil ancien, l'ancienne ministre a ajouté, là aussi en dehors du PS, un recours, nouveau et intensif, à la démocratie participative, à travers son association, Désirs d'avenir, et Internet. Mais, à la différence de François Mitterrand, elle n'a pas fait d'OPA sur le PS. Elle n'est pas venue de l'extérieur. Elle y milite depuis plus de vingt-cinq ans, même si elle n'y a pas exercé de fonctions dirigeantes, à l'exception d'une éphémère présidence du conseil national, fin 1994, qu'elle abandonna pour tirer l'alarme sur les dangers de... la primaire entre Lionel Jospin et Henri Emmanuelli.

Inscrivant sa démarche, dès 1984, dans celle des "transcourants" de François Hollande, absente du congrès de Rennes (1990), silencieuse à celui du Mans, qui se solda, il y a un an, par une "synthèse", elle est toujours restée en marge. Mais elle n'a pas eu à prendre le pouvoir au PS. Il lui a rendu les armes, sans lui opposer beaucoup de résistance malgré ses mises en cause iconoclastes et répétées des Tables de la loi. L'appareil a été contraint de s'incliner au point même d'en faire, dès le démarrage de la campagne interne, sa candidate.

Animés d'une volonté de renouveau et sensibles à l'argument du vote utile - investir celle que les sondages désignaient comme la seule capable de battre Nicolas Sarkozy -, les militants lui ont, selon la formule de Jean-Christophe Cambadélis, lieutenant de Dominique Strauss-Kahn, donné "tous les moyens". Les nouveaux adhérents - qui ont porté le nombre de membres du PS de 127 414, en novembre 2005, à 220 269 - se sont déterminés au diapason des sympathisants testés par les sondages en lui accordant la majorité de leurs suffrages.

Bénéficiant d'une position de force sans précédent, Mme Royal a donné des gages au PS. Le siège du parti sera celui de sa campagne, le bureau national son conseil politique. Elle s'offre même la liberté de relancer une campagne "participative et décentralisée, plus près des gens", jusqu'en janvier, en s'appuyant sur les élus et les premiers fédéraux du PS. Elle ne prend pas le parti, mais elle capte sa force. Elle s'appuie sur l'appareil, mais elle garde les coudées franches. C'est ce que M. Hollande appelle "un dispositif cohérent", le PS et sa candidate devant ainsi travailler "en bonne intelligence".

L'empreinte de la refondation ségoléniste, c'est d'abord la méthode. Mais d'autres signes l'amplifient. Elle a accru la présidentialisation du PS, amorcée par François Mitterrand et poursuivie par Lionel Jospin, avec un parti transformé en club de supporteurs. Mais elle a aussi modifié la géographie des courants. La majorité du Mans (53,63 % pour la motion Hollande) a vu se détacher un nouveau courant social-démocrate, qui a apporté 20,69 % des voix à M. Strauss-Kahn. NPS a explosé. M. Fabius a gagné 11 000 voix par rapport au Mans, mais son poids a baissé de 21,17 % à 18,66 %. Voilà le PS doté de deux courants idéologiques, l'un social-démocrate, l'autre "authentiquement de gauche", et ...d'une écurie présidentielle.


UN PARTI D'ADHÉRENTS ET DE SYMPATHISANTS


Mme Royal est aussi parvenue à dépasser le clivage oui-non du référendum de 2005 et à tourner la page Jospin en attendant de tourner éventuellement celle du 21 avril 2002. Elle prend garde de se référer au projet du PS - quitte à lui ajouter, à la faveur de sa campagne participative, quelques "idées neuves" - et obtient même un blanc-seing de M. Hollande pour "l'améliorer, le compléter, le préciser". Mais elle disposera, par rapport au petit livre rose, d'une liberté qu'aucun des candidats qui l'ont précédée n'a eue.

Même si M. Hollande proclame qu'"il n'y a pas d'un côté le vieux parti et de l'autre le nouveau", l'avènement de Mme Royal esquisse aussi, potentiellement, un changement de nature du PS. François Rebsamen, numéro deux et co-directeur de campagne, a annoncé, le 26 novembre, qu'il comptait désormais 280 000 adhérents, chiffre jamais atteint depuis 1937 (286 604), et dépassé en 1945, en 1946 - avec un record de 354 878 membres - et en 1947. Là aussi le changement est de taille. Jusqu'en 2005, le PS comptait un tiers d'élus, soit autour de 40 000. La proportion tombe de fait, aujourd'hui, à 14 % ! Ce parti d'élus va-t-il se muer en parti de militants ? Il est, dans l'immédiat, un parti d'adhérents et de sympathisants. Si l'adhésion dépasse l'engouement et devient durable, ses pratiques s'en ressentiront.

En fait, il manque encore à la refondation ségoléniste un corps de doctrine, au-delà de la volonté de changer la politique, d'instaurer un "ordre juste", ou du slogan "le progrès pour tous, le respect pour chacun". Relevant la "filiation mitterrandienne" de Mme Royal et l'influence du "pragmatisme" de Jacques Delors, Alain Bergounioux, secrétaire national aux études du PS, historien du parti, ancien rocardien proche de M. Strauss-Kahn, définit ainsi le ségolénisme : "C'est un mélange de mitterrandisme, de réformisme delorien et de socialisme décentralisé." Reste à savoir si cette refondation durera juste un peu plus que le temps des roses - celui d'une campagne - ou si elle accentuera la mue moderniste ou, comme le veut M. Strauss-Kahn, social-démocrate du PS. Cela dépendra du succès ou de l'échec de Mme Royal. Mais, quoi qu'il arrive, il y aura désormais un avant et un après- "Ségolène".

Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 15 novembre 2006

Ségolène Royal, une ascension méthodique

vers le statut de favorite




Ségolène Royal, 53 ans, s'est imposée en un an comme la grandissime favorite des sondages pour la course à l'Elysée côté PS, mais ses prises de positions irritent les "éléphants" du parti, qui l'accusent de dérive droitière ou populiste.

Elle assume avec aplomb son statut de prétendante à devenir la première présidente de la République, les enquêtes d'opinion
la donnant au coude à coude, voire gagnante au second tour contre le favori de la droite, Nicolas Sarkozy.

Alors que les "pointages" internes au parti se sont resserrés au fur et à mesure de la campagne interne, elle appelle les militants à la désigner dès le premier tour de la primaire, pour lui donner "l'élan" nécessaire à la bataille décisive du printemps 2007, et s'affirme seule à même de garantir "l'unité" du PS.

A ses concurrents qui dénonçaient son "inexpérience" et l'accusaient de fuir le débat de fond, elle rétorque que "la bulle n'a pas éclaté" après six semaines de campagne et qu'elle a fait ses preuves.

Née le 22 septembre 1953 à Dakar (Sénégal), fille d'officier, Marie-Ségolène Royal est élevée dans une famille catholique de huit enfants.

Elle adhère au PS en 1978 et s'engage dans la campagne présidentielle de François Mitterrand en 1981, avec son compagnon François Hollande, aujourd'hui numéro 1 du PS, rencontré à l'ENA et avec qui elle a eu quatre enfants.

Conseillère à l'Elysée, elle est élue députée pour la première fois en 1988 dans les Deux-Sèvres, constamment réélue depuis.

Ministre de l'Environnement en 1992 sous Pierre Bérégovoy, elle entre au gouvernement de Lionel Jospin en 1997, d'abord à l'Enseignement scolaire, puis à la Famille et à l'Enfance.

En mars 2004, elle ravit la présidence du Poitou-Charentes à la droite et s'impose comme symbole du triomphe socialiste aux régionales. Ses adversaires critiquent depuis son "autoritarisme" dans sa gestion de la région.

Un an et demi plus tard, elle se lance dans la course à l'Elysée. Elle organise sa campagne, baptisée "désirs d'avenir", autour du thème de la "démocratie participative".

Démarche qui lui vaut d'être parfois taxée de dérive "populiste" ou "droitière", comme lorsqu'elle a suggéré la création de "jurys populaires" pour évaluer l'action des élus.

Et la diffusion sur internet dans les derniers jours de campagne d'une vidéo dans laquelle elle tient des propos iconoclastes sur le temps de travail des profs de collège a relancé la polémique.

C'est principalement sur les sujets de société qu'elle affiche des positions à rebours du parti, comme sur la carte scolaire, dont elle prône "l'assouplissement", ou la sécurité, suggérant un "encadrement militaire" des jeunes délinquants.

La "pipolisation" de cette candidate mince et élégante, dont des photos volées ont fait l'été dernier la Une d'un magazine, est également dénoncée. Enfin, son couple avec François Hollande a jeté un soupçon sur la direction du parti qui la favoriserait.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Vendredi 10 novembre 2006

 

 

Ségolène Royal : "On a trop souffert de l'obstination des décideurs"

Propos recueillis par Arnaud Leparmentier et Isabelle Mandraud








Arrivez-vous affaiblie à l'issue des six débats de la primaire socialiste ?


Je ne me sens pas du tout affaiblie, au contraire. Ces débats, conçus à l'origine pour m'éprouver, passer du virtuel au réel, selon le mot de mes compétiteurs, ont renforcé ma légitimité et ma crédibilité. Le PS en sort grandi aux yeux des Français en ayant donné l'exemple de la transparence et de la modernité.

En cas de second tour, Dominique Strauss-Kahn estime que vous n'avez pas de réserve de voix.

A ce stade, je ne veux pas me placer dans cette situation, puisque je souhaite que le résultat soit clair et net dès le premier tour, ce qui permettrait de mieux conserver l'unité des socialistes et de leur donner un élan face à la droite.

Votre position sur le nucléaire civil iranien ne correspond pas au traité de non-prolifération (TNP). Pensez-vous que le danger est tel qu'il nécessite une approche différente ?


Mon approche correspond aux traités internationaux, qui sont clairs. La résolution 1696 du Conseil de sécurité du 31 juillet 2006 enjoint à l'Iran d'arrêter l'enrichissement au 31 août 2006 sous peine de sanctions. Il s'agit bien d'enrichissement dans l'accès au nucléaire civil car l'Iran en refuse le contrôle prévu par le TNP.

C'est parce que cet enrichissement est soupçonné d'être militaire.

Non, pas à ce stade. Le TNP impose le contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique sur l'enrichissement du nucléaire, y compris à des fins civiles, dans son article 3. Le Conseil de sécurité a pris cette résolution puisque l'Iran a refusé de se plier aux inspections de l'agence de Vienne, condition indispensable pour avoir le droit d'exploiter du nucléaire civil.

Vous avez reculé sur certaines polémiques que vous avez lancées : encadrement militaire pour jeunes délinquants devenus des camps humanitaires ou sur les jurys de citoyens que vous n'appelez plus jurys.

Il ne s'agit pas de reculs, mais d'apporter des précisions par rapport à des polémiques ou à des déformations de mes propos. J'ai toujours dit que j'étais favorable à toutes les alternatives à la prison pour les jeunes condamnés, dont le taux de récidive dépasse 70 %. J'ai cité une solution consistant à les réintégrer avec un encadrement militaire. Mais pour reconquérir l'estime de soi, il faut aussi se prouver qu'on est capable de rendre service aux autres, de participer par exemple à des actions humanitaires. Il n'y a là aucune contradiction.Je ne suis pas dans la politique traditionnelle du tout ou rien. La politique a trop souffert de l'obstination des décideurs, qui ont peur parfois de s'adapter ou d'ajuster les choses : on l'a vu avec un responsable qui se disait droit dans ses bottes ou sur le CPE.

La politique respectueuse des gens consiste à ne pas avoir peur de préciser et de faire de la pédagogie. Ma valeur, c'est d'éviter la prison et de remettre les jeunes dans le droit chemin. S'il faut expliquer le mot militaire, qui a été, de bonne ou de mauvaise foi, mal compris, je le fais sans orgueil politique mal placé.

De même, il existe bien d'autres jurys que ceux des cours d'assises, comme les jurys littéraires ou d'examen. J'ai expliqué ce mot pour que l'idée continue à faire son chemin. Ça, c'est une façon moderne de faire de la politique.

Sur la carte scolaire, vous parlez désormais d'un choix entre un ou deux collèges. Après avoir fait un diagnostic, vous peinez à proposer des solutions.

Les solutions ne sont pas figées à ce stade, elles sont en recherche. Petit à petit, je vais faire comprendre le sens de cette nouvelle action politique. Les débats se sont organisés autour de mes propositions, parce que, consciemment ou non, chacun a reconnu que j'avais le courage de poser des problèmes profonds. J'ai toujours dit que ma campagne serait une campagne participative et les réponses vont émerger.

Sur la carte scolaire, les solutions seront discutées avec les maires pour le primaire, les départements pour les collèges et les régions pour les lycées. Il n'y a pas de réponse simpliste à des problèmes complexes. Il est temps de sortir des décisions uniformes. Selon les endroits, la réforme de la carte scolaire sera justifiée. Là où elle fonctionne, elle ne le sera pas.

Vous avez été accusée de populisme par vos adversaires qui vous mettent dans le même sac que Nicolas Sarkozy. Qu'y a-t-il de commun entre sa démarche et la vôtre ?

Rien. Je n'ai absolument pas la même conception de la responsabilité politique. Je suis socialiste, je ne suis pas pour dresser les Français les uns contre les autres. Le populisme, c'est cela. Moi, au contraire, je crois à l'intelligence collective d'un peuple majeur auquel je fais appel.

L'ordre juste est-il compatible avec la grâce annoncée par avance à José Bové et aux destructeurs d'OGM ?

Cette mesure correspond à l'ordre juste au sens où la cause est juste. A partir du moment où l'on prive les Français de ce débat très important, qui a été retiré de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, c'est le pouvoir qui est en faute.

Je n'ai pas cautionné l'atteinte à la propriété, mais j'ai dit que je comprenais des gestes qui sont provoqués par l'absence de débat et de décision transparente. On a trop souffert des secrets et des lobbies financiers sur l'amiante, le nuage de Tchernobyl, sur la sécurité alimentaire. Si je suis élue, le débat aura lieu et il y aura une transparence totale sur les données scientifiques environnementales qui concernent la vie des gens.

Qui détermine l'ordre juste ?

L'ordre juste, ce sont les règles collectives. C'est la loi qui les détermine et, surtout, les actions publiques qui permettent de lutter contre les désordres injustes.

La loi interdit de détruire des champs d'OGM.

La loi sanctionne les atteintes à la propriété. Mais il y a, dans la Constitution, un principe de précaution, inclus dans la charte de l'environnement qu'a fait voter la droite. En vertu de ce principe, qui n'est pas mis en œuvre, les OGM en plein champ devraient être interdits. Aujourd'hui, on est dans le désordre.

Faut-il que Jean-Marie Le Pen puisse se présenter à la présidentielle ?

Je voudrais surtout que les Français se détournent de lui.

Comment faites-vous la synthèse entre l'altermondialisme et le modèle nordique, deux pôles dont vous vous réclamez ?

Mon objectif est de prendre ce qu'il y a de meilleur dans les modèles d'aujourd'hui. Il n'y a aucune incompatibilité à développer un syndicalisme de masse, responsable, comme dans les pays nordiques, qui a permis de faire converger les intérêts des entreprises, des salariés et d'un pays par une meilleure répartition des fruits du capital et du travail et à reprendre les idées des altermondialistes qui réclament, à juste titre, un autre mode de développement.

La synthèse entre ces deux modèles, solidaires et égalitaristes, passe-t-elle par une hausse forte des impôts et des prélèvements obligatoires ?

Non, il n'y a aucune raison d'augmenter les taux de prélèvements obligatoires. Cela passe par une meilleure répartition des investissements et par un investissement massif dans la recherche, dans les qualifications professionnelles et dans le dialogue social. Avec les investissements dans la valeur travail et dans l'innovation, nous rendrons les entreprises plus compétitives et réduirons le chômage.

Où trouvez-vous les économies nécessaires à ces investissements ?

Aujourd'hui, le pays est bloqué parce qu'on a un Etat central qui s'oppose aux régions sous prétexte que les régions sont dirigées par les socialistes. Si l'on crée un mouvement de confiance et si l'Etat central tire dans le même sens que tous les acteurs économiques, on peut relancer rapidement une croissance durable. J'y crois.

Comment jugez-vous la possibilité, pour la première fois, de voir une femme élue présidente ?

Ce serait un événement historique. Ce cheminement est regardé à l'étranger avec grand intérêt. Avec Angela Merkel, Michelle Bachelet, les femmes dirigeantes sont une infime minorité. Mais les itinéraires se confortent. Le principal reproche entendu à propos de chacune porte sur leur légitimité, leur savoir-faire, leur carrure. Il y a une aspiration à un changement profond, à une responsabilité redoublée, une exigence encore plus forte.


Sources Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt











Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 1 novembre 2006

Ségolène Royal et Dsk apportent-ils vraiment du “nouveau” ?

De “l’innovation” en politique


par Robert Spizzichino

Il est remarquable de constater que deux des candidats à l’investiture socialiste (Dsk et Ségolène Royal) insistent surtout sur “l’innovation politique” qu’ils sont censés représenter... selon eux.

Dsk veut " le changement par la rénovation " : Socialisme de la redistribution, socialisme de la production, socialisme de l’émancipation : voilà les trois piliers sur lesquels nous voulons bâtir la social-démocratie française. Le réformisme de gauche n’est pas condamné à l’accompagnement social du libéralisme. Il peut et doit être un " réformisme radical".

Ségolène Royal répète qu’avec elle, c’est "une autre façon de faire de la politique qui en jeu ", voilà ce qu’écrit à son sujet Arnaud Montebourg : " Dans les différents éléments d’identité de sa candidature - syndicalisme de masse, ordre juste, révolution démocratique, excellence environnementale - Ségolène Royal ouvre le chantier de la reconstruction du politique et cherche à organiser les retrouvailles avec la force d’agir sur la réalité. Il est temps de se rassembler autour de cette nouvelle donne, à partir de nos propres convictions, sans en abandonner aucune, pour contribuer à la victoire d’une gauche enfin rénovée qui sera celle de toutes les gauches. "

Ce positionnement mériterait des développements plus importants que ceux qui vont suivre ; mais il importe de mettre les points sur les i.

Se situer du côté des “innovateurs” est d’abord une façon de répondre aux attentes de plusieurs catégories de militants et de citoyens : ceux qui pensent du mal des partis politiques et de la classe politique, et notamment les déçus à l’intérieur et à l’extérieur du Ps, ceux qui sont sensibles aux discours sur " les éléphants", ceux qui constatent les échecs passés et qui pensent qu’il faut faire du neuf, ceux qui pensent que " la gauche doit s’adapter à son temps ", etc. Capter les insatisfactions a toujours été une bonne recette du marketing politique. Naturellement, les autres - ceux qui n’agitent pas le drapeau de la rénovation - sont forcément des conservateurs et des " ringards ".

Dans le cas des deux candidats précités, parler de rénovation et d’innovation politique relèverait presque de l’imposture :

En effet, qu’est ce que le socialisme de l’émancipation sinon celui de l’acceptation de la mondialisation libérale et du rapport capital/travail, avec des mesures compensatoires sur la santé, l’éducation, le logement, mesures qui, ne relevant pas de la redistribution des pouvoirs et des richesses, sont forcément des mesures qui ont pour objet de faire accepter aux travailleurs des sacrifices, sous prétexte de contraintes européennes et internationales.

Quant à l’autre façon de faire de la politique, cela semble consister à surfer sur l’opinion publique dénommée "citoyens experts", à coller aux thématiques de droite en expliquant que ce sont de vrais problèmes et à proposer des mesures remettant profondément en cause les acquis sociaux, et en transformant le Ps en parti démocrate à l’américaine.

Sur la rénovation du parti et de la vie politique, on attend avec impatience ce qui va être proposé en matière d’avancées en matière de respect du cumul des mandats politiques et électoraux, y compris dans le temps, de changement des pratiques militantes, Et, si on regarde quels sont leurs soutiens, on y trouve tout l’appareil du parti, désireux de sauvegarder ses positions. Comme l’a dit un membre éminent de l’état major de la " favorite des sondages " dans une réunion de cadres du parti : " Ne vous en faites pas, il y aura à manger pour tout le monde " ! Nous avons à “Forces Militantes pour la Démocratie et le Socialisme” une autre conception de l’innovation en politique qui n’a rien à voir avec l’affaiblissement des valeurs et des fondamentaux du socialisme, bien au contraire !

Certes, le monde et la société changent ; il y a eu en France comme en Europe des avancées sociales et des défaites politiques dont il faut tenir compte ; il faut tenir compte aussi de la pollution des esprits et de la pédagogie des contraintes, découlant de l’idéologie libérale, qui sont largement diffusés par les médias dans l’ensemble dominés par de grands groupes financiers. Les solutions pour ce début de XXI° siècle ne sont pas forcément celles d’hier, mais elles doivent s’inscrire résolument dans le cadre d’un projet de transformation sociale et sociétale profonde, d’un coup d’arrêt donné aux progrès de la globalisation financière et d’une nouvelle répartition des richesses et d’avancées démocratiques réelles :

Il faut innover pour parvenir à financer une sécurité sociale et des retraites correctes pour tous ; il faut innover pour que l’éducation dans les collèges et lycées des quartiers populaires soit un domaine d’excellence ; il faut innover pour que les travailleurs ne soient pas la variable d’ajustement préférée du capitalisme actuel ; il faut innover pour que la république soit plus vivante, développe la citoyenneté et garantisse des droits nouveaux ; il faut innover pour retrouver un ascenseur social qui fonctionne ; il faut innover pour que les quartiers populaires ne soient plus des îlots de relégation grâce à la qualité de leurs services publics, etc. C’est cela à quoi nous nous attachons. Et c’est tout le contraire du renoncement devant les exigences de la société marchande et l’alignement sur le blairisme.

Quant au fonctionnement du Parti, il faut d’abord dire qu’en l’état actuel, les partis politiques ont toute leur place dans la société civile et d’abord en améliorer la démocratie interne et réhabiliter le militantisme. Depuis le Congrès de Dijon, Forces Militantes a fait des propositions essentielles en la matière : notre Manifeste fondateur affirme :

" Le premier rôle du Parti Socialiste n’est pas de sélectionner des candidats qui iront promouvoir devant les électeurs des idées élaborées par quelques-uns. Il est d’abord de faire émerger collectivement, démocratiquement, des idées, des valeurs, des projets politiques élaborés et donc portés par tous. "

Nous avons fait toute une série de propositions concernant la fin du cumul des mandats et l’amélioration du fonctionnement. Les grands rénovateurs d’aujourd’hui ne nous malheureusement pas suivi !

Nous avons pu constater que Laurent Fabius partageait en partie nos analyses et nos conceptions, que le dialogue était ouvert à ce propos, et qu’il se gardait bien de céder aux sirènes du marketing politique attrape tout. C’est une des raisons de notre soutien.

Sources : Démocratie Socialisme

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mardi 17 octobre 2006

Sept questions pour s'inviter dans leur débat

Par Jean-Dominique MERCHET, Frédéric PONS,

Muriel GREMILLET, Tonino SERAFINI, Nicole PENICAUT


«Libération» a invité des salariés et des patrons à interroger les candidats PS qui planchent, pour la première fois ce soir à la télévision, sur l'économie et le social.

Un débat ? A moins que les choses ne dérapent, les trois candidats à l'investiture socialiste devraient soigneusement éviter de s'adresser la parole. Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn se retrouvent ce soir sur le même plateau de télévision pour le premier des six débats que le Parti socialiste organise afin d'éclairer les militants appelés à choisir leur candidat à la présidentielle, le 16 novembre. Trois débats ­ dont celui de ce soir, à 20 h 35 sur les questions économiques et sociales ­ seront retransmis par les deux chaînes parlementaires (LCP-AN et Public Sénat) qui organisent la rencontre, ainsi que par LCI. Un choix qui suscite la colère des autres chaînes (lire page suivante). Les deux autres auront lieu le 24 octobre et le 7 novembre.

«Prémunir». Parallèlement, trois débats régionaux, ouverts aux militants se dérouleront à Clermont-Ferrand (le 19 octobre), Paris (le 26 octobre) et Toulouse (le 9 novembre). L'organisation de ces rencontres a été négociée, détail après détail, par les équipes des candidats, qui ont conclu une «charte d'organisation du débat interne». A la fois publics et internes à la vie d'un parti, ces débats sont une nouveauté dans la vie politique française. Ils inquiètent les proches de Ségolène Royal, qui a menacé de ne pas participer à tous, s'ils tournaient à l'affrontement. «C'est normal qu'on cherche à se prémunir contre les dérapages», affirme ainsi Julien Dray. Propositions. Les trois candidats se positionnent différemment sur les questions économiques et sociales. Si Ségolène Royal maintient un certain flou sur ses propositions, Laurent Fabius entend, sans toujours convaincre, se placer très à gauche, avec par exemple une augmentation immédiate du Smic de 100 euros. Quant à Dominique Strauss-Kahn, il cultive son profil social-démocrate, insistant sur les «risques de déclassement» de la France et souhaitant un «nouveau pacte social». A la veille du premier débat, Libération a demandé à des personnalités, simples citoyens, représentants de la société civile ou du monde de l'entreprise, quelles questions elles aimeraient poser aux trois candidats.


Emploi


M'Paly Traoré, 26 ans, demandeur d'emploi

M'Paly Traoré, 26 ans, demandeur d'emploi


Comment comptez-vous relancer l'économie ?


«J'aimerais bien savoir quels secteurs vous développeriez pour avoir des résultats tangibles en matière d'emploi. On entend dire que le chômage baisse, mais autour de moi, je constate que les gens ne trouvent toujours pas de travail. En tout cas, pas des emplois qui correspondent à leur profil.
«Moi, j'ai une licence en sociologie. J'ai fini mes études il y a deux ans. J'aspire à travailler dans un cabinet de recrutement. Mais lorsque je propose ma candidature, on me demande : "Est-ce que vous avez une expérience ?" J'ai fait toutes sortes de boulots : animateur en centre aéré, surveillant dans un collège, hôte d'accueil, agent de sécurité. En ce moment je suis en recherche d'emploi. On encourage les jeunes à faire des études pour être mieux armés sur le marché du travail, mais au bout du compte on se retrouve à faire des boulots totalement déqualifiés par rapport à notre formation.»


Entreprise


Franck Zayan, 40 ans, patron d'une PME


Comment faciliter l'embauche dans les entreprises à forte croissance ?


«L a question que je me pose aujourd'hui n'est ni partisane ni politique. Mais elle est concrète : qu'est-ce que les candidats veulent mettre en place pour faciliter le licenciement des salariés. Je sais que le terme est péjoratif en France, mais c'est de flexibilité dont je parle. Aujourd'hui, je suis coprésident d'une société de vente de chaussures et d'accessoires en ligne créée en janvier 2005. Nous sommes une trentaine de salariés, on sera une quarantaine au milieu de l'an prochain. Si on savait qu'on pouvait licencier plus facilement, on aurait pris plus de risques plus tôt sur certains postes. Certes, il existe des contrats à durée déterminée (CDD). Mais en réalité, on s'en sert assez peu. On préfère embaucher en contrat à durée indéterminée (CDI), car, dans notre activité en forte croissance, on souhaite que les gens qui nous rejoignent soient impérativement parties prenantes. Très impliqués dès le début. Embaucher quelqu'un en CDD, voire en CNE, c'est mettre une épée de Damoclès sur sa tête et cela n'est guère propice au travail en pleine sérénité. »


Retraites

 
Sylvain Denis, président de la Fédération des associations de retraités


Comptez-vous rapprocher les régimes de retraite ?


«Les candidats socialistes disent qu'ils veulent revenir sur la loi Fillon, mais ils sont tous les trois très évasifs, alors que la réforme ne suffit déjà pas à financer les régimes de retraites. Il faut également qu'ils s'emploient, pour les futurs retraités, à rapprocher les différents régimes de retraites : salariés du privé, cheminots, agriculteurs, fonctionnaires, etc., pour qu'il n'y ait plus d'injustices flagrantes. En matière de santé et d'autonomie, ont-ils réfléchi, par exemple, aux maisons d'accueil pour les personnes de 85 ans et plus. Va-t-on construire des hôpitaux de plusieurs centaines de lits pour les vieux ? Ne vaudrait-il pas mieux développer de petites structures et se donner les moyens de maintenir les gens à domicile ? Sont-ils prêts enfin à reconnaître les associations comme des interlocuteurs représentatifs des retraités. Les syndicats font leur travail. Mais les associations ont aussi un rôle essentiel, notamment pédagogique.»

 
Bourse


Colette Neuville, présidente de l'Association des actionnaires minoritaires


Quelle place donnerez-vous à l'actionnaire dans la société ?

 
«Je voudrais demander aux candidats socialistes quelle hiérarchie ils établissent entre les consommateurs et les actionnaires, quelle est leur conception des corps intermédiaires ? Ainsi, quand Ségolène Royal parle de «démocratie participative», une idée qui me plaît bien, évoque-t-elle les actionnaires ? J'aimerais ainsi entendre les socialistes dire quels secteurs ils veulent renationaliser (EDF et GDF, notamment) et où voient-ils la frontière entre privé et public. Je voudrais aussi connaître leur conception de la gouvernance des entreprises. La loi sur les nouvelles régulations économiques [votée quand Laurent Fabius était à Bercy, ndlr] allait dans le bon sens, mais aujourd'hui, je ne sais pas si les socialistes veulent donner plus de pouvoir aux actionnaires des entreprises ou légiférer sur tout. Par exemple, sur les stock-options, un système de rémunération qui a connu des dérapages mais indispensable pour les start-up : les candidats veulent-il les interdire, les limiter, ou confier aux actionnaires le soin de réguler cette forme de rémunération ? »


Pouvoir d'achat


Florian, 28 ans, assistant de fabrication


Qu'allez-vous faire pour améliorer le pouvoir d'achat des salariés modestes?


«Je gagne 1 100 euros par mois pour trente-cinq heures de travail. J'ai un treizième mois. Mais, en fin de compte, il ne reste pas grand-chose pour vivre une fois déduit l'essence pour aller au travail (40 euros par semaine), le prix des cigarettes, les courses, les factures d'électricité et de gaz, sans parler du loyer. On trouve bien des expédients : je reste au boulot le midi pour économiser de l'essence. Mais franchement, on a de plus en plus de mal à vivre. Je voudrais savoir comment les candidats socialistes comptent s'y prendre pour améliorer les salaires, quelles solutions ils souhaitent appliquer pour qu'on arrête de calculer tout le temps. Car, pour l'instant, je n'ai rien entendu. On voit Ségolène Royal partout, mais on ne l'entend pas beaucoup. J'espère que d'ici janvier le débat va se décanter et qu'on saura enfin pour quoi on va voter.»


Délocalisations


Olivier Rosière, délégué CGT de Glaverbel à Donchéry (Ardennes)

Olivier Rosière, délégué CGT de Glaverbel à Donchéry (Ardennes)


Que comptez-vous faire pour éviter les délocalisations vers les pays de l'Est ?


«Aujourd'hui, notre actionnaire prétexte des problèmes économiques en France pour délocaliser notre production en Hongrie. Et les élus ne font rien. Dans les Ardennes, près de 1 000 emplois sont menacés d'ici 2007 par de tels mouvements d'entreprises. Et le taux de chômage atteint près de 16 % dans le département. On nous montre du doigt pour cela. Mais on a l'impression que les politiques nous laissent tomber et prennent des décisions au niveau européen pour favoriser l'intégration des nouveaux pays en développant leurs économies, en nous laissant crever. Chez Glaverbel, l'avenir de 120 familles est suspendu à la décision de délocalisation. Et rien n'a changé depuis 2002 en la matière. On ne nous donne toujours pas de réponse pour défendre nos emplois.»


Agriculture


Luc Iguenane, exploitant dans l'Oise


Comment comptez-vous garantir le revenu des agriculteurs ?


«J e suis céréalier et betteravier dans une exploitation de 198 hectares. J'aimerais que le candidat socialiste me dise quelle mesure chiffrée il prendra s'il est élu pour régler une question capitale pour les 650 000 agriculteurs français : d'un côté, les cours des produits agricoles comme le blé ne cessent de baisser sur le marché mondial, de l'autre Bruxelles veut supprimer ses soutiens à l'agriculture. Si c'est le cas, 75 % des agriculteurs français auront disparu après 2013 et la fin de la PAC. La situation est d'autant plus grave que le pouvoir d'achat des paysans a baissé de 6,5 % en 2005.»

Sources : Libération

Posté par Adriana Evangelizt


Par Adriana EVANGELIZT
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