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SEGOLENE VU DE L'ETRANGER

Jeudi 10 mai 2007

Voir les scoresSarkozy Royal en Israël et la joie d'Olmert...

Français de l'étranger :

Sarkozy vainqueur en Israël, Royal en Islande

 



Si les Français de l'étranger ont voté Nicolas Sarkozy (53,99%), les disparités sont grandes selon les pays, Ségolène Royal signant son meilleur score en Islande (87%) pendant que le candidat de l'UMP frôle les 90% en Israël, selon des chiffres du Quai d'Orsay.

 Vainqueur dans les trois plus importants pays d'accueil pour les expatriés français, en Suisse (57,3%), aux Etats-Unis (63,7%) ou au Royaume-Uni (53,3%), le nouveau président de la République a par contre été devancé par la candidate socialiste en Allemagne (40,9%). De même, Mme Royal s'est imposée au Canada (53,9%), où on ne lui a visiblement pas tenu rigueur de ses propos sur "la souveraineté et de la liberté du Québec", fin janvier. Si Nicolas Sarkozy a drainé 70,9% des suffrages à Malte, où il vient de passer trois jours de repos sur le yacht de Vincent Bolloré, c'est en Israël (89,6%), à Monaco (83,4%) et en Arménie (79,8%) qu'il réalise ses meilleurs scores.


De son côté, Mme Royal a largement dominé l'Islande, le Népal (81,5%) et l'Algérie (80,5%). Egalement victorieuse en Tunisie (70,5%), la candidate socialiste est par contre devancée au Maroc (48,1%). Dominateur dans la plupart des pays d'accueil pour grandes fortunes françaises en exil, en Suisse, à Monaco, mais aussi au Luxembourg (61,4%), en Andorre (70%), aux Bahamas (78,1%) ou en Belgique (53,7%), le nouveau chef de l'Etat a également signé des scores importants dans des régimes partisans d'une économie moins libérale. Il atteint 70,1% en Chine, 69,1% au Venezuela de Hugo Chavez ou 54,1% au Brésil de Lula. C'est par contre Ségolène Royal qui s'est imposée chez Fidel Castro à Cuba (57,3%) ou chez Evo Morales en Bolivie (68,8%). De même, la candidate socialiste a gagné l'Afghanistan (68,9%), malgré sa phrase sur "le régime taliban". Epinglé en 2004 par la presse nippone pour ses propos désobligeants sur le sumo, le sport national de l'Archipel, M. Sarkozy a pourtant séduit 54,5% des Français installés au pays du soleil levant. Quant à Mme Royal, elle n'a pas bénéficié au Chili de son amitié avec la présidente socialiste Michelle Bachelet, n'obtenant que 40,4% des suffrages à Santiago.


Née au Sénégal, la candidate socialiste a par contre drainé la majorité des voix (54,8%) à Dakar. De même, Nicolas Sarkozy, fils d'un immigré hongrois, est en tête à Budapest, avec 61,9% des suffrages. Le nouveau président manque d'ailleurs de peu le grand chelem dans les anciens pays d'Europe de l'Est, où il s'impose largement en Pologne (70%) ou en Roumanie (69,6%), ne concédant à Mme Royal que la Macédoine (48,3%). Au sein de l'ex-URSS, les résultats sont à peine plus partagés, le candidat de l'UMP s'imposant largement en Russie (68,7%), en Ukraine (59,3%) ou au Turkmenistan (78,8%). Son refus de voir entrer la Turquie dans l'Union européenne a par contre pénalisé Nicolas Sarkozy, les Français d'Ankara ou d'Istanbul votant à 66,4% pour Mme Royal. La vieille amitié de Jacques Chirac pour le Liban a par contre servi le candidat de l'UMP, avec 71,5% des voix à Beyrouth.

Sources Tageblatt

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Jeudi 3 mai 2007

Blair dit avoir appris à "apprécier" Sarkozy,

n'avoir jamais rencontré Royal

 

Le Premier ministre britannique Tony Blair a dit avoir "appris à connaître et à apprécier" Nicolas Sarkozy, le candidat de l'UMP à la présidentielle, dans une interview à l'hebdomadaire français Paris Match, alors qu'il n'a "jamais rencontré" Ségolène Royal.

Interrogé pour savoir s'il était plutôt partisan de l'ex-ministre de l'Intérieur ou de la candidate socialiste, M. Blair, issu du parti travailliste, a répondu : "la décision appartient aux Français!".

Il a expliqué avoir une position "délicate": "je n'ai jamais rencontré Ségolène Royal, mais je connais bien Nicolas Sarkozy. Nous avons travaillé ensemble sur les problèmes d'immigration clandestine lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. J'ai appris à le connaître et à l'apprécier. Lors de nos discussions, il s'est montré ouvert et a fait preuve d'esprit de décision", a dit M. Blair.

Invité à commenter le fait que certains appellent Nicolas Sarkozy le "nouveau Blair", le Premier ministre britannique a déclaré: "le pauvre! c'est un lourd fardeau à porter!"

Quant à l'idée d'un possible "blairisme à la française", elle a suscité les rires de Tony Blair. "Chaque pays doit trouver sa propre voie", a-t-il jugé, avant de détailler toutefois son "idée": "il faut mettre de côté les vieilles idéologies, de gauche et de droite, et trouver un nouveau chemin où se combinent prospérité économique et justice sociale".

Le Premier ministre britannique, qui a donné une large partie de l'interview en français, s'est dit "fan" de la France, "une grande nation européenne" et "un grand pays" qui comprend de "grands talents", qui a une culture "fantastique" et qui, selon lui, n'est "pas du tout" à la traîne.

"Avec une économie qui marche, la France a devant elle une chance de jouer un rôle de premier plan au niveau mondial", a estimé M. Blair, estimant que la France et son pays partagaient "les mêmes valeurs".

Malgré leurs points de vue divergents et leur différence d'âge, M. Blair a aussi affirmé que ses rapports avec le président Jacques Chirac avaient été "bien meilleurs que ce qu'on en a dit!", et ajouté qu'il garderait "beaucoup de respect" pour le chef d'Etat dont le mandat expire le 16 mai, après douze ans de présidence.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Jeudi 3 mai 2007

Sarkozy-Royal, un duel entre courtoisie et virulence 


 

 A l'approche du second tour de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont croisé le fer lors d'un débat télévisé dont la courtoisie affichée a été lézardée d'éclairs de virulence à l'initiative d'une candidate socialiste très pugnace.

Par instants d'un aplomb bravache face à un Nicolas Sarkozy quelque peu décontenancé, Ségolène Royal, qui accuse cinq points de retard sur son adversaire, a joué son va-tout pour la victoire durant plus de deux heures. Jusqu'à provoquer le président de l'UMP en fin de débat sur le problème des enfants handicapés, l'accusant d'"immoralité" et de "mensonge".

Favori des sondages avec 51% à 53% des intentions de vote, le président de l'UMP, grand gagnant du premier tour avec 31,18% des voix, s'est efforcé de lui opposer pondération, sang-froid et "pragmatisme", en contrepoint de l'image de "brutalité" que veulent lui accoler les socialistes.

Nicolas Sarkozy a renvoyé à Ségolène Royal l'accusation, lui demandant de "se calmer" lors du vif échange sur le handicap.

"Pour être président de la République, il faut être calme", lui a-t-il dit. "Vous sortez de vos gonds avec beaucoup de facilité". "Je ne m'énerve pas, je me révolte", lui a répondu la candidate socialiste. "Qu'est-ce que ça doit être quand vous êtes énervée!", raille-t-il alors. "Pichenette", relativise l'intéressée.

Vêtue d'un strict tailleur noir et d'un chemisier blanc, Ségolène Royal, le regard déterminé, a opté d'emblée pour l'offensive et attaqué Nicolas Sarkozy sur le bilan du gouvernement sortant, filant le registre de "l'homme du passif" éprouvé en 1981 par François Mitterrand face à Valéry Giscard d'Estaing. "La morale politique demande que les responsables politiques rendent des comptes", a-t-elle répété.

"EST-CE QUE VOUS SOUFFREZ..."

"Je souhaite sortir la France de la situation dans laquelle elle se trouve", a-t-elle souligné, citant notamment le fardeau de la dette publique, "les 2,5 millions de travailleurs pauvres", le chômage, la modicité des retraites, la hausse "de 30% de violences physiques contre les personnes depuis 2002".

"Sur les défaillances de la République, gauche et droite confondues, nous avons chacun notre part", lui a répondu Nicolas Sarkozy, costume bleu marine, chemise bleu clair et cravate club marine et argent.

Avocat de la rupture, il a dit assumer "une partie du bilan du gouvernement" tout en opposant une baisse statistique de 10% de la délinquance depuis 2002, contre une augmentation de 18% sous le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002).

"C'est suffisant pour que je ne parte pas en courant lorsqu'on évoque le mot bilan", a-t-il répliqué. "J'ai trouvé une situation qui était catastrophique : si en 2002 les Français n'ont même pas qualifié votre Premier ministre, c'est bien pour quelque chose".

"Nous sommes en 2007, nous ne sommes pas en 2002", a répliqué Ségolène Royal, évoquant le viol récent de deux policières à Bobigny (Seine-Saint-Denis). "S'il y avait davantage de fonctionnaires (...) elles auraient été raccompagnées".

Réaffirmant son projet d'un redéploiement des effectifs de la fonction publique, elle a expliqué vouloir contrebalancer des diminutions de postes dans certains secteurs par des recrutements dans ceux qui le nécessitent. Impossible, corrige le candidat de l'UMP, "ce ne sont pas les mêmes budgets".

"Si vous ne pouvez pas le faire, pourquoi voulez-vous accéder aux responsabilités?" a lancé Ségolène Royal, très pugnace et n'hésitant pas à couper parfois son interlocuteur.

"Est-ce que vous souffrez que je puisse faire une phrase?", lui a demandé d'un ton acerbe le président de l'UMP, qui a semblé parfois prisonnier d'un discours maintes fois entendu durant la campagne.

"UNE SERIE D'ERREURS, CELA PEUT ARRIVER..."

Les deux finalistes se sont affrontés vivement sur les 35 heures, "une catastrophe généralisée pour l'économie française", "qui ont mis à bas l'hôpital public", selon Nicolas Sarkozy.

"Si vous pensez que les 35 heures ont fait tant de dégâts, pourquoi vous ne les avez pas supprimées?", interroge quelques joutes plus tard la candidate socialiste.

Soucieux de garder son calme sous les piques de son adversaire, Nicolas Sarkozy a tenté de pousser la candidate socialiste dans ses retranchements à l'aune de la compétence sur l'ensemble des dossiers économiques abordés durant le débat : temps de travail, retraites, fiscalité...

"Qu'est-ce que vous changez sur les 35 heures, on n'y comprend rien", lance-t-il. "Vous avez une capacité à surfer d'un sujet à l'autre avec quelques généralités", insiste-t-il. "C'est d'une précision bouleversante", ironise-t-il à propos des régimes de retraite.

Ségolène Royal a dit vouloir consacrer "tout ce qui sera au-dessus de 2,5% de croissance" au désendettement et s'est engagée à réformer les régimes spéciaux de retraite.

"Moi je serai la présidente de ce qui marche, sans oeillères, en regardant tout ce qui peut fonctionner et c'est comme ça, je crois, que je redébloquerai la machine économique", a affirmé Ségolène Royal avec aplomb. "Ce n'est pas ma conception du pouvoir que de décider de façon péremptoire et unilatérale comment nous allons régler les problèmes".

La candidate socialiste s'est employée à jouer sur les nerfs de Nicolas Sarkozy, le poussant parfois au lapsus, comme lors d'une confrontation sur le nucléaire. Le candidat de l'UMP a parlé de réacteur de "quatrième génération" pour l'EPR, au lieu de "troisième génération", et s'est trompé sur la part du nucléaire dans la production de l'électricité - tout comme son adversaire.

"Vous venez de dire une série d'erreurs, cela peut arriver, mais il faudra que vous révisiez un peu votre sujet", lui a-t-elle lancé. "Vous n'avez pas besoin d'être méprisante pour être brillante", répliquera Nicolas Sarkozy plus tard.

Sources La Tribune

Posté par Adriana Evangelizt




Par Adriana EVANGELIZT
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Jeudi 26 avril 2007

Après The Indépendent et The Guardian, un article du New-York Times apparemment à la gloire de Chirac, ni Sego ni Sarko ne font l'affaire...

La France regarde en avant mais l'avenir ne s'annonce pas rose


Par Tony Judt


The New York Times, le 22 avril 2007

article original : "France Looks Ahead, and It Doesn't Look Good "

Traduit par Jean-François Goulon

Webmaster du site Questions Critiques

IL est facile de sous-estimer Jacques Chirac.

Aujourd'hui, les Français vont commencer à élire un nouveau président et, dans peu de temps, M. Chirac, l'actuel président de 74 ans, quittera la scène sans être regretté. Tout au long d'une carrière politique qui a enjambé presque cinq décennies, durant laquelle il a été Maire de Paris, Premier ministre (deux fois) et président pendant 12 ans, M. Chirac semble ne pas avoir accompli grand chose.

En tant que maire, de 1977 à 1995, il a supervisé à une montée constante de la corruption politique et des pots-de-vin municipaux (bien qu'à des niveaux insignifiants comparés aux normes américaines dans les grandes villes). En tant que président, face aux manifestations, il a laissé tomber sa promesse de résoudre les défauts du code du travail et ceux des services sociaux. Et il n'a pas fait grand chose pour réparer les griefs des minorités françaises ou les angoisses des jeunes. Des deux côtés de l'Atlantique, la notice nécrologique politique de M. Chirac est écrite en termes explicitement peu flatteurs.

Mais la situation de la France est-elle si grave ? De partout, on peut entendre des appels à "réformer" pour amener la France à être plus en ligne avec les pratiques et la politique anglo-américaines. Le modèle social français dysfonctionnel, nous assure-t-on régulièrement, a échoué.

Si l'on parle d'échec, il y a, alors, beaucoup à dire. Les nourrissons français ont une meilleure chance de survivre que les nourrissons américains. Les Français vivent plus longtemps que les Américains et plus sainement (à un coût beaucoup plus faible). Ils reçoivent une meilleure éducation et disposent de transports publics de premier ordre. Le fossé entre les riches et les pauvres est plus étroit qu'aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne et il y a moins de pauvres.

Oui, grâce aux entraves institutionnalisées à la création d'emploi, la France connaît un fort taux de chômage de ses jeunes. Mais la comparaison avec les taux américains est trompeuse : nos chiffres sont artificiellement baissés à cause du très grand nombre d'hommes à la peau foncée, âgés de 18 à 30 ans, qui sont en prison [chez nous] et donc hors des statistiques du chômage.

En attendant, souvenez-vous de ce que Chirac a fait ! En 1995, il a été le premier président à reconnaître ouvertement le rôle de la France dans l'Holocauste : "L'occupant a été assisté par les Français, par l'Etat français," avait-il déclaré. "La France a commis l'irréparable." Ce fut une phrase qui aurait pu rester en travers de la gorge de son prédécesseur dont on a tressé beaucoup de louanges, François Mitterrand, et, il faut le dire, en travers de celle de Charles de Gaulle lui-même.

Aussi faible que soit son bilan politique, M. Chirac a interdit à ses supporters de s'allier ou de se compromettre avec le Front National xénophobe et raciste de Jean-Marie Le Pen — une fois encore à l'opposé de M. Mitterrand, qui a cyniquement manipulé les lois électorales françaises en 1986 pour avantager M. Le Pen (et ainsi, affaiblir la droite modérée).

Conscient des liens entre l'Europe et le monde musulman — et ce que cela coûterait de repousser et d'humilier la seule démocratie laïque de l'Islam — M. Chirac a constamment soutenu l'admission de la Turquie dans l'Union Européenne, une position impopulaire parmi ses électeurs conservateurs. En 2004, il a créé la première agence française d'Etat dotée de pouvoirs explicites pour identifier et combattre la discrimination.

Sur la scène mondiale, il a peut-être été, parmi les principaux dirigeants du monde, le plus franc à propos du réchauffement planétaire, mettant en garde que "l'humanité danse sur un volcan". Et, bien sûr, il a initié et mené l'opposition internationale à la guerre du Président Bush en Irak.

N'oublions pas la francophobie hystérique de 2003 : pas seulement les imbécillités des "Freedom Fries" [Les "Frites Françaises" — French Fries — rebaptisées "Frites de la Liberté"], mais aussi les éruptions xénophobes au Congrès, dans l'administration Bush et dans la grande presse américaine, où des commentateurs de premier plan [à l'instar de Thomas Friedman du New York Times] ont appelé à ce que la France soit expulsée du Conseil de Sécurité et proposé de laisser les "Français sournois" tenir nos vestes pendant que les Américains, une fois de plus, combatteraient pour eux.

Il n'eut pas que les Américains face à lui. En 2003, lorsque M. Chirac dit aux Européens de l'Est, qui soutenaient M. Bush et le Premier ministre britannique Tony Blair sur l'Irak, qu'ils avaient "perdu une occasion de se taire," son parler cru énerva beaucoup monde et ne contribua pas beaucoup à la popularité de la France.

Mais, dans tout ceci, il s'est avéré qu'il avait raison. En se dressant contre M. Bush et en donnant pour instruction à ses représentants aux Nations-Unies de bloquer une course vers une guerre non provoquée, le président français a sauvé à la fois l'honneur des Nations-Unies et la crédibilité de la communauté internationale.

Il n'est pas évident que ses probables successeurs auraient fait aussi bien. M. Chirac est suffisamment âgé pour apprécier la dette de l'Europe envers l'Amérique — lors du soixantième anniversaire du débarquement, il a déclaré, sincèrement, que "la France n'oubliera jamais ce qu'elle doit à l'Amérique, son amie de toujours, à ses alliés…" — et suffisamment gaulliste pour s'opposer aux folies de grandeur de Washington. Son héritier présumé, Nicolas Sarkozy, n'est ni l'un, ni l'autre.

L'admiration qu'éprouve Nicolas Sarkozy pour les Etats-Unis et la connaissance qu'il en a semblent confinées à leur taux de croissance économique. Il s'oppose à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne dans les termes les plus intolérants : "Si vous laissez entrer 100 millions de Turcs musulmans, qu'en sortira-t-il ?" Et son gaullisme est teinté d'une faiblesse pour les slogans bien à droite — "nation" et "identité", sans mentionner "racailles" lorsqu'il se réfère aux jeunes des minorités qui se sont soulevés — avec lesquels il espère déborder Le Pen.

Ségolène Royal, la candidate des socialistes, a le complexe de Jeanne d'Arc (dans sa déclaration de candidature en octobre dernier elle a parlé d'entendre une "voix" et d'accepter "cette mission pour conquérir la France"), et elle pratique ce qui pourrait s'appeler de la démagogie "douce". Sur les questions cruciales — la Constitution Européenne, l'admission de la Turquie en Europe — elle a évité de s'engager, promettant à la place "d'écouter le peuple".

Un grand nombre des supporters socialistes de Mme Royal se débrouillent pour être à la fois anti-américains et anti-européens : par conséquent, une présidence Royal affaiblirait probablement l'Union Européenne sans pour autant renforcer l'influence nord-atlantique de la France — un miroir à gauche de l'agenda des stratèges néoconservateurs à Washington.

Ni M. Sarkozy, ni Mme Royal (ni, d'ailleurs, le centriste François Bayrou…), ne partage l'appréciation historique de M. Chirac de ce qui est en jeu dans la construction de l'Europe : pourquoi cela importe et pourquoi ceux qui veulent la diviser ou la diluer jouent avec le feu.

À cet égard, M. Chirac a des raisons de s'inquiéter. Certains nouveaux membres de l'Union Européenne veulent le beurre et l'argent du beurre : avoir une économie faiblement taxée de style américain financée par les subventions des contribuables ouest-européens. Les Polonais et les Tchèques sont contents d'accepter de telles allocations de Bruxelles, sous forme de "fonds de solidarité", et, pourtant, ils accueillent chaleureusement les systèmes de missiles américains de défense sans même consulter leurs collègues européens. L'entrée de la Roumanie dans l'Union Européenne, qui a eu lieu cette année, n'a pas empêché son président, Traian Basescu, de continuer à rechercher un "axe stratégique Washington/Londres/Bucarest".

Entre les mains d'une nouvelle génération de politiciens à la recherche d'un avantage local et indifférents au passé, l'Europe pourrait se défaire très rapidement. Ceux qui célèbrent le départ de M. Chirac devraient se souvenir de l'avertissement que Rhett Butler a formulé à Scarlett O'Hara, lorsqu'elle raillait les vestiges éparpillés de l'Armée Confédérée : "Ne soyez pas si pressée de les voir partir, ma chère, avec eux s'en va le dernier semblant de loi et d'ordre !"

Avec le départ de Jacques Chirac, nous disons au revoir au dernier semblant de qualités d'homme d'Etat, d'une génération qui s'est rappelée jusqu'où pouvait conduire une Europe défaite. J'ai peur qu'il nous manque.

SourcesQuestions critiques

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Jeudi 26 avril 2007

La France éternelle


Par Peter Preston,


The Guardian, lundi 23 avril 2007

article original : "Forever France"

Traduit par Jean-François Goulon

Webmaster du site Questions Critiques

 

 

Que ce soit Sarko ou Ségo qui remporte la présidentielle,
mettons de côté notre condescendance anglo-saxonne !


Le mythe de la démocratie, répété à l'envi par la gauche et la droite, prend le progrès comme un fait établi. Il y a toujours une promesse de nirvana au-dessus de la prochaine vallée... pourvu que vous votiez pour moi encore une fois ! En fait, lorsqu'une telle rhétorique s'arrête, la magie du scrutin donne généralemant quelque chose de différent. Esquiver, se faufiler, bégayer, rester coincé : une vie entière à rectifier le cap le long d'une route sinueuse qui pourrait très bien ne pas se terminer sur le progrès.

En Amérique, après Bush le néocon, les nouveaux centristes se rassemblent donc : Barack Obama agrémente d'adjectifs rassurants le "Blairisme" du Midwest ; et, Rudy Giuliani épouse les droits de la femme au sein du repaire républicain. Après Margaret Thatcher, il y a donc David Cameron : au moins un conservateur que Willie Whitelaw aurait pu adopter ! En Allemagne, Angela Merkel démontre donc que les Démocrates Chrétiens redeviennent un genre émollient et fusionnel. Romani Prodi succède donc à Silvio Berlusconi. Et enfin, il y a la France. À présent (à la sortie des urnes) elle est sur le point de faire un choix essentiel : Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal ?

Le pire piège qui attend les commentateurs britanniques, au moment où des élections se profilent en France, est de verser dans la condescendance anglo-saxonne. [Ecoutons-les :] Notre économie est en plein essor ; la leur traîne la jambe à la manière d'un arthritique. Notre modèle apporte prospérité, flexibilité et emplois ; le leur n'inflige que gaspillage, mécontentement et désespoir. Nous sommes les fils du travail honnête ; ils sont irrémédiablement fourbes. [Etc.]

Evidemment, tout ceci n'est que du baratin complaisant. Essayez d'établir une liste équivalente, mais dans l'autre sens ! [Je vous aide:] Ils ont des transports dont ils peuvent être fiers, un service public de santé dont ils peuvent se gargariser, un appétit pour la technologie qui fait d'eux des leaders européens dans beaucoup de domaines, une batterie d'administratifs qualifiés adaptés aux Temps Modernes, un sens de l'histoire et un statut national permanent. Ils ont une très bonne équipe nationale de football, ils mangent sainement, ils ont une industrie cinématographique unique, ils construisent toujours massivement des automobiles et ils possèdent une force de dissuasion plutôt indépendante. De plus, ils avaient raison sur l'Irak. Et nous ?

Bien sûr ! La France connaît des stagnations et a ses déceptions. Bien sûr ! La déception conduit toujours à se poser des questions qui font mal. Mais le choix qui s'est déterminé hier n'a rien à voir avec un baroud d'honneur dans un salon de la dernière chance. Voici un pays qui évolue à l'intérieur d'une Europe elle-même en évolution. La France a ses problèmes - et un système politique qui tend d'abord à accentuer les extrêmes. Mais une nouvelle génération est en train de prendre les choses en main dans des termes que l'ancienne génération comprend.

Sarkozy n'est pas un nouveau venu. Il est le Monsieur Continuité des années Chirac, un ministre de l'intérieur mordant qui s'affiche dans le monde (un peu comme si
John Reid était le successeur de Blair). Il peut bien laisser croire à un changement profond sur l'immigration lorsqu'il s'adresse avec dureté sur le flanc sud de Jean-Marie Le Pen. Et il peut bien sembler suggérer une action encore plus dure lorsqu'il s'adresse aux syndicats du service public. Mais, en réalité, son jeu s'appelle plus "transition" que "révolution", exactement comme pour Royal tout au long de sa campagne hésitante - pleine de style, mais pourtant curieusement traditionnelle en substance - du vieux socialisme relooké.

Ici, le mythe du "progrès" existe toujours (du moins en partie). Depuis De Gaulle, la France a surtout été dirigée au centre-droit. Mais elle a embrassé la générosité du centre-gauche que Mitterrand lui a prodiguée. Royal peut bien admonester la "politique de brutalité" de Sarkozy, exactement comme ce dernier peut bien se moquer de la vacuité de centre-mou [de sa rivale] sur les questions pointues, mais, ni l'un ni l'autre, une fois au pouvoir, ne pourra apporter de grandes corrections au parcours [de la France]. Certains problèmes, comme le chômage des jeunes, seront abordés. Certaines questions, comme la place de la France en Europe, devront trouver une nouvelle réponse. Mais, à la fin du prochain mandat présidentiel, il y aura toujours une France reconnaissable qui suivra une ligne française bien tracée.

Bien sûr, les politiciens raillent la mièvrerie du centre. Nico et Ségo ont enfoncé François Bayrou comme une sorte de Roy Jenkins
[1] gaulois, qui prêche l'harmonie pour le salut de l'harmonie. Mais la réalité de la candidature de Bayrou a été une aide puissante à chacun d'eux. Cela ne fait pas du tout partie (pour reprendre la formulation de David Miliband[2] d'un leadership désintéressé) de quelque bataille essentielle et éternelle entre les Socialistes et les Conservateurs. La question est : que se passera-t-il une fois le processus électoral terminé ?

Alors, mettez de côté votre manuel britannique qui a réponse à tout ! Un socialiste sans beaucoup de programme peut-il apporter le changement et la réussite ? Absolument. Voilà pourquoi José Luis Zapatero, symbole d'une telle réussite, a traversé la frontière espagnole pour se tenir aux côtés de Ségolène Royal. La société française peut-elle s'en sortir dans un monde globalisé ? C'est la question suivante. Toutefois, enchâssée dans l'Europe autant que dans sa propre histoire, les résultats, quels qu'ils soient, ne susciteront que peu d'applaudissements à Westminster. Nous sommes tous victimes de nos propres mythes qui perdurent.

Notes :

[1] Roy Harris Jenkins était un homme politique britannique. Après avoir été un depute travailliste de premier plan dans les années 60 et 70, il devint l'un des quatre principaux fondateurs du Social Democratic Party (SDP) en 1981. Il était aussi un écrivain émérite, en particulier de biographies.

[2] David Wright Miliband, né à Londres le 15 juillet 1965, est un homme politique britannique membre du Parti travailliste. Député depuis 2001 pour la circonscription de South Shields, au Nord de l'Angleterre, il est depuis mai 2006 secrétaire à l'Environnement. Proche du Premier ministre Tony Blair, qui le considère comme un possible successeur, il est l'une des principales figures de la jeune génération du Parti travailliste.

Sources Questions Critiques

Posté par Adriana Evangelizt

 

Par Adriana EVANGELIZT
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Lundi 5 mars 2007

Et là elle va rencontrer quelqu'une qui a la tête près du bonnet.

Rencontre Royal-Merkel mardi à Berlin,

Airbus et institutions au menu




La candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, lors d'un meeting, le 3 Mars 2007 à Paris

Ségolène Royal se rend lundi et mardi à Berlin, où elle rencontrera notamment la chancelière Angela Merkel pour des discussions qui devraient porter sur l'avenir des institutions européennes et la crise d'Airbus.

Il s'agira de la première rencontre entre les deux femmes, qui évoqueront également la relance du couple franco-allemand.

Mme Royal, qui rentrera ainsi dans le débat européen, commencera sa visite lundi par des discussions avec la communauté française. Mardi elle déjeunera avec le vice chancelier Franz Müntefering, chargé des affaires sociales, avant de s'entretenir en tête à tête avec la chancelière pendant près d'une heure.

Le dossier brûlant d'Airbus, avec un plan de restructuration prévoyant 10.000 suppressions d'emplois, devrait s'inviter au menu.

La proposition de Mme Royal de "moratoire" et de renforcement des participations publiques dans EADS avait été accueillie avec méfiance à Berlin, Mme Merkel estimant que le plan de restructuration "respectait le principe de l'équilibre" entre la France et l'Allemagne.

Les socialistes français, favorables à une recapitalisation, insistent sur la nécessité de "redéfinir une vraie stratégie industrielle" et Mme Royal a appuyé l'idée de faire entrer les régions françaises au capital d'EADS, à l'instar des Länder allemands.

La candidate socialiste a critiqué vendredi, après avoir reçu les syndicats français de l'avionneur, le système de "gouvernance bicéphale, une source d'inefficacité". "Je ne suis pas sûre que l'esprit européen l'ait toujours emporté", a-t-elle ajouté, accusant le gouvernement français d'avoir confondu "son rôle d'actionnaire" avec "le pilotage politique" de l'entreprise.

Vendredi, le ministre social-démocrate allemand des transports, Wolfgang Tiefensee, avait estimé que "non seulement l'Etat peut faire, mais il doit faire", réclamant "une plus grande influence de la politique". Déclaration qui selon la presse allemande a créé des tensions dans la coalition au pouvoir.

Outre Airbus, la volonté de Mme Merkel de relancer le processus de réformes institutionnelles devrait être au coeur des entretiens, en prévision du conseil européen des 19 et 20 juin. Mme Royal, pour qui le traité constitutionnel est "caduc" après les "non" français et néerlandais, devrait se montrer favorable à une solution passant par "un nouveau traité acceptable".

"Ségolène Royal a une vraie ambition européenne et une vraie conviction franco-allemande", assure Pierre Moscovici, ancien ministre socialiste des affaires européennes, pour qui les deux femmes ont "le même souhait que le couple franco-allemand reprenne sa vitesse de croisière".

Autre ancien ministre des affaires européennes, Elisabeth Guigou, qui accompagnera Mme Royal, estime que cette prise de contact vise avant tout à "faire connaissance" et à commencer à "nouer des liens personnels".

"L'important c'est la dynamique qui peut se créer, avec une volonté commune d'avancer vers des solutions et de trouver des compromis acceptables par les deux parties", a indiqué Mme Guigou à l'AFP, soulignant le "besoin d'institutions qui fonctionnent", "à leur juste place".

Sources AFP

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Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 14 février 2007

Tirons notre chapeau à Madame Royal
pour son expérimentation audacieuse !

Par Andreas Whittam Smith
The Independent le 12 février 2007

article original : "Hats off to Madame Royal for a bold experiment"

Pour le moins, sa technique consultative a apporté des idées fraîches au débat

Dimanche après-midi, Ségolène Royal, la candidate socialiste aux prochaines élections présidentielles, a enfin décrit comment elle gouvernerait la France si elle était élue. Dans un discours qui a duré une heure et demie, elle a exposé son programme devant 8.000 supporters.

De façon obstinée, même si cette longue pause a semblé nuire à sa popularité dans les sondages d'opinion, Mme Royal a résisté aux appels à dévoiler ses propositions plus tôt, alors que Nicolas Sarkozy, son principal rival, l'a fait. Car elle était déterminée à attendre d'avoir terminé sa laborieuse consultation avec les Français - pas seulement les membres du Parti Socialiste -, invitant à la discussion au moyen de réunions publiques participatives et de débats sur internet.

La réaction a été enthousiaste. En tout, 135.000 contributions ont été reçues et 2,7 millions de personnes y ont participé d'une manière ou d'une autre. Toutes ces réponses ont été résumées dans une série de déclarations politiques.

C'est très audacieux, car il n'y a encore que quelques mois, le Parti Socialiste terminait lui-même un débat interne douloureux duquel il a élaboré un long document qu'il espérait que son ou sa candidat(e) officiel(le) suivrait. C'était le programme des militants. Mais une fois le porteur de drapeau choisi, Mme Royal a tout recommencé.

Hier, elle a présenté ses propositions comme un pacte solennel avec les Français. En effet, elle a déclaré : "J'ai écouté. J'ai fait la synthèse de ce que vous, le peuple, pensez qui serait la meilleure politique pour la France. J'ai promis solennellement de porter vos souhaits". Même si cela semble être dans l'air du temps, c'est une nouvelle façon de faire de la politique.

En résultat de la programmation non-conventionnelle de Mme Royal, de très grandes espérances se sont accumulées - à un point où le discours de dimanche après-midi en était arrivé à ressembler à un dernier lancer de dés. Pourtant, le premier tour de l'élection présidentielle n'aura lieu que dans 10 semaines.

Il ne faut pas s'étonner si le secrétaire du Parti Socialiste, François Hollande, a peiné pour insister sur le fait que "la campagne commence aujourd'hui". Il sait aussi bien que n'importe qui d'autre que le moment où les opinions se durcissent, pendant une campagne électorale, peut venir à tout moment. Des fois, cela se produit assez tôt, des fois, sur le tard.

Faisant la course en deuxième position derrière M. Sarkozy, le parti [socialiste] a besoin de que l'humeur du public reste en perpétuel changement. Il serait démoralisant pour Mme Royal si son discours d'hier la laissait inchangée dans les sondages d'opinion. Parce qu'alors, il serait difficile de voir comment elle pourrait rattraper son retard.

En l'occurrence, Mme Royal a fait 100 propositions pour une "France plus juste et plus forte", un chiffre suffisamment important pour suggérer qu'un gouvernement Royal serait très différent de celui de ces prédécesseurs. Parmi ces propositions, il y en avait inévitablement certaines sans lesquelles il serait impossible pour la gauche de gagner les élections. Ainsi, avec malice, elle a dit qu'elle augmenterait le salaire minimum et améliorerait la retraite de base. Mais, en se concentrant sur ces promesses tape-à-l'œil, son discours a semblé être plus conventionnel qu'il ne l'a été en réalité.

Elle a détaillé chacun des grands sujets, à leur tour : le coût de la vie, l'emploi, l'éducation, la sécurité sociale, la délinquance et la criminalité, l'environnement, etc. Mais dans chacun de ces cas, elle a adopté le même format. Elle a d'abord décrit ce qui avait été appris des débats participatifs avec les électeurs ordinaires. Ensuite, elle a détaillé une série de propositions, dérivées des points de vue exprimés.

Prenez le sujet intitulé "Une Nouvelle République". Ceci se rapporte à l'éloignement des gens ordinaires avec la façon dont les institutions de l'Etat prennent les décisions. Elle a appris que les gens veulent que ceux pour lesquels ils votent vivent comme eux. Pour cette raison, ils ont une aversion profonde sur la manière dont en France une même personne peut être maire ou président de région et en même temps membre de l'Assemblée Nationale ou ministre au gouvernement.

En même temps, ceux qui ont été consultés aimeraient aussi que le vote proportionnel soit universellement utilisé et ils sont même prêts à considérer de rendre le vote obligatoire (comme en Australie) avec la reconnaissance des bulletins blancs".

Quelques 18 propositions ont suivi ces discussions. L'une d'elles, par exemple, introduirait la démocratie participative, des jurys citoyens et autres dispositifs du même genre, dans tous les corps publics. De plus, les citoyens ordinaires pourraient obliger le réexamen d'une loi particulière s'ils réunissent, à cet effet, 1 million de signatures.

On ne saura pas pendant plusieurs jours si la nouvelle approche politique de Mme Royal a saisi l'imagination des électeurs français. Au minimum, sa technique consultative a apporté de la fraîcheur et des idées intéressantes à la surface du débat politique. Qu'une telle technique participative puisse bien marcher bien sur une longue période est moins certain ! Mais ça se pourrait. Et si jamais sa méthode attirait vraiment des adeptes enthousiastes, alors elle serait imitée ailleurs, même dans ce pays dont les traditions et les processus politiques sont très différents.

Traduit de l'anglais par Jean-François Goulon

Webmaster de QuestionsCritiques

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 14 février 2007

Vu d'un quotidien Arabe, la vision de Ségolène et des Français... où l'on notera les principes et la vision des femmes...

Ségolène, tigresse impudique

par Ghassan Al-Imam

Asharq Al-Awsat, Londres

Un regard conservateur et misogyne sur l'élection présidentielle en France, publié dans Asharq Al-Awsat, un quotidien panarabe de Londres qui se veut pourtant libéral.

La France est un pays important pour les Arabes, notamment parce que sa politique proarabe peut entraîner ses partenaires de l'Union européenne. Le président Jacques Chirac est considéré comme le maestro de la politique internationale. Il lui reste un mois pour décider s'il veut se représenter ou non pour un nouveau mandat. Il a contre lui son âge (74 ans) et les sondages, mais il faut bien admettre que son départ de l'Elysée sera une lourde perte pour les Arabes. Car, depuis Napoléon, la France n'a pas eu de chef d'Etat qui se préoccupe autant que lui des questions arabes, se montre aussi sensible à leurs souffrances et fasse preuve d'autant de compréhension pour leurs causes, au point qu'on peut le qualifier non seulement d'ami des Arabes, mais également de conseiller de leurs dirigeants. On n'aurait pu en dire autant même de Charles de Gaulle, qui avait été moins irréprochable avant l'éveil de sa conscience arabe, au moment de la défaite contre Israël en 1967.

Cherchez donc l'Arabe dans Ségolène ou Sarkozy ! Vous ne trouverez rien. Tous deux ont visité Israël, aucun des deux n'a visité une des capitales arabes qui comptent sur la scène moyen-orientale, telles que Riyad ou Le Caire. Il faut dire qu'en Europe on ne s'intéresse pas beaucoup à la politique étrangère. Le débat public tourne autour des questions fiscales. Les électeurs se préoccupent de leur portefeuille, des problèmes économiques, de l'inflation, du prix des logements et de leur bien-être. Aucun des deux principaux candidats ne se rend compte que les Arabes constituent une source considérable de puissance et d'influence pour la France en Europe et dans le monde.

A la limite, les Arabes pourraient recevoir Sarkozy. Mais ils seraient bien embarrassés de recevoir Ségolène. Déjà, ils ont reçu Condoleezza Rice sans savoir si elle était vierge. Mais Ségolène, qui est la compagne du chef de son parti, François Hollande, a carrément mis au monde quatre enfants hors mariage. Les Arabes pourraient-ils accepter une femme comme présidente ? En Egypte, un mufti a jugé licite qu'une femme devienne présidente, et les musulmans du Pakistan, du Bangladesh, d'Indonésie et de Turquie ont porté des femmes au pouvoir.

Mais les Arabes ne semblent pas vraiment disposés à accepter cette éventualité. A une époque où les valeurs religieuses de pudeur sont de nouveau d'actualité, il sera tout de même difficile de recevoir une femme qui est mère sans être mariée. La famille est la base de la société musulmane, et le mariage en est une institution sacrée. Tel n'est pas le cas chez les Français puisque à Paris la moitié des habitants vivent seuls, qu'ils soient célibataires ou divorcés. Et la proportion d'enfants nés hors mariage atteint des niveaux invraisemblables pour une société catholique.

Le chef du Parti socialiste est à la fois le point fort et le point faible de Ségolène. Hollande est un homme politique aguerri, cultivé, pondéré. Il aime sa compagne au point d'avoir sacrifié ses propres chances de parvenir à la présidence. Moi, à sa place, je n'en aurais pas fait autant. Les femmes de pouvoir me font peur. Ce sont toutes des tigresses qui essaient de vous faire oublier leurs griffes. La Turque Tansu Ciller a participé à la corruption de la vie politique turque, l'Indienne Indira Gandhi a suspendu temporairement la démocratie indienne et a émasculé des hommes afin de limiter la démographie de son pays. Quant à l'Américaine Hillary Clinton, elle veut dicter leur vote aux femmes blanches afin d'empêcher un homme noir d'arriver à la Maison-Blanche.

Depuis la fin des différences idéologiques entre la gauche et la droite, rien ne les distingue plus au niveau politique. Ségolène et Sarkozy parlent grosso mode le même langage, et la seule différence est que l'une est une jolie femme, l'autre un homme sérieux. Les Français passent plus de temps à fumer qu'à travailler, aiment discuter de la nécessité des réformes sans jamais les réaliser et se mettent en grève dès que l'Etat touche à leurs acquis syndicaux. Alors que la France avait connu la prospérité dans les années 1950 et 1960, elle ploie aujourd'hui sous les impôts, les restrictions aux lois du marché, une Sécurité sociale qui épuise les caisses de l'Etat et un taux de chômage élevé. Pour arriver à la présidence française, il faut faire un parcours long et difficile puisqu'il n'y a ni héritage ni transmission.

Sources Courrier international

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Lundi 12 février 2007

Quand Hillary s’inspire de Ségolène

par Andreas Whittam Smith
The Independent

8 fevrier 2007



La candidate socialiste n’a plus l’exclusivité de la démocratie participative. Hillary Clinton s’en réclame à son tour, et les travaillistes britanniques s’y essaient avec prudence.

Ségolène Royal a placé sa campagne présidentielle sous le signe de la participation, multipliant les consultations, notamment via Internet. Une méthode qu’étudient de nombreux partis politiques, partout dans le monde. Mme Royal ne révélera pas le détail de son programme tant qu’elle n’aura pas très largement consulté les électeurs. Une fois que la candidate en aura terminé avec cette vaste entreprise, la France sera en période électorale depuis plusieurs semaines. Mais elle assure qu’elle doit d’abord écouter. Les Français jouent le jeu, mais s’impatientent. Quelque 52 % des électeurs pensent que de tels débats sont une bonne chose, mais, dans le même temps, 55 % pensent qu’elle a tort d’attendre si longtemps pour annoncer les mesures qu’elle compte prendre si elle est élue.


Mme Royal n’est pourtant pas la seule à vouloir consulter les électeurs avant de présenter son programme. Hillary Clinton a aussi adopté cette méthode. Quand elle a annoncé, la semaine dernière, qu’elle formait sa “commission exploratoire présidentielle”, elle l’a fait au moyen d’une vidéo diffusée par Internet. Dans ce “webcast” très élaboré, elle annonçait aux visiteurs de son site web (www.hillary clinton.com) : “Je ne fais pas qu’entrer en campagne, j’entame une conversation – avec vous, avec l’Amérique. Car, si nous voulons contribuer à régler les problèmes, nous devons tous participer au débat.” Elle a conclu par ces mots : “Parlons. Bavardons. Engageons le dialogue sur vos idées et sur les miennes. La conversation à Washington a été un peu à sens unique ces derniers temps, vous ne trouvez pas ? Et nous en voyons tous le résultat. Je ne vais peut-être pas pouvoir m’entretenir avec chacun d’entre vous dans cette pièce, mais je vais essayer. Et, grâce à la technologie, je vais organiser dès maintenant des vidéo-chats. Alors, que la conversation commence. Quelque chose me dit que ça va être passionnant.”


En Grande-Bretagne, les partis s’y mettent aussi, quoique avec prudence. La méthode choisie par le Parti travailliste a un côté confidentiel, peu ouvert, comme si le New Labour était une secte – ce qu’il est peut-être. Sur son site Internet, le Parti travailliste annonce qu’il élabore son programme par un processus dit “de partenariat de gouvernement”, qui fait intervenir “tous les acteurs du parti (c’est-à-dire les encartés, les sections locales, les syndicats, les associations sympathisantes, les élus travaillistes), ainsi que le reste de la société”. Autant dire que “le reste de la société” demeure en périphérie du cercle magique des militants. Face à la cordialité de Mme Clinton, le New Labour paraît bien vieux jeu.


Si les partis politiques des démocraties occidentales invitent les électeurs à participer à l’élaboration de leurs programmes, c’est parce qu’ils pensent ainsi pouvoir endiguer la méfiance grandissante que suscitent les débats internes. Des enquêtes mesurent ce phénomène.


Un récent sondage sur la réforme des élections en Californie, mené par le New America Institute, fait apparaître que “70 % des électeurs adhéreraient plus volontiers aux recommandations d’un panel de citoyens qu’aux idées émises par une commission officielle, ou même par un groupe d’experts indépendants”. En Grande-Bretagne, une étude évalue à 70 % le nombre de gens qui font plus confiance à un jury populaire qu’à des responsables politiques ou à des fonctionnaires pour décider de ce qui est juste sur des sujets aussi techniques que la composition de la Chambre des lords ou le financement des partis.


Reste à savoir dans quelle mesure les politiques utiliseront les techniques participatives avec sincérité. A en juger par les efforts qu’elle déploie, Mme Royal est sincère. Sur son site, elle reçoit 20 000 messages par mois. Les internautes s’évaluent les uns les autres en s’attribuant des étoiles – cinq pour les idées les plus intéressantes. Puis une équipe de 45 personnes dépouille tous ces messages, les analyse et prépare une synthèse, sujet par sujet, des points de vue exprimés par les internautes. Le 11 février, Mme Royal dévoilera ses propositions à partir des résultats.


Ce jour-là, la candidate commencera à formuler son programme. Ce sera une étape délicate. Les synthèses participatives seront-elles cohérentes les unes avec les autres, ou y aura-t-il des contradictions ? Faudra-t-il chiffrer le coût des recommandations publiées sur le site ? Quelles que soient les conclusions d’une telle consultation, Mme Royal est la candidate officielle, et le Parti socialiste a déjà préparé, à grand-peine, un programme. La fameuse démarche participative de Mme Royal supplantera-t-elle la ligne officielle du parti ?


Supposons que la candidate se lance dans la bataille avec un programme fondé au moins en partie sur ses consultations Internet. Saura-t-elle défendre des mesures auxquelles elle n’aura pas mûrement réfléchi elle-même ? Sa volonté de consultation n’est-elle pas aussi le signe qu’elle n’a pas beaucoup d’idées personnelles ? Pis encore, les électeurs ne vont-ils pas se dire qu’une future présidente doit être capable de penser par elle-même ? Une chose est sûre, cette élection s’annonce passionnante. Si Mme Royal l’emporte, elle aura inventé une nouvelle façon d’arriver au sommet.

Sources Courrier International

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Par Adriana EVANGELIZT
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Lundi 29 janvier 2007

Qu'est-ce qu'on fait colons !

par Michel Vastel


Journal de Québec



Il faut remonter au début de l'année 1995 pour retrouver une visite de chef du Parti québécois en France aussi retentissante que celle d'André Boisclair cette semaine à Paris.


Comme cette année, une campagne présidentielle battait son plein et Jacques Chirac avait de la difficulté à s'imposer comme seul candidat de la droite contre le premier ministre Édouard Balladur. Cela n'empêcha pas Chirac d'émettre des opinions sur ses amis du Québec.

Informé de cette audace, le premier ministre du Canada de l'époque, Jean Chrétien, réagit méchamment : «Le Québec a autant de chances de devenir souverain que Jacques Chirac de remporter la course à la présidence de la République française...» Et Vlan ! Quelques mois plus tard, Jacques Chirac devenait tout de même président de la République et le Québec passait à un cheveu de dire Oui à la souveraineté.

Les échanges de cette semaine entre la candidate officielle du Parti socialiste français et le chef du Parti québécois n'auront pas la même portée. Il n'y a pas urgence d'ailleurs puisque André Boisclair n'est pas encore premier ministre. Et surtout, il s'agit d'une histoire fabriquée de toutes pièces par un journaliste de la télévision.

Certes, un candidat à la présidence de la République française doit être prêt à tout. Les adjoints de Ségolène Royal ont commis une faute impardonnable en la laissant dans un étroit couloir à la merci des journalistes. Elle n'avait d'autre choix que de répondre, ce qu'elle fit avec une spontanéité au demeurant fort sympathique. [En passant, les journalistes français sont beaucoup plus civilisés, trop sans doute...]

Quelle gaffe ?


Ceci dit, quelle gaffe a encore commis Madame Royal ? L'originalité de sa campagne, qui explique largement sa popularité, est qu'elle se veut proche du peuple, l'écoutant attentivement, lui parlant avec son coeur. Ce n'est qu'au début de mars qu'elle fera connaître son programme et qu'elle tiendra alors un discours plus solennel de candidat.

Tout compte fait, j'ai trouvé fort joli ce qu'a dit la Française : le mouvement souverainiste «est conforme aux valeurs qui nous sont communes, c'est-à-dire la souveraineté et la liberté du Québec. Et je pense que le rayonnement du Québec et la place qu'il occupe dans le coeur des Français vont dans ce sens...» Comme toujours, la femme parlait avec son coeur beaucoup plus qu'avec une tête de chef d'État. Elle réitérait la sympathie naturelle des Français pour la cause du Québec.

Qu'y a-t-il de répréhensible, sinon pour quelques chroniqueurs cyniques ? Qu'y a-t-il d'irritant, sinon pour les politiciens fédéraux ? La réaction de Stephen Harper fut tout à fait prévisible, encore qu'exagérée. Nul n'était besoin d'une déclaration solennelle : une blague comme le fit Jean Chrétien en 1995 aurait suffi. Ce qui aurait dû rester un épisode mineur de la campagne présidentielle française a pris une dimension considérable. Dans une certaine mesure, c'est un bon coup de pouce que Harper a donné au candidat de la droite, Nicolas Sarkosy, en émettant cette déclaration : cela donnait un caractère dramatique, à la limite de l'incident diplomatique, à la déclaration de Mme Royal.

Boisclair s'en sort


André Boisclair, dans tout cela, s'en est très bien sorti. Il a même eu droit à de grands articles, plutôt flatteurs, dans les grands journaux français. Un peu surpris lui-même des bons mots de Madame Royal, il est resté sur la réserve. Il aurait cependant pu forcer un peu plus la main de Sarkosy, qui s'en est finalement sorti en ne disant rien [et sans que les mêmes journalistes fassent preuve d'autant d'insistance qu'avec Madame Royal.] Le comble pour un gaulliste !

Ceci dit, cette affaire sera sans conséquences sur les chances électorales d'André Boisclair, oui sur celles de Ségolène Royal. Elle a eu assez peu d'écho ici, dans les médias anglophones du reste du Canada. Mais elle a rappelé un peu partout dans le monde -- merci TV5 ! - qu'il existe toujours, au sein de la fédération canadienne, une province dont une partie de la population, et l'un des deux grands partis représentés à l'Assemblée nationale, poursuivent le rêve de «la souveraineté et la liberté...»

Tel est le résultat concret de cette visite d'André Boisclair en France. Cela valait la peine. Et si certains Québécois en sont gênés, c'est peut-être qu'ils sont un peu trop «colons» pour assumer d'être au coeur d'une polémique sur la scène internationale. N'est-ce pas sur cela que comptent les politiciens fédéraux - Stéphane Dion autant que Stephen Harper - pour qu'une majorité ait peur de voter Oui à la souveraineté ?

Sources Canoë

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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