Comme vous le savez je publie parfois des lettres de lecteurs qui me semblent intéressantes. Ici donc celle de Christophe D. Pour faire un pied de nez à Sarko, je fais comme Ségo, je laisse la parole aux citoyens...
Bonjour,
A l'approche de l'échéance de 2007 et aux vues de la dernière tentative de réforme importante et par définition impopulaire (CPE), je suis contraint de m'intéresser à la politique nationale.
Pour vous situer mon état d'esprit, j'appartient au premier parti de FRANCE, la majorité silencieuse, les déçus de la classe politique française ou encore les abstentionnistes d'avril 2002 (et fier de l'être). De ce séisme de 2002, je ne retient pas la percée de LE PEN, mais au contraire le plantage complet de J. CHIRAC, L. JOSPIN et de leur machine politique. Pour rappel, tout les deux ont fait moins de 20% de votants !!!!
Alors, à un an de l'échéance, j'en suis à nouveau à me demander si je vais voter (pour le moins mauvais des postulants), m'abstenir ou (par miracle) trouver LE CANDIDAT. Celui qui sera réellement pragmatique. Celui qui n'aura pas peur de faire des réformes qui par définition ne feront pas plaisir à tout le monde, celui qui mènera cette politique contre vents et marées pendant qu'il en a la légitimité constitutionnelle. Après tout, il ou elle sera élu(e) pour 5 ans.
Si les réformes étaient faciles et populaires, elles seraient déjà faites. En même temps, je ne peux pas penser que nous sommes plus bêtes, plus feignants et moins soucieux de l'avenir de nos enfants que les Italiens (interdiction générales du tabac), que les Espagnols (le service minimum dans la fonction publique à l'initiative des syndicats) ou les Allemands (âge de la retraite à 65 ans pour TOUS, fonctionnaires inclus).
J'attends de voir celui qui sort du lot, et qui mènera une politique de rupture, aussi bien dans le discours que dans les faits. De mon coté, je suis dans l'attente de thème suivants.
La fiscalité :
Il serait temps de faire le ménage. Je résumerai cela de la façon suivante en tant que membre de la classe moyenne: je suis trop riche pour être aidé, mais pas assez pour payer un conseiller fiscal qui saura exploiter tous les textes, leurs antagonismes et leurs anachronismes.
Il serait temps de faire le ménage dans un bon nombre d'abattements catégoriels et de les lisser sur l'ensemble de la population.
Sans oublier le détail qui tue : le prélèvement à la source....qui de mon point de vue est le moyen le plus équitable de lutter contre les truandises que nous pratiquons tous à plus ou moins grande échelle.
La fonction publique :
Je suis de ceux qui considèrent que nous avons trop de fonctionnaires en France. Tous ne font pas du service au public et surtout ils ne changent pas assez souvent de mission. Je résumerai mon sentiment par "Soit on paye trop cher (d'impôts) pour le service rendu, soit ce service n'est poas assez bon pour le prix payé". Et NOS chers élus ne sont pas le meilleur exemple.
Dans mon idée, en plus de réduire le nombre de fonctionnaire et de développer la notion de productivité, il faudrait arrêter les régimes salariaux spécifiques à chaque ministère et permettre les passerelles inter-ministérielles pour les évolutions professionnelles. Bien avant, cela passe par CASSER LA DICTATURE SYNDICAL dans la fonction publique (voir plus bas).
Les retraites :
j'en ai assez de savoir que je vais au moins bosser jusqu'à 65 voire 70 ans pour payer ma retraite. Mais j'estime que c'est l'effort à faire pour ne pas "punir" nos enfants et les saigner aux 4 veines. Alors imaginez ma colère et ma haine en voyant que les fonctionnaires continuent à partir entre 50 et 58 ans avec des calculs de taux pleins 10 fois plus favorables que nous, et surtout des allocations qui tendent à être distribuées par le régime général.
Les syndicats :
7% des salariés syndiqués en France. Sachant qu'il sont près de 80% dans la fonction publique, il ne faut pas être un génie pour comprendre où sont le gros des troupes.
Il faudrait peut-être se poser la question d'un nouveau mode de financement des syndicats privilégiant la part de budget issu des adhésions qui pousseraient les syndicats à êtres moins radicaux et plus pragmatiques sur les demandes des salariés du privés notamment. En espérant bien sûr que les responsables d'entreprises évoluent également pour sortir de la relation conflictuelle que les partenaires sociaux français aiment avoir.
L'éducation national :
J'ai travaillé dans l'industrie et je remercie l'éducation national. Elle est le fournisseur des meilleurs ouvriers du monde. Sur les chaînes de production , parmi les jeunes de moins de 30 ans, 80% étaient bachelier et plus :
- bac D, G,économique et social, 1ère année de droit ou de lettre
- licence de langue, d'histoire, de psycho....
- maîtrise de biologie cellulaire végétale.......
- bac plus 50 de machin trucmuche (2 postes en Europe ??????)
Ils avaient tous une super culture générale, une capacité de compréhension immédiate, un certain hermétisme aux délégués syndicaux et une perception instantanée du manque de crédibilité de leurs "valeurs syndicales".
De plus, comment croire que l'enseignement en France est efficace
=> quand 200 000 postes de travail ne trouvent pas de gens qualifiés,
=> quand les métiers impopulaires aux yeux des enseignants (tous passés par la FAC) sont
présentés comme la seule issue aux enfants en échec scolaire,
=> quand les concours de fonctionnaires ouverts à partir du CAP sont squattés par les surdiplômés ou les recalés de la fac.
=> quand 15% des enfants arrivent sans savoir lire en sixième.
=> quand 2000 enseignants n'ont pas de classe (matière périmée ou démodée)
Bien sur, mon analyse n'engage que moi et mes faibles compétences politiques. Cependant Le fond y est. Les réformes de fond restent indispensables même si elles ne sont pasagréables. Cependant, il ne faudra pas attendre d'être dans le mur pour se dire :
"ça y est, je suis condamné à mort, il est temps que je prenne le virage pour mon avenir....."
merci de l'attention prétée à mon petit défoulement
Amicalement
Christophe D.
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