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Ségolène l'Elue

Lundi 19 juin 2006

Sur ses terres, Ségolène Royal appelle à "tourner la page"

 

"La voilà!", crie quelqu'un, et le silence se fait sur la place de Saint-Néomaye, village des Deux-Sèvres. Ségolène Royal s'avance, fait un tour pour saluer les sympathisants et, avant de partager avec eux un pique-nique, les appelle à "tourner la page".

"J'espère bien. Il y en a assez de la droite!", lâche Serge, 69 ans, au milieu de 200 personnes, dont beaucoup viennent de prendre leur carte au PS, ayant décidé de partager le déjeuner avec la présidente de la région Poitou-Charentes.

La fédération socialiste des Deux-Sèvres affirme avoir doublé son nombre d'adhérents ces derniers mois et compter aujourd'hui près de 1.200 membres.

"Ces nouveaux venus sont un atout formidable pour le Parti socialiste sans lequel il n'y a pas de démocratie possible. Il renforce sa crédibilité et montre l'envie qu'ont les gens de voir les choses changer", se réjouit Ségolène Royal.

"Tous ensemble, il faut écrire une nouvelle page de l'histoire de France!", lance la candidate probable à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007. "Le Parti socialiste va déclencher un mouvement dynamique lors de l'élection. La campagne présidentielle sera une campagne de gauche. La gauche a un formidable défi à relever".

"J'en suis convaincue. C'est pour cela que j'ai adhéré", explique Juliette, 25 ans, toute nouvelle adhérente, qui a déjà fait son choix quant à son candidat. "Mme Royal incarne quelque chose de différent, de nouveau dans ce monde politique pas brillant, dont tout le monde a assez", argumente la jeune fille, impatiente d'aller saluer sa candidate préférée et de la prendre en photo.

L'assistance acquiesce lorsque Ségolène Royal affirme que "le pays a besoin de rétablir un ordre juste, avec une sécurité durable, un nouvel environnement. Et ces valeurs, dans la campagne présidentielle, seront portées par la gauche".

"Elles sont à l'opposé de celles du gouvernement Villepin-Sarkozy qui est en faillite sur tous les plan", insiste-t-elle.

Evoquant l'actualité, la députée des Deux-Sèvres juge aussi "insupportable" que "certains patrons d'entreprises partent avec un pactole alors qu'ils ont échoué dans leur tâche". "Dans le même temps, des salariés sont licenciés sans avoir fait de faute. C'est un désordre économique total", dénonce-t-elle.

L'ancienne ministre de François Mitterrand appelle enfin les convives à se tenir prêts car ils ont "un rôle éminent à jouer". "Je compte sur vous quand le moment viendra", conclut-elle, avant d'entamer le déjeuner.

Un pique-nique où la tarte au fraise n'était pas interdite au dessert. "J'aime beaucoup", affirme en riant Ségolène Royal, prise pour cible la veille par un entarteur lors d'un déplacement à La Rochelle, rappelant cependant que "les agressions physiques de toute nature ne sont pas acceptables".

Sources : 24 h

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 24 mai 2006

Les secrets de Ségolène

par Elise Karlin

 


La fulgurance de sa réussite a pétrifié ses adversaires. Ségolène Royal, nouvelle favorite des sondages, prend les «éléphants» à contre-pied: jamais d'offensive sur leur terrain, toujours à la manœuvre sur le sien… De Trouville-sur-Mer, où elle fit ses premiers pas en politique, à la présidence de Poitou-Charentes, qu'elle conquit vingt ans plus tard, elle s'est imposée, autant soutenue par certains socialistes que détestée par d'autres. Si elle forme avec François Hollande un couple en équilibre, c'est seule qu'elle phagocyte l'espace médiatique, véritable reine des icônes. Mais le monde tel qu'elle le voit reste obscur: le ton l'emporte sur le fond. Radiographie d'une femme et de sa stratégie

Ce jour-là, Jean-Marie Le Pen est d'humeur badine. Il y a environ un mois, il affrontait Jacques Chirac au second tour de l'élection présidentielle… Attablé entre deux journalistes, il revient sur le séisme du 21 avril 2002, évoque l'échec de Lionel Jospin et la déroute des socialistes. «Vous verrez, lance-t-il, soudain sérieux, à des interlocuteurs un peu déconcertés. Dans cinq ans, le candidat socialiste à l'élection présidentielle, ce sera Ségolène Royal!»

Le leader de l'extrême droite aura donc, le premier, anticipé l'engouement de l'opinion pour l'élue des Deux-Sèvres et l'opiniâtreté de la députée PS à aller au bout de l'aventure. Jean-Marie Le Pen ne la connaît pas - il l'a juste observée à la télévision. Il l'a regardée fonctionner avec les médias, il a écouté avec attention ses interventions, ministérielles ou non: il est désormais persuadé d'avoir raison. Le 14 juin, ce n'est plus une intuition, c'est une conviction.

Quatre ans plus tard, si Ségolène Royal n'est pas encore la candidate désignée par les socialistes, elle est la mieux placée dans les sondages pour les faire gagner en 2007. En quelques mois, démentant tous les pronostics qui la cantonnaient au rôle d'outsider, elle s'est imposée en favorite, sans rien changer de ses méthodes de travail. Au contraire: c'est en marge du parti qu'elle progresse et c'est dans une démarche personnelle qu'elle s'inscrit. Professionnelle de la politique, elle s'en tient à une campagne artisanale, banale avec démesure. Loin des meetings, qu'elle juge «ripolinés», de Nicolas Sarkozy et de sa machine de guerre UMP, Ségolène Royal a fait le pari de la simplicité. Mais quelle femme se cache derrière cette quinquagénaire à l'allure de jeune fille, apparemment modeste, apparemment aimable - apparemment différente?


Des expériences pénibles

Longtemps, ses relations avec ses collaborateurs ont alimenté une chronique quasi quotidienne de gracieusetés. C'était une secrétaire en larmes après un éclat de voix qui venait épancher ses sanglots dans le bureau du député d'à côté; c'étaient des chauffeurs ministériels exaspérés par la manière qu'elle avait de s'adresser à eux, au point qu'il fallait tout l'entregent de François Hollande pour les rasséréner autour d'un café; c'étaient des attachés de presse harcelés par une élue en quête permanente de notoriété, et qui changeait d'avis aussi vite qu'elle en donnait… A l'Elysée déjà, où elle occupa un poste de chargé de mission à partir de 1982, Ségolène Royal avait une manière bien à elle de fonctionner. L'une de ses spécialités? Attendre qu'un déplacement du président soit méticuleusement organisé, concerté, détaillé, bref, terminé, pour faire parvenir une note à François Mitterrand et attirer son attention sur telle ou telle situation locale. Si le chef de l'Etat jugeait opportun de s'y intéresser, l'emploi du temps dans son entier était à rectifier en urgence, au désespoir de toute l'équipe. «Une fois, se souvient un ancien ministre socialiste, la modification du parcours est arrivée si tard que les officiers de sécurité ont considéré qu'ils n'avaient pas le temps d'assurer le trajet de manière sérieuse.»
En ce temps-là, supporter Ségolène Royal n'était pas un vain mot. «Elle séduit au loin, elle irrite au près», résumait l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Sur les 16 membres de son cabinet enregistrés au mois de septembre 1997 par Les Cabinets ministériels, 8 ont disparu en septembre 1999: en deux ans, la ministre déléguée à l'Enseignement scolaire a perdu la moitié de ses collaborateurs; d'autres s'abritent derrière une seconde fonction au cabinet de Claude Allègre, terre d'asile pour ségolénistes persécutés. Pourtant, en mars 1997, c'est Allègre lui-même qui a convaincu Lionel Jospin, très réticent, de nommer Ségolène Royal au gouvernement. Le Premier ministre se propose alors de lui offrir un poste de secrétaire d'Etat; elle se bat jusqu'à ce qu'Allègre lui obtienne un poste de ministre délégué. Peu rompu à ces subtilités protocolaires, il ne sait pas qu'à la différence d'un secrétaire d'Etat un ministre délégué se voit attribuer des domaines précis et qu'il assiste à tous les Conseils des ministres.


Alain Etchegoyen, ex-conseiller de Claude Allègre au ministère de l'Education, vient de publier «Votre devoir est de vous taire», aux éditions de l'Archipel. Il y consacre un chapitre à ses relations avec Ségolène Royal, «une expérience qui restera parmi les deux ou trois plus décevantes et plus pénibles que j'ai faites dans le monde politique». Il dénonce un personnage «parasité par les questions d'image, qui l'obsèdent», et la difficulté de travailler avec elle: «J'ai toujours eu du mal à aborder les questions de fond avec Ségolène Royal, qui ne pensait qu'à faire des “coups''.»
Etchegoyen raconte aussi une entrevue qu'il a avec la ministre avant une interview sur Europe 1 consacrée à la pédophilie: elle se serait enquise auprès de lui des possibilités de démasquer les instituteurs pédophiles lors de leur visite médicale. Impossible, lui répond-il, effaré de découvrir l'amalgame entre pédophile et homosexuel.
Sentinelle de la cause féminine

Une anecdote que Ségolène Royal dément formellement, assurant n'avoir jamais abordé ce sujet avec le philosophe: le conseiller de Claude Allègre, affirme-t-elle, affichait à son égard au mieux de l'indifférence, au pis de la condescendance. En tout cas, rien qui s'apparente à une volonté de collaborer. Mais le petit monde qui gravite autour du PS bruit de cette histoire, amplifiée, déformée, complaisamment rapportée par plusieurs anciens ministres du gouvernement Jospin, et dont la version actuelle est contestée par Alain Etchegoyen lui-même. L'hostilité de certains socialistes à l'encontre de Ségolène Royal a pris de telles proportions qu'ils sont prêts à colporter le pire avec l'unique volonté de nuire.

Elle n'a jamais fait mystère de sa pudibonderie. Elle exècre les plaisanteries graveleuses, les bons mots égrillards qui détendent une réunion. A La Rochelle, lors du week-end traditionnel de l'université d'été du PS, rien ne l'agace comme les sourires de François Hollande aux blagues scabreuses qu'affectionnent François Rebsamen ou Julien Dray. Elle juge que ces propos dégradent l'image de la femme, au même titre que la pornographie ou certaines publicités, qu'elle combat. Virulente dans l'attaque, elle l'est aussi dans le propos. Au point, parfois, d'en laisser ses visiteurs pantois: au cours d'un déjeuner où elle reçoit quelques journalistes, à l'été 2000, la ministre déléguée à la Famille s'insurge ainsi contre la campagne d'une grande marque de cosmétique, Jeanne Piaubert, qui affiche en plan rapproché sur tous les murs de Paris un postérieur au galbe parfait. Ségolène Royal, qui vient déjà d'expliquer que sa petite fille de 8 ans ne porte plus de jupe courte depuis qu'une chute en rollers lui a attiré les commentaires déplacés d'un passant, dénonce l'image de «ces fesses offertes» et suggestives. «Quand on les voit», conclut-elle d'un ton sans réplique devant ses invités médusés, ce qui lui paraît venir immédiatement à l'esprit, c'est l'envie de «les sodomiser»!

Ségolène Royal s'est apaisée avec les années. Mais partisane engagée de la cause des femmes elle demeure, sentinelle éternelle sur le qui-vive, prompte à se rebeller lorsqu'un entretien lui paraît inéquitable: «Poseriez-vous cette question à un homme?» est devenu l'une de ses reparties favorites. Quitte à se vider de sens lorsqu'elle est lancée à un journaliste américain qui interroge la candidate potentielle sur la situation en Irak.

Sa pratique à la tête de la région Poitou-Charentes, la vie qui passe, aussi, semblent lui avoir donné l'assurance et la sérénité qui lui manquaient. Intellectuellement convaincue de sa cohérence, forte de la diversité de ses expériences - l'Elysée, l'Assemblée, la région - Ségolène Royal dit à présent qu'elle est une femme libre. Lorsqu'une interrogation lui déplaît, loin de la pression médiatique qui exigerait d'elle une foultitude de réponses engagées, elle se contente de l'écarter. Elle se fait confiance au point de refuser sans hésiter les situations imposées. Ce qu'elle pense de l'affaire Clearstream? Elle ne veut pas «improviser», dit-elle aux médias qui la questionnent à Bordeaux, le 6 mai, lors des états généraux du PS. L'engagement de la France au Proche-Orient doit-il, selon elle, rester plus favorable aux Palestiniens, qu'a toujours soutenus Jacques Chirac, ou pencher du côté d'Israël, comme l'avait amorcé Jospin? «Vous croyez vraiment que je vais répondre comme ça à cette question?» demande-t-elle au journaliste avec qui elle discute au téléphone. «C'est le degré zéro de la politique», constate un député socialiste, plus consterné qu'irrité. «C'est la bonne manière d'être prise au sérieux», affirme un autre, qu'elle a rencontré récemment. Il est sorti bluffé du déjeuner: «Elle parle d'un problème et elle propose une solution. Je lui demande si elle pense que cela va passer du côté des syndicats. Mais elle s'en fout! Elle est totalement en dehors d'un rapport de force, vous répond qu'il faudra bien se rendre à la raison et que, si on veut avancer, il faudra tout essayer.»
Sa force, c'est d'avoir désarçonné les éléphants du parti. Ils ne la comprennent pas, ils ne la devinent pas, ils ne l'anticipent pas. Elle n'est jamais là où ils pensent pouvoir la coincer. Tranquille, elle poursuit sa tournée des militants, indifférente au mauvais éclairage sur la scène de Rodez, au son inaudible dans le Pas-de-Calais. La même, qui se fait maquiller par le studio de France 3 avant les séances hebdomadaires de questions au gouvernement à l'Assemblée retransmises à la télévision, a fait une arme du côté «bricolé» de sa campagne au sein du PS. Elle n'a pas les moyens de ses adversaires, elle n'a pas leurs réseaux, elle n'a pas leurs soutiens, elle le revendique et va simplement son train. «Je ne m'interdis rien», répète-t-elle.

Parfois, elle commet des erreurs. «Je peux vous faire une confidence: mon projet sera socialiste!» s'écrie-t-elle en tribune lors d'une réunion publique, allusion à la phrase de Lionel Jospin qui amorça sa descente aux enfers en 2002: «Mon projet n'est pas socialiste.» Cette «confidence», c'est François Rebsamen qui la lui a soufflée. Mais il lui a vivement conseillé de la garder pour «plus tard», pour les heures noires où il faudrait, peut-être, contrer Jospin.

«Si tu voulais qu'elle le garde pour plus tard, il fallait le lui dire plus tard», constate François Hollande après que la «confidence» a fait le bonheur des journaux de 20 heures et - sans doute - mis Jospin de méchante humeur. Autre erreur: proposer à Bertrand Delanoë, dans le souci d'effacer le propos peu obligeant qu'elle a eu sur l'attitude de la France au moment des Jeux olympiques, de venir avec elle à Rome, où elle devrait soutenir le maire, Walter Veltroni, en campagne pour sa réélection. C'est mal connaître la proximité des rapports que l'édile parisien entretient avec ses homologues européens de gauche. C'est surtout ne pas avoir pris la mesure de la personnalité de Delanoë: voilà quelqu'un qu'on accompagne lorsqu'on a la chance d'y être convié, certainement pas l'inverse!

Dans ce monde dont les hommes incarnent la brutalité, Ségolène Royal a un atout majeur: sa féminité. Elle s'agace d'un article qui évoque la taille de ses talons ou la couleur de son tailleur - «Vous auriez écrit cela pour un homme?» - mais elle est habile à mettre en valeur un physique avenant. Les cheveux, qu'elle a dégagés vers l'arrière, les dents, qu'elle a remises d'aplomb - alors qu'elle accompagnait sa fille en visite chez l'orthodontiste, le médecin fit remarquer à la mère qu'elle aurait intérêt à se soigner. Certaines dents, devant, en chevauchaient d'autres: «Un défaut qui va s'accentuer avec le temps», avertit le praticien. Un appareil dentaire? Ségolène Royal n'imagine pas sourire sur des bagues métalliques. «Pas de problème, je vous les pose à l'intérieur.» Sitôt dit, sitôt fait. Désormais, l'élue dévoile une denture parfaite, et c'est toute la mise qui en paraît métamorphosée. D'autant qu'elle a rangé ses vestes Yves Saint Laurent, trop strictes, pour des tailleurs moins «couture» mais nettement plus «fashion».

Renouer avec le parti

L'allure paraît anodine - c'est pourtant l'un des éléments les plus visibles de la convergence entre cette femme et les aspirations d'une grande partie de la société. Ségolène Royal incarne, à tort ou à raison, un certain nombre des aspirations des Français à une société différente, tout en les rassurant sur la pérennité des valeurs ancestrales. «C'est une maman qui vous parle», peut-elle répéter sans embarras, sans se soucier des quolibets. «C'est gagné pour elle, qui offre une revanche à toutes les mères de France», écrit Daniel Bernard dans la biographie qu'il lui consacre aux éditions Jacob-Duvernet, Madame Royal.

Aujourd'hui, elle n'a cure des tensions qu'engendrent ses succès au sein de l'appareil socialiste et se fout des commentaires qui la clouent au pilori, walkyrie creuse avide d'éclat. Elle n'a pas forcément raison: si elle gagne la primaire interne, il lui reviendra d'animer l'ensemble de la machine, d'en être le «chef d'orchestre». L'une des raisons de l'échec de Lionel Jospin en 2002, c'est l'inadéquation entre un homme et son parti. A trop mener campagne sur ce qui la distingue du PS, Ségolène Royal, malgré l'appui de François Hollande, pourrait avoir du mal à renouer des fils, écheveau fragilisé face au rouleau compresseur de l'adversaire. Les français ont le sentiment de la découvrir. Mais c'est d'abord des socialistes qu'elle aura besoin pour la porter vers l'Elysée.
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Ségolène et eux
Des socialistes partagés


Celui qui y a toujours cru

Julien Dray (porte-parole du PS).

Ceux qui sont avec elle depuis le début de l'aventure

Michel Sapin (président de la région Centre).
Patrick Mennucci (vice-président de la région Paca).
Malek Boutih (secrétaire national chargé des questions de société).

Ceux que les sondages ont convaincus

Jean-Jack Queyranne (président de la région Rhône-Alpes).
Jean-Pierre Masseret (président de la région Lorraine).
Gérard Collomb (maire de Lyon).

Ceux qui ont démenti s'être ralliés

Jean-Yves Le Drian (président de la région Bretagne).
François Patriat (président de la région Bourgogne).
Michel Vauzelle (président de la région PACA).

Celui qu'on ne comprend pas: avec elle ou pas?
 

François Rebsamen (n° 2 du PS, maire de Dijon).

Celle qui la défend

Yvette Roudy (ancienne ministre).

Celles qui l'évitent

Anne Hidalgo (1re adjointe à la mairie de Paris).
Martine Aubry (maire de Lille, ancienne ministre).
Annick Lepetit (députée de Paris).

Ceux qui en disent du bien

Pierre Mauroy (ancien Premier ministre).
Vincent Peillon (député européen).
Arnaud Montebourg (député de Saône-et-Loire).

Les ennemis irréductibles

Jean Glavany (ancien ministre).
Bertrand Delanoë (maire de Paris).
Claude Allègre (ancien ministre).
Sources : L'Express
Par Adriana EVANGELIZT
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Jeudi 9 mars 2006

Mme Royal dispute "le monopole de la justice et de l'ordre" à la droite

 

par Isabelle Mandraud

Privas, en pays ardéchois, dans la plus petite préfecture de France avec ses 9 000 habitants, Ségolène Royal est venue soutenir, mercredi 8 mars, le candidat socialiste Yves Chastan - bien placé pour emporter la mairie détenue depuis un siècle par la droite, à la faveur d'une élection anticipée. La présidente socialiste du conseil régional de Poitou-Charentes a ciblé tout son discours sur le thème de la famille et a parlé, vingt-cinq minutes durant, autant de fois d'"ordre" et de "valeurs" que de "pouvoir d'achat".

Malgré l'heure tardive, 22 heures, due au retard de Mme Royal, un millier de personnes attendaient dans la salle des fêtes - du jamais vu dans une fédération socialiste qui ne compte, pour tout le département, que 600 cartes. "Lorsque les jeunes ont peur de leur avenir, c'est tout le pays qui a froid. Il est temps de redonner de la valeur au travail et à l'effort", a-t-elle commencé. A ses yeux, le contrat première embauche (CPE) du gouvernement de M. Villepin n'est pas seulement le symbole du "travail jetable", il est aussi le signe d'une "concurrence entre générations". En Poitou-Charentes, la candidate non déclarée à l'investiture de son parti pour 2007, vient d'ailleurs d'interdire, à l'issue d'une délibération de son conseil, tout versement d'aides régionales pour l'emploi aux entreprises qui utiliseraient des contrats nouvelles embauches (CNE) et des CPE.

A Privas, Ségolène Royal a surtout insisté sur la nécessité de "donner aux jeunes le sens de l'effort et de la réussite", sur le besoin de "salariés motivés, bien formés et bien payés" car, alors, "les parents s'occupent bien de leurs enfants". Elle a dénoncé la précarité et "l'instabilité du logement qui conduit à l'instabilité de la vie de famille", et la situation de ces "personnes âgées qui ne font plus qu'un repas complet par jour".

"Ce gouvernement est celui de la pagaille et de l'improvisation, a-t-elle poursuivi. Il est temps de remettre dans ce pays un ordre juste et une sécurité durable." La socialiste dispute le terrain à ceux qui " s'arrogent le monopole de la justice et de l'ordre", et prône "le retour des repères". "La politique n'a jamais été aussi vivante, aussi nécessaire, s'est-elle enthousiasmée. Reprenant pied à gauche, l'élue socialiste a réclamé un "service public universel et gratuit de la petite enfance" et s'est élevée contre "l'explosion des cours privés" dans l'éducation nationale.

Elle a conclu par un vibrant "tous ensemble, en ramassant nos énergies, nous remettrons le pays debout". "C'est un vrai discours droitier", a grincé l'un des militants communistes invités au meeting. Mais côté PS, l'enthousiasme des femmes a supplanté les hésitations des autres. "A l'Elysée, ma petite !", a lancé une dame. "Elle colle à la réalité sociologique du pays mais c'est un discours décapant qu'on n'a pas l'habitude d'entendre à gauche", a jugé Pascal Terrasse, député socialiste de l'Ardèche.

Sources : LE MONDE

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 15 février 2006

Un article de 2004 mais intéressant et instructif... d'autant que Carl Meeus est très talentueux...

Poitou-Charentes : le laboratoire de Ségolène Royal

par Carl Meeus

Conseil régional La nouvelle présidente de région s'engage dans une opération de mise au point avec son administration. Rigueur et actions sont au rendez-vous. La droite conteste !

«Nous ne sombrons jamais dans la monotonie ! » Cette litote d'un collaborateur de Ségolène Royal à la région Poitou-Charentes suffit à résumer le tourbillon qui s'est abattu sur le conseil régional depuis le 28 mars dernier.

Avec l'arrivée de Ségolène Royal aux commandes de la région présidée naguère par Jean-Pierre Raffarin, rien n'est plus comme avant. Il faut dire que l'ancienne ministre n'est pas la moins habile quand il s'agit de faire parler d'elle et de son action. Depuis cinq mois, il ne se passe pas une semaine sans qu'une annonce chasse l'autre : de l'anecdotique réduction du parc automobile au lancement du chèque-livres assurant la gratuité des livres scolaires pour les lycéens. La nouvelle présidente sait qu'elle dispose de peu de temps pour marquer les esprits. La conjoncture s'y prête : cinq mois après son élection, elle bénéficie toujours de l'état de grâce. Dans le TGV qui l'emmène toutes les semaines de Paris à Poitiers, Ségolène Royal peut vérifier sa popularité auprès des voyageurs. Elle n'hésite d'ailleurs pas, pendant le trajet, à s'installer auprès d'eux pour discuter de leurs attentes. « Ce sont mes capteurs », dit-elle, avec les mots... du Premier ministre, persuadée de la popularité des premières mesures qu'elle a prises.

Notamment la fermeture de la Maison du Poitou, que Jean-Pierre Raffarin, alors en charge des destinées de la région, avait ouverte à Paris. Le Premier ministre expliquait qu'il y puisait des informations auprès de ses visiteurs. « C'était un bastion de l'UMP », prétend un membre de la majorité de gauche. Ségolène Royal compte fermer la péniche dont la précédente majorité disposait également à Paris, ainsi que ses bureaux bruxellois et un immeuble à La Rochelle. L'argumentation de gaspillage des deniers publics pour justifier ces fermetures a fort peu été appréciée par la droite. Elisabeth Morin, ancienne présidente de la région, dénonce violemment « la casse entreprise par Mme Royal pour établir un pouvoir personnel ». Pour elle, la Maison du Poitou à Paris se justifie par le fait que l'Ile-de-France représente plus de 30% des touristes qui sillonnent la région. « On joue aux apprentis sorciers. Elle va finir par louer des bureaux. En outre, elle applique une politique inverse de celle de ses amis socialistes, qui, à l'instar d'Alain Rousset en Aquitaine, ont ouvert il y a peu une antenne dans un quartier prestigieux de Paris. »

Depuis le 28 mars, en Poitou-Charentes, l'ambiance est plus électrique qu'ailleurs. A la traditionnelle bataille politique droite-gauche s'ajoute l'exacerbation des passions liée à la manière dont Ségolène Royal conçoit son mandat. De la même façon qu'elle avait subtilisé au ministre de la Justice le sujet du droit de la famille quand elle était ministre déléguée, elle compte profiter de son mandat pour élargir ses attributions. Ainsi a-t-elle décidé, la région s'occupant des lycées, de préempter les sujets liés à la prévention de la santé des lycéens. Même façon de procéder pour les annonces sur l'interdiction des essais et cultures d'OGM en pleins champs ou sur la suppression des insecticides Gaucho et Regent.

C'est aussi la façon dont elle politise systématiquement ses annonces qui accentue les tensions avec la droite. Au point que celle-ci, par la voix d'Elisabeth Morin, attaque déjà Ségolène Royal sur ses futures ambitions supposées : « Elle met en place une assise personnelle tournant le dos à l'intérêt régional. Ça me laisse triste, déplore-t-elle . Quand on est élu, c'est pour servir les citoyens plus que pour se servir. »

Cible de la droite

Elevée à l'école de François Mitterrand, dont elle fut l'une des conseillères lors de son premier mandat à l'Elysée, Ségolène Royal ne se laisse pas démonter par ces attaques. Au contraire, le combat politique la stimule; elle répond du tac au tac. « Quand je suis arrivée, le bureau du président du conseil régional était vide, s'étonne-t-elle. Le seul meuble était une table ronde. Sans ordinateur ni téléphone ! Le bureau ne servait que pour des réunions ! Par principe, j'ai divisé par deux les frais de fonctionnement, qui s'élevaient à 2 millions d'euros... »

Par ailleurs, pour couper l'herbe sous le pied de ses détracteurs, elle a immédiatement fait savoir qu'elle demandait un audit des comptes et réduisait le budget promotion et communication de 2,8 millions d'euros. Elle a encore annoncé 400 000 euros d'économies supplémentaires sur les déplacements à l'étranger, le parc de voitures et autres frais divers. Une technique déjà éprouvée par Bertrand Delanoë à son arrivée à Paris en 2001 : insister sur les dépenses, forcément somptuaires, et le laxisme budgétaire des prédécesseurs.

Le combat a été houleux, le 28 juin, lors de la première session du conseil régional consacrée au budget rectificatif. « Nous avons trouvé une situation qui ne correspondait pas à ce que la précédente majorité avait décrit. Nous avons dû opérer une remise en ordre du budget », attaque Jean-François Fountaine, premier vice-président de la région. Et de citer le coût de la participation de la région au Salon de l'agriculture cette année : « Sur un budget de plus de 3 millions, 1,6 million n'a pas été financé. Même chose pour une publicité télévisée, dont la facture de plus de 1 million vient d'arriver. » Evidemment, la droite conteste cette version des faits et proteste contre la décision prise de recourir à un nouvel emprunt de 17 millions d'euros. « Je n'en vois pas l'utilité. C'est un emprunt de confort », tonne Alain Garcia, élu de droite au conseil régional. « Elle se fait voter un matelas supplémentaire inutile puisque la région avait déjà voté un emprunt de 77 millions ! Il doit y avoir des besoins autres à financer...», suggère Elisabeth Morin.

La présidente ne se trouble pas. Là où ses adjoints répondent sur le terrain économique ou gestionnaire, elle réagit en pure politique : « Nous aurions nettement préféré orienter cet argent vers les emplois tremplins ou les formations. Régler leurs factures, c'est autant de moins pour développer nos actions. Bien sûr, politiquement, nous aurions pu augmenter les impôts. C'était facile, nous aurions dit, c'est l'impôt Raffarin pour mettre de l'ordre dans les comptes. » Le baptême du feu est passé avec succès. Il faut dire qu'avec le nouveau mode de scrutin la droite est réduite à sa portion congrue, doublement assommée par ses défaites aux régionales et aux européennes.

Ségolène Royal sait qu'elle concentrera sur sa personne toutes les flèches. Ses 46 % du premier tour, sa victoire contre la liste soutenue par le Premier ministre en ont fait la cible de la droite. Mais la gauche l'observe également attentivement , soucieuse de son nouveau statut de porte-parole des régions. « Je suis sous observation », constate- t-elle. Son expérience de la démocratie participative relègue les compte rendus de mandat de Bertrand Delanoë au rang de simple gadget. Sur la gestion de l'eau, elle a tenu une réunion devant plus de 350 personnes. Elle fera pareil, à la rentrée, sur les lycées.

Tout cela l'oblige à être en permanence en mouvement. Un peu à la manière d'un Nicolas Sarkozy, elle lance des initiatives tous azimuts, empiète sur les territoires des autres, exige de son administration un dévouement exemplaire. Dès le lendemain de son arrivée à la présidence, elle remplace le directeur général des services par son ancien directeur de cabinet au ministère de la Famille, Jean-Luc Fulachier (voir encadré), et met à la retraite le directeur général adjoint six mois avant la date prévue de son départ. « Je sais que c'est moi seule qui devrais assumer politiquement l'échec. Donc, même si je délègue beaucoup, je veux tout contrôler », prévient-elle. Ce qui donne lieu à de cocasses situations. A son arrivée, elle décide de laisser ouvertes en permanence les grilles du conseil régional. Quand elle revient la semaine suivante, elle les retrouve fermées. Argument imparable du responsable : si c'est ouvert, les gens croient que c'est un parking ! Il en faut plus pour freiner la présidente. Ségolène Royal demande l'installation de pots de fleurs pour barrer le passage aux voitures et laisser libre l'accès aux habitants de Poitiers. Deux semaines plus tard, rien n'est fait ! « Mon directeur de cabinet et moi avons placé les pots nous-mêmes », se félicite-t-elle aujourd'hui, ravie d'avoir démontré qu'elle tenait à ses décisions, quitte à les appliquer elle-même.

Recadrage ambitieux

« J'ai observé François Mitterrand à l'Elysée : il s'occupait de tous les détails. » Elle décide de faire comme lui. Quitte à bousculer les habitudes et une administration rétive. « Tout ce que je voulais bouger, c'était interdit. Comme en 1981, quand la gauche est arrivée au pouvoir, ils consi- dèrent que nous sommes des imposteurs. » Tenace, Ségolène Royal vérifie tout. L'administration lui soutient qu'il est impos-sible de changer le marché attribué à un entrepreneur en position de quasi-monopole ? Elle se plonge dans le Code des marchés publics, consulte un avocat et impose que les buffets servis au conseil régional soient composés avec des produits régionaux. Un directeur de lycée lui affirme qu'il doit faire un appel d'offres pour réparer des douches ? Elle le harcèle pour qu'il entame les travaux : « Si vos enfants étaient dans ce lycée, laisseriez-vous les douches dans cet état ? »

Ségolène Royal, fidèle à sa démarche, s'embarrasse peu de froisser les suscepti- bilités. Elle veut des résultats immédiats. « Il faut être aux manettes maintenant, tailler sa route pendant l'état de grâce. En septembre, ce sera presque trop tard. » En revanche, elle a compris qu'elle devait se concentrer sur la région et ne pas céder aux sirènes de sa nouvelle popularité. Il lui a fallu sa participation à l'émission de France 2 « 100 minutes pour convaincre », face à Philippe Douste-Blazy, pour comprendre qu'elle ne devait pas se disperser. « Je me suis plantée », reconnaît-elle. C'est en misant tout sur Poitou-Charentes que Ségolène Royal pense avoir des chances de gagner son pari, et de s'ouvrir de nouveaux horizons.

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Quand la future présidente du conseil régional de Poitou-Charentes l'a appelé entre les deux tours des élections régionales pour lui proposer de diriger son cabinet et les services de l'administration, Jean-Luc Fulachier n'a pas hésité longtemps. « Il est arrivé à Poitiers avec son sac de couchage, se souvient, amusée, la présidente. A nous deux, on a tout installé. »

Cet énarque de 42 ans, administrateur civil à Bercy, qui a été conseiller social de Dominique Strauss-Kahn, puis, pendant deux ans, directeur de cabinet de Ségolène Royal au ministère délégué à la Famille, a ouvert une nouvelle voie en acceptant de venir diriger une région. Sachant que le cabinet de la présidente - trois personnes pour le moment - s'étoffera au fur et à mesure, notamment avec le recrutement d'un chef de cabinet « politique ».

Il se félicite de son choix : « Ici, il n'y a ni Bercy ni Matignon au-dessus de nous. On assume tous les champs d'intervention. » D'autant que la feuille de route fixée par Ségolène Royal est longue. A son poste, Jean-Luc Fulachier a dû s'assurer de la loyauté d'une administration gérée depuis quinze ans par la droite, remotiver des cadres déboussolés, peu habitués aux méthodes de la nouvelle présidente, la rassurer, elle, sur l'avancement des dossiers, trouver des idées nouvelles... Par rapport à Bercy, quel changement ! « Là-bas, on est à deux doigts de tomber dans la complexité et la prudence sur chaque projet. Du coup, tout est verrouillé. Je suis persuadé qu'on n'aurait jamais pu monter l'opération chèque-livres en trois mois dans l'administration d'Etat. »

Carl Meeus

Sources : LE POINT

Posté par Adriana Evangelizt

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Vendredi 10 février 2006

Alors nous vous conseillons d'écouter le petit reportage où quelques militants socialistes sont interrogés et où il est question de Ségolène... c'est ICI... il faut cliquer sur Ecoutez au-dessus de la tête de Jospin.

Jospin-Royal : le duel à distance

 

Lionel Jospin et Ségolène Royal s'activent à quelques mois de la désignation du candidat socialiste à la présidentielle...

La présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes sera aujourd'hui à Arras. Pour la candidate préférée des Français dans les sondages, ce déplacement dans l'une des quatre grandes fédérations socialistes a valeur de symbole. La compagne de François Hollande est à la recherche d'une vraie légitimité auprès des militants. L'ancien premier ministre, de son côté, était hier à Toulouse, une journée chargée avec dédicace de son livre, interviews, débats avec les étudiants de Sciences Po. Lionel Jospin entretient son ambiguïté sur son éventuelle " disponibilité " à l'automne prochain pour la désignation du candidat. La semaine dernière, il affirmait qu'aucun leader socialiste ne s'était encore démarqué. Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang font tout pour lui démontrer le contraire...

Sources : YAHOO

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Dimanche 5 février 2006

Ségolène Royal défend les "valeurs humaines"


La présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, s'est faite vendredi 3 février l'avocate des "valeurs humaines" au détriment des "valeurs financières ou matérielles", justifiant ainsi son hostilité au Contrat de première embauche (CPE) pour les jeunes.
Ségolène Royal rendait visite, porte de Versailles à Paris, à quatre entreprises de sa région au Salon de la mode internationale de la chaussure (MIDEC), dont une fabrique de charentaises.
Elle en a profité pour saluer l'importance des terroirs. "Il faut avoir les pieds bien plantés sur terre. Plus on a des racines profondes, plus on peut s'élever vers le ciel (...). C'est vrai de toutes les activités humaines", a affirmé la candidate favorite des Français à gauche pour l'élection présidentielle de 2007.

Dévalorisation du travail

De la visite de quelques stands, entourée d'une nuée de photographes et de cameramen, "Ségolène" a tiré quelques leçons, à caractère humaniste, sur sa conception de l'entreprise et de l'économie.
"Il faut faire que les valeurs humaines l'emportent toujours sur les valeurs financières ou matérielles", a-t-elle expliqué.

A propos du CPE, Ségolène Royal a déclaré : "c'est une très mauvaise manière faite aux jeunes. Cela dévalorise le travail. On n'a pas le droit de dire aux jeunes qu'une société ne propose que de la précarité (...) Le gouvernement Villepin a agi par pure idéologie libérale. Il met en avant les valeurs financières avant les valeurs humaines".

Sources : NOUVEL OBSERVATEUR

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Par Adriana EVANGELIZT
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Vendredi 20 janvier 2006

Pour ceux qui doutent des capacités de Ségolène à gouverner, voici donc quelques initiatives et réalisation dans son propre fief en Charentes-Poitou. Ce qui n'est déjà pas rien. On notera ses initiatives pour les élèves et les professeurs... pour la gratuité des trains régionaux ou presque -1 euro-... son intérêt écologique pour l'eau pluviale... entre autres...

Votation, solidarités, éco-consommation

par Nathalie Métayer

Ubacto



 

 

Le "carton" de Ségolène Royal adressé aux médias pour le vendredi 6 janvier 2006 précisait "Je vous invite à nous retrouver pour un moment convivial au cours duquel j'aurai le plaisir de vous présenter mes voeux ainsi que les points forts de l'année 2006 pour la Région". Elle s'est tenue à ce programme. Accordant à son déplacement, le lendemain pour soutenir la candidate socialiste Michelle Bachelet élue depuis présidente du Chili sa seule concession "extraterritoriale". Laissant glisser les questions sur le "baromètre présidentiable", enthousiaste ou en colère, elle a fait le point sur les dossiers d'actualité régionale. Sur le mode de "la preuve par l'exemple", il a été question de l'accès au haut débit pour l'aménagement du territoire ; de recrutements pour l'éducation et la culture ; de la récupération des eaux pluviales pour l'environnement ; des pôles de compétitivité pour le développement économique et du trajet à 1 euro pour les T.E.R (Trains Express Régionaux).



Haut débit sans fil : Wimax, une candidature collective portée par la Région


Premier développement autour de l'actualité du jour. Les acteurs avaient jusqu'au 6 janvier 17h pour se porter candidats auprès de l'ex A.R.T (Autorité de Régulation des Télécommunications), devenue en 2005 l'A.R.C.E.P, autorité régulatrice des Communications Electroniques et des Postes. Objectif : se positionner pour l'attribution d'une licence d'exploitation Wimax. En clair, l'obtention d'une fréquence sur la bande 3,5 Ghz qui permet de déployer un réseau sans fil sur une zone beaucoup plus étendue que le Wi-Fi.

À la maison ou au bureau, le Wi-Fi permet de créer un "réseau local" qui relie les ordinateurs entre eux sans câbles et aussi de partager une connexion internet. Le Wimax fonctionne sur le même principe mais à l'échelle d'un territoire. Concrètement, c'est une solution pour "apporter" le haut débit dans les zones rurales à faible densité de population qui ne sont pas couvertes par l'A.D.S.L ou le câble. Pour les collectivités qui sont aujourd'hui autorisées à se positionner comme opérateur, être titulaire d'une licence Wimax est un outil précieux pour réduire la fracture numérique.

Le Poitou-Charentes n'est pas l'unique Conseil régional candidat. Par contre, a précisé Ségolène Royal, il semble que ce soit le seul qui s'est positionné dès le départ autour d'un projet qui fédère les principales collectivités au-delà des différentes sensibilités politiques. Déposée par le Poitou-Charentes, la candidature réunit les quatre départements et les cinq grandes agglomérations de la Région. Un bel exemple "d'intelligence territoriale", chère à Claude Belot qui l'a appliquée en décidant de rejoindre le "collectif" alors que la Charente-Maritime envisageait de porter un dossier départemental.

Premier coup de gueule : autour de la bataille pour l'éducation et la culture


"Je suis en colère !", d'un ton calme et ferme, Ségolène Royal a dénoncé vigoureusement la suppression programmée de plus de 200 postes d'enseignants dans les lycées et collèges de la Région. Elle a pointé "le grand écart entre le discours du gouvernement sur l'insertion des jeunes et les actes avec ce déshabillage de l'éducation nationale". Au point de se demander si cette tendance nationale n'avait pas encore été renforcée pour le Poitou-Charentes. La Région a rappelé la présidente réalise pour sa part un effort très important en finançant cette année 540 emplois dans le secteur de l'éducation et de la culture. Nous allons former 90 animateurs culturels le 23 janvier prochain ! Rappelant aussi dans ce domaine les autres actions comme la gratuité des manuels scolaires pour les lycéens, la création de l'École de la deuxième chance, et les moyens engagés pour développer l'apprentissage.

Donner les moyens aux pôles de compétitivité sans attendre les aides de l'État


L'idée des pôles de compétitivité régionaux soutenus et labellisés par l'État est une bonne idée a souligné Ségolène Royal, d'ailleurs toutes les régions ont "joué le jeu". Mais, a-t-elle déploré, concernant la fiscalité ou les subventions pour la recherche, elles ne voient toujours pas la moindre aide opérationnelle de l'État arriver. Les seuls financements à ce jour étant dédiés au montage des dossiers.

Donc, nous avons pris acte et lancé une labellisation à l'échelle régionale dans trois grands secteurs : les éco-industries, la vallée de l'image et la gestion des risques. En votant un plan d'aide à l'innovation, nous répondons aux carences de l'État. Ceci nous permet de débloquer rapidement des financements, en particulier pour la recherche. En concluant sur le nécessaire développement de ces pôles pour défendre l'emploi, maintenant et dans le futur.

Par ailleurs, les élus référents de la majorité régionale s'engagent pour accompagner les porteurs de projets dans le cadre de l'appel lancé par l'État pour la création des pôles d'excellence rurale.
Aller plus loin sur les sites du gouvernement : les pôles de compétitivité régionaux et les pôles d'excellence rurale

La récupération des eaux pluviales : autant de gouttes d'eau économisées


En préambule, la présidente est revenue sur la mise en cause de la Région dans sa gestion des réserves d'eau en rappelant qu'aucune solution n'aurait permis de les remplir ! Puis elle a détaillé l'action menée en direction des professionnels du bâtiment et du grand public pour favoriser le développement des dispositifs de récupération des eaux pluviales.
En savoir plus sur cette action (archives ubacto, décembre 2005)

Maintien des opérations "T.E.R" à 1 euro le trajet !


Dans le contexte d'une actualité marquée par la violence sur le réseau T.E.R en Région PACA, Ségolène Royal a affirmé sa volonté de maintenir le cap de son action "un trajet =1 euro". La prochaine aura lieu à l'occasion du Festival de la BD d'Angoulême le week-end des 28 et 29 janvier. À termes, elle évoque la perspective de proposer le même tarif-découverte, le mercredi une fois tous les quinze jours sur tout le réseau T.E.R du Poitou-Charentes. Pour conclure, elle a appelé chacun à se concentrer sur ses responsabilités : l'ordre public à l'État et les T.E.R aux Régions.

Sources : UBACTO

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Par Adriana EVANGELIZT
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Dimanche 18 décembre 2005

Royal destin

par Elise Carlin


S'il est exact que l'enfance esquisse tout un destin, Ségolène Royal peut remercier son père. En alliant la brutalité de Folcoche à l'austérité des corps d'armée, il a insufflé à celle qu'il appela longtemps «la meilleure de [ses] filles» une force de caractère et une «aptitude à l'insoumission» sans lesquelles la vie qu'elle s'est choisie n'aurait pas été possible. Toute la première partie de Madame Royal, la biographie écrite par le journaliste Daniel Bernard, est à cet égard la plus intéressante, qui perce la carapace comme d'autres pèlent un oignon, méticuleusement, jusqu'à mettre à nu l'opercule fragile et tendre du plus secret. Ses libertés arrachées à un chemin trop vite tracé, une vie qu'elle prend en main et qu'elle se plaît à donner à voir, les hommes, qu'une méfiance viscérale tient encore à distance: autant de fils que dénoue Daniel Bernard d'une plume sèche et précise.


Mais la qualité de l'écriture ne pallie pas la faille du livre: alors que Ségolène Royal se prend à rêver d'une destinée présidentielle, et à l'afficher dans Paris Match, à aucun moment il n'est question dans sa biographie de ses lacunes idéologiques, dont d'ailleurs elle n'a cure, ni de la rudesse de ses manières. Certes, une vraie sensibilité à certains problèmes de société la met en phase avec l'opinion; il lui faudra pourtant étoffer un peu sa pensée pour crédibiliser ses avancées dans la mêlée.
Madame Royal, par Daniel Bernard, éd. Jacob-Duvernet, 20,95 €.
Sources : L'EXPRESS
Par Adriana EVANGELIZT
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Dimanche 18 décembre 2005

Son bureau


Dernier étage de la Maison de la région, le bureau de la présidente. «J'ai commandé le meuble, les huit fauteuils et les deux consoles au Pôle régional des métiers d'art, en prenant mes fonctions», commente Ségolène Royal lors de cette visite guidée (c'est plus précisément l'artiste poitevin Dominique Maltier qui a réalisé l'ensemble). Surprise: à part quelques photos de ses enfants et de François Hollande, elle n'a rien de personnel dans la pièce. Elle a même conservé l'œuvre (en loupe d'orme) de Francine Guyon, laissée par Jean-Pierre Raffarin. Juste à côté de son ordinateur, une petite rainette en verre poli: «Un cadeau des militants de la section PS de Niort après que Philippe de Villiers m'eut traitée de "grenouille du Marais poitevin"», explique-t-elle en riant.


Puis la litanie des présents reçus depuis son élection à la tête de Poitou-Charentes donne vite des airs de «musée de la présidente». «Ces objets ont de la valeur pour moi», confie-t-elle. Là, une bonbonnière offerte par Jean-Paul Denanot, le président (PS) du Limousin; ici, la délicate attention de Jean-François Fountaine, pour fêter leur victoire, en mars 2004: une très ancienne carte du Poitou et des Charentes. Ammonite en céramique de l'atelier d'insertion de Thouars, sculpture primée de Bressuire, secrétaire réalisé par l'atelier de marqueterie du lycée Auguste-Perret, à Poitiers, notamment, voisinent avec une œuvre d'Eléonore Lepièce, artiste belge installée en Charente.

De même, diverses autres créations ou productions locales jouent des coudes avec une multitude d'ouvrages touristiques sur la région, la somme d'Alain Ducasse sur la gastronomie - «Il va peut-être ouvrir une université culinaire à Cognac», se réjouit Ségolène - et un drôle d'opuscule, Jeanne la rebelle, une Niortaise dans la tourmente du siècle. Une femme dont l'engagement passionne Mme Royal. Une disciple avant l'heure?

Sources : L'EXPRESS
Par Adriana EVANGELIZT
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Dimanche 18 décembre 2005

L'exception charentaise


par Philippe Bidalon

 

Entre les militants socialistes de Charente et la présidente, le courant a du mal à passer


L'air de l'atypique et complexe Charente semble ne pas réussir à la nouvelle présidente du conseil régional. Aussi surprenant que cela paraisse, c'est dans ce département, qui lui a offert son meilleur score (57,9%), qu'un oursin rose s'est glissé dans ses escarpins. Il faut dire que cela avait mal commencé: en contestant et en modifiant, en 2004, l'ordre de la liste départementale qu'elle avait adoubée, les militants socialistes charentais l'avaient passablement irritée. Puis, au lendemain de son sacre régional, le basculement à gauche du conseil général l'obligea à partager la Une de La Charente libre. Enfin, au sein de la fédération du PS, les vigoureux appels à voter non, en juin dernier, et, récemment, à renvoyer le premier secrétaire, François Hollande, dans son foyer ne risquaient pas de détendre l'atmosphère ! Jusqu'à la divine surprise de la victoire de la motion Hollande, qui fragilise les fabiusiens à la tête du PS charentais.


La Walkyrie du Poitou n'aime pas qu'on lui résiste. Est-ce pour cela qu'elle s'est opposée au choix du nouveau site du Fonds régional d'art contemporain (Frac) à Angoulême, et a annoncé la fin des subventions à Magelis et aux Gastronomades, avant, à chaque fois, de se raviser ? A la Maison de région, elle débaptise la salle Chardonne, écrivain charentais très prisé par Mitterrand et qui avait choisi le mauvais camp pendant l'Occupation. En visite à Cognac, en compagnie d'une des vice-présidentes PS, Catherine Quéré, productrice de pineau en Charente-Maritime, Royal déclare devant les caméras d'Envoyé spécial (France 2) que, «pour prendre cette ville à la droite, il faudrait une femme notable de centre gauche…». Michel Gourinchas, secrétaire fédéral du PS et candidat déclaré à la mairie, a apprécié ! Aussi, lorsque la présidente a fait savoir qu'elle ne pourrait pas être présente au vernissage de l'exposition Cent Ans de socialisme, au couvent des Récollets, les militants cognaçais du PS se sont vite consolés.
Sources : L'EXPRESS
Par Adriana EVANGELIZT
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