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LA FEMME EN POLITIQUE

Dimanche 10 décembre 2006

Pour ceux qui ne comprennent pas la position de Royal sur le sujet... nous on fait notre boulot, on informe...

COMMUNIQUÉ  de Jacques Myard

 

La BCE vient d’augmenter une nouvelle fois son principal taux directeur en le portant à 3.5% alors que l’inflation en France est à peine de 2%. Aucune raison économique ne justifie cette mesure, elle est même absurde !

Il s’agit en effet de la sixième hausse consécutive annoncée des taux directeurs de la Banque centrale européenne après que l’euro a atteint son niveau historiquement le plus élevé face au dollar. Elle va porter un nouveau coup à la croissance de la zone euro déjà fort modeste alors que l’inflation également très modeste est en phase de décélération. !

En réalité cette mesure est une décision politique qui trouve sa justification dans l’orgueil de puissance d’une banque centrale qui veut affirmer son indépendance face aux Etats. Une telle attitude est intolérable !

La BCE est irresponsable ; elle joue les apprentis sorciers. De deux choses l’une : ou les Etats reprennent la main et recalent fermement la BCE en lui imposant des orientations de croissance, ou les peuples vont se révolter en risquant de jeter le bébé euro et la BCE avec l’eau du bain.

Sources Questions critiques

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mardi 17 octobre 2006

Nous attendons donc avec  impatience 20h35. On se doute à peu près de comment vont se passer les choses. Nous espérons que Arnaud Montebourg se sera exercé avec Ségolène à lui poser les questions les plus ardues qui soient et les plus "vaches" aussi... c'est ce que nous faisons nous-même avant d'entrer en scène... eh oui...

Le lien pour voir en direct, apparemment, il y a déjà saturation car trop de connexions  :

http://lcpan.fr/

Alors faites comme nous, allez sur LCI, là il n'y a pas de problème. écran vide pour l'instant...

http://tf1.lci.fr/infos/endirect/0,,3339964,00-debat-direct-sur-lci-.html

Débat inédit et millimétré mardi soir

pour les prétendants socialistes

 

Les trois prétendants à l'investiture socialiste se retrouvent mardi soir en direct à la télévision pour un "débat" sans contradiction directe sur les questions économiques et sociales, avec le souci de marquer leurs différences tout en évitant une confrontation brutale.

A un mois du vote des militants le 16 novembre (et le 23 en cas de deuxième tour) Laurent Fabius, Ségolène Royal, qui caracole en tête des sondages, et Dominique Strauss-Kahn s'exprimeront l'un après l'autre, puis répondront à des questions de militants tirées au sort par deux journalistes des chaînes parlementaires Public Sénat et LCP-Assemblée nationale.

Mais il n'y aura pas de débat contradictoire et les interventions seront millimétrées. L'émission, premier des trois débats télévisés prévus pour la primaire PS, débutera à 20H35 et devrait durer deux heures. Elle sera également retransmise sur LCI.

Sujet du jour, les questions économiques et sociales. Les deux débats suivants, les 24 octobre et 7 novembre, porteront sur les questions de société et d'environnement, et sur l'Europe et l'international.

Le format de ces débats, réclamés de longue date par Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, a fait l'objet d'âpres discussions. Ségolène Royal n'a pas caché ses réticences et ses deux concurrents ont jugé le terme de "débat" usurpé.

Claude Bartolone, le bras droit de Laurent Fabius, a ainsi regretté mardi matin le "scénario un peu rigide", sans exclure qu'il puisse "évoluer".

Mais, pour le PS, fier de sa démocratie interne, l'exercice n'est pas sans risque. "Je dois protéger le PS", a dit son premier secrétaire François Hollande, par ailleurs compagnon de Ségolène Royal et à ce titre parfois suspecté de partialité par les adversaires de celle-ci.

Il a justifié le format retenu en expliquant qu'il s'agissait d'une "compétition", pas d'une "confrontation". "Il y a un choix à faire dans le même parti. Il n'y a pas d'adversaires au sein du PS".

Mettant en garde "ceux qui pourraient se comporter mal", il a estimé qu'"ils seront jugés sévèrement" par les militants au moment du vote.

Manuel Valls, jospiniste rallié à Ségolène Royal, a résumé la difficulté: "il faut à la fois offrir un choix aux militants et en même temps penser à la vraie campagne". "Il faut arriver en grande forme et pas totalement percuté des coups qu'on se serait donnés nous-mêmes".

Si les trois candidats affirment s'appuyer sur le projet socialiste, chacun a déjà fait entendre sa musique personnelle.

Dominique Strauss-Kahn, qui a présenté lundi ses propositions économiques et sociales, s'est engagé sur un "pacte de l'Elysée" pour faire émerger un nouveau compromis social capable de répondre aux défis de la retraite et du pouvoir d'achat.

Depuis le début de sa campagne, Laurent Fabius se pose en défenseur des catégories modestes et comme "le candidat du pouvoir d'achat".

Il s'est ainsi engagé à augmenter le Smic de 100 euros dès le début de la prochaine législature s'il est élu.

Quant à Ségolène Royal, ses déclarations ont parfois défrayé la chronique. Ainsi ses réserves sur l'application des 35 heures avaient heurté son camp. Elle avait évoqué aussi l'idée d'une syndicalisation obligatoire.

La semaine dernière, dans un entretien au journal britannique The Times, la présidente de la région Poitou-Charentes a déclaré que "les capitalistes doivent se sentir effrayés".

Sources : Marianne 2007

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Jeudi 12 octobre 2006

La femme pas encore un homme politique

Par Charlotte ROTMAN


Malgré une présence de plus en plus affirmée, leur implication reste complexe dans un monde profondément masculin et machiste.

Etat de grâce politique pour les femmes ? Ou Ségolène Royal, Michèle Alliot-Marie et toutes les autres candidates potentielles à l'élection présidentielle ne sont-elles encore qu'un simple écran de fumée ? Derrière ces héroïnes politiques du moment, qui occupent tour à tour les gros titres dans les médias, et malgré la loi sur la parité promulguée le 6 juin 2000, les obstacles continuent en France de se dresser sur la route des milliers de femmes engagées en politique. C'est ce qu'elles disent dans l'enquête entamée l'an dernier par la politologue Réjane Sénac-Slawinski (1).

«Fofolle». C'est une adjointe UMP au maire d'un arrondissement de Paris. Mais cela pourrait être ailleurs. Dans une autre ville, un autre parti. Dans l'exercice de son mandat, elle entend des jugements sur son physique de «grande, blonde, célibataire avec une forme d'assurance». Un jour où elle portait une tenue flashy, on lui a dit qu'elle faisait «fofolle». Sans parler des réflexions sur ses prétendues «coucheries». Cette femme l'a décidé : elle ne se présentera pas aux législatives tant qu'elle sera célibataire. Ou encore cette anecdote, rapportée par Roselyne Bachelot, l'une des rares femmes à droite à se revendiquer «féministe», à propos de Claudine Ledoux, actuelle maire PS de Charleville-Mézières (Ardennes). En 1997, cette dernière voulait se présenter dans une circonscription rurale. Parmi les arguments qu'elle a entendus contre sa candidature : «Je ne sais pas chasser le sanglier.» «Non seulement je sais le chasser, mais aussi le cuisiner», a-t-elle répondu.


Au-delà de la simple misogynie, la parité n'est pas complètement passée dans les moeurs des partis politiques. Rue de la Boétie, le siège de l'UMP reçoit ainsi de nombreux courriers hostiles à ce principe : «Ce n'est pas normal que l'on mette des femmes plutôt que des hommes compétents.» Hors des conseils municipaux, la parité n'a pas eu d'effet d'entraînement. Quelques chiffres : 10,9 % de femmes maires, 10,4 % de conseillères générales et seulement 3 présidentes de départements, une seule présidente de région (Ségolène Royal), 12,3 % de femmes à l'Assemblée nationale et 16,9 % au Sénat. Et, quand elles ont un poste, c'est rarement là où s'exerce le pouvoir. Barbara Romagnan, secrétaire nationale du PS chargée de la rénovation du parti, a ainsi noté qu'aucune femme n'a été ministre de l'Education nationale, alors que, au niveau des délégations municipales, il n'est pas rare qu'elles soient chargées des affaires scolaires. A l'inverse, il y a très peu d'adjointes aux sports, un secteur où le pouvoir se situe au niveau local, alors que plusieurs femmes (dont Marie-George Buffet, PCF) ont été ministre des Sports, un portefeuille sans réelle influence.


«Dure et violente». Dans ses travaux, Réjane Sénac-Slawinski décortique les «filtres à l'engagement politique» des femmes. Et, en premier lieu, cette question : le militantisme est-il un truc de mec ? Georges Tron, député UMP de l'Essonne, ose le demander : «La politique qui est dure et violente, parfois grossière, n'est-elle de ce fait pas plus masculine que féminine ?» Dit autrement (par une femme, cette fois) : «La politique, c'est très physique.» Une responsable UMP explique pourquoi les femmes ont moins d'entrain pour entrer en politique, et notamment pour briguer un mandat local. Elles ont «peur de l'embrigadement, de la perte d'une liberté de pensée. L'homme a peut-être plus l'esprit militaire, les femmes n'ont pas le même esprit de discipline. Les hommes ont plus la passion de la campagne électorale. C'est un combat, les hommes aiment plus ça». Roxane Decorte, conseillère UMP de Paris et conseillère du XVIIIe arrondissement de Paris, elle, ne voulait pas «faire la guerre». On (un homme) lui a répondu : «La politique, c'est la guerre, ce n'est pas pour les femmes.»


Dans le système PS (du moins avant la campagne «nouveaux adhérents»), le recrutement se faisait grâce à un «filtrage» qui favorisait les hommes, mieux insérés dans l'appareil, remarque la chercheuse. Un fin connaisseur des fédérations PS rapporte que, dans les sections rurales, les militantes sont plus souvent filles et conjointes de militants, et «préparent gentiment le cake aux olives». A Paris, ce n'est pas leur profil. Plus jeunes, plus diplômées, «les adhérentes voient l'aristocratie militante comme un obstacle à leur inscription dans l'appareil politique».


Celles qui veulent militer le font souvent plus volontiers dans les syndicats ou les associations. Laurence Rossignol, secrétaire nationale PS aux droits des femmes, rapporte qu'une déléguée nationale, également élue locale, avait demandé aux femmes militantes de s'investir dans les associations. Quinze ans après, elles étaient devenues présidentes d'association. Mais elles avaient déserté le PS.


«Compliqué». Est-ce une question de disponibilité ? «Pour les femmes, le manque de disponibilité est un frein à la prise de responsabilité en interne, ce qui n'est pas le cas des hommes», constate un responsable de section PS. Un cadre d'une fédération socialiste le confirme : «Etre secrétaire de section et avoir un ou deux enfants, c'est compliqué. Le secrétaire de section organise en effet la vie de la section le samedi et le dimanche sur les marchés.» Pour lui, avoir un enfant ­ et vouloir s'en occuper ­ est un «critère discriminant pour le militantisme» : il parle ainsi de «militants handicapés». Et cela a aussi des effets sur la carrière politique, puisque la prise de responsabilité en interne rejaillit sur les mandats électoraux.


Adjointe au maire de Paris, Olga Trostiansky s'accommode de ce handicap. Elle le reconnaît : «Tout engagement politique est un engagement familial, et ceci d'autant plus pour une femme.» Elle s'arrange pour rentrer chez elle de 17 heures à 18 h 30 pour voir ses enfants et zappe certaines réunions. Mais elle note aussi des «frémissements de prise en compte de la vie privée en politique». Par exemple, les élues ont demandé qu'il n'y ait plus de séance de nuit au Conseil de Paris. Ou que, le jour de la rentrée scolaire, le rythme des réunions soit plus calme. Des revendications qui commencent à toucher aussi les hommes, devenus jeunes pères de famille.


(1) Réjane Sénac-Slawinski a enquêté dans deux fédérations PS et UMP à Paris et dans les Hautes-Pyrénées, ainsi qu'à l'échelle nationale et auprès d'associations, dans le cadre de son postdoctorat au Centre de recherches politiques de Sciences-Po - Cevipof sur «Parité et diversité : des effets de la loi dite sur la parité sur la conception de la démocratie représentative et partisane à l'UMP et au PS».

Sources : Libération

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Dimanche 21 mai 2006

Le long repos du guerrier

Le siècle des femmes est commencé. Deux questions restent en suspens. À quelle vitesse la prise de pouvoir se fera-t-elle en Occident? Et qu’en dira Oussama?

J’ai toujours été fasciné par un propos de la philosophe française Elisabeth Badinter à propos de la volonté de puissance des femmes. Notant que c’est seulement au cours du dernier siècle, des suffragettes à nos jours, que les femmes ont revendiqué massivement et avec ténacité leurs droits sociaux et politiques, elle s’est demandé pourquoi cela ne s’était pas produit au siècle précédent, ou alors à celui d’avant, ou à l’autre encore. Et elle a supposé qu’il y avait derrière cet éveil un long mouvement de balancier,  une sub-conscience collective. Il y eut un moment où les femmes étaient prêtes à prendre le pouvoir et où le mouvement s’est enclenché.

Ce sont en effet les sujets, pas les puissants, qui décident de la date de la révolution. C’est vrai aussi pour les Québécois. Longtemps sous la coupe du pouvoir économique et politique anglophone, c’est en 1960 qu’ils ont collectivement dit : ça suffit ! Ils auraient pu le faire en 1920, ont même tenté de le faire en 1936, si le mouvement n’avait pas été détourné par Maurice Duplessis. Mais il a fallu la révolution tranquille, avec les Lesage, Lévesque, Gérin-Lajoie et Kierans (entourés et aiguillonnés, donnons tout le crédit, par les conseillers Claude Morin, Michel Bélanger, Jacques Parizeau), pour que le Québec prenne le pouvoir. Notez : que des hommes.

En 2006, la montée des femmes  s’approche de ce que les sociologues américains appellent le «tipping point», le moment où la somme des petits changements précédents modifie suffisamment l’ensemble pour que le réel bascule. Comme la dernière poussée d’un rocher que l’on pousse au sommet d’une montagne. L’instant d’après, tout déboule. Je ne suis pas le seul à le dire. Voyez cette citation : « le moment des femmes est venu. Non pas pour les femmes, mais pour l'harmonie de la vie tout simplement et pour le bonheur des hommes et des femmes. » Son auteur : Ségolène Royal.

L’affaire n’est pas que politique. Que dans des bureaux d’avocats, des facultés américaines, les hommes aux tempes grises appliquent en douce un quota minimum d’embauche ou d’inscription de jeunes hommes, pour contenir l’écrasante majorité montante de diplômés féminins, est le signe du combat d’arrière-garde masculin qui commence dans les lieux intermédiaires du pouvoir. Les taux de décrochage des jeunes hommes, de suicide même, la propension de l’industrie publicitaire – toujours à l’affût des tendances – à dénigrer les hommes dans les publicités, la multiplication sur les grands écrans ces temps-ci de superhéros féminins, le grand retour spirituel de Marie-Madeleine, autant de signes de puissance féminine, de déclin masculin. (Subliminalement, toutes les pubs de Viagra sont des signaux que la virilité a besoin de béquilles. Rien de tel pour la force féminine.)

Mais j’entends déjà mon amie Françoise David rugir : aux sommets du pouvoir, là où les grandes décisions sont prises, nous sommes loin du compte ! Certes, mais la distance pourrait être franchie plus vite qu’on ne le croit, et je ne parle pas que de la nouvelle première ministre chilienne. Le chancelier allemand s’appelle désormais Angela. En France, pays de la misogynie politique crasse, il est maintenant probable que Ségolène Royal soit la candidate présidentielle socialiste – et qui sait ce qui se passera au second tour des présidentielles, l’an prochain. Aux États-unis,  la chute de la maison Bush rend pour la première fois crédible l’élection de Hillary Clinton. Faites le compte, cela ferait trois femmes au G7. Juste pour ça, juste pour passer le «tipping point» et donner une majorité féminine dans le lieu central du pouvoir mondial, on se prend à vouloir que Belinda revienne sur sa décision… (Vous me direz, mais le Québec, qui s’est privé de Pauline ? D’abord, ce n’est pas ma faute, j’ai voté pour elle. Mais le Québec est distinct, nous passons directement au premier ministre gai.)

Cette féminisation du pouvoir occidental aura cependant un impact immédiat sur la principale ligne de fracture mondiale. Le monde musulman, qui frémit à la vue de caricatures de Mahomet qui – pour nous, ne vont pas à la cheville du piquant des dessins de Chapleau même lorsqu’il est très fatigué – réagira bien mal à un Occident dirigé par des femmes dévoilées, désinhibées, ambitieuses, puissantes, déterminées.

Le vrai clash des civilisations commencera-t-il là, avec l’irruption du pouvoir occidental féminin, condition aggravante pour les mollahs et les partisans d’Oussama ? Y aura-t-il plutôt un réveil des femmes musulmanes, déplaçant la ligne de fracture vers l’intérieur des sociétés où règne l’islam, provoquant une salutaire crise interne débouchant sur une réforme et une modernisation?

Qui peut le dire ? Les femmes ont décidé de prendre le pouvoir. Elles sont sur le point de le prendre. Ce sera fascinant, c’est sûr. Pour nous, les hommes, commence le long repos du guerrier. Notre réveil sonnera, c’est sûr. Rendez-vous dans quelques siècles.

Sources : L'actualité com

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 15 mars 2006

Un article de Paris-Match sur Ségolène et Françoise de Panafieu...

Deux femmes en politique

Auteur : François de Labarre, Jean-Marie Rouart

Ségolène Royal. Même à Rome, tous les chemins mènent à elle.

Studieux week-end romain pour Ségolène Royal. Invitée par Piero Fassino, le leader de Democratici di sinistra, le grand parti de la gauche transalpine qui pourrait triompher de la formation de Berlusconi aux élections d’avril, la présidente de la Région Poitou-Charentes a assisté à un colloque sur la politique familiale. L’ancienne ministre à la Famille et à l’Enfance a réaffirmé son intérêt pour « les problèmes périphériques, l’enfance, la famille, l’environnement ». Une élégante façon de répondre à ceux qui contestent ses ambitions présidentielles au prétexte qu’elle n’aurait jamais géré de « grands dossiers ». Alors que la presse italienne saluait la « naissance d’une étoile » en politique, notre tableau de bord Paris Match-Ifop des personnalités préférées des Français confirme sa montée : avec 70 % de bonnes opinions, Ségolène Royal arrive juste derrière Bernard Kouchner. Candidate déclarée à la candidature pour la présidentielle de 2007, l’épouse du premier secrétaire du P.s. a rappelé qu’elle n’était pas en campagne. Seulement en week-end dans la Ville éternelle.

Panaf à l'assaut de Paname. Le député-maire du XVIIe arrondissement a remporté les primaires de l’U.m.p. et va mener bataille pour la Mairie de Paris contre Bertrand Delanoë. Encore une femme qui a le vent en poupe.

Elle est la première femme en mesure, peut-être, de conquérir la capitale. Le 28 février, au second tour des primaires organisées au sein de la fédération de Paris, Françoise de Panafieu a été désignée tête de liste U.m.p. pour les élections municipales de 2008. A 57 ans, cette mère et grand-mère active entend unir toute l’opposition. Le précédent scrutin, perdu par la droite, ne doit plus être qu’un mauvais souvenir. Député depuis 1988, ministre du Tourisme du gouvernement Juppé, adjointe au maire de Paris à l’époque de Jacques Chirac et de Jean Tiberi, l’adversaire de Bertrand Delanoë confie à Jean-Marie Rouart, de l’Académie française, qu’après l’échec de la candidature de la Ville lumière aux J.o. 2012, elle rêve de lui redonner du « sens » et de laisser sa « signature ». « Panaf » attaque.


SEGOLENE ROYAL

Surtout ne pas trop en faire. La délégation de Ségolène se résume à deux personnes. Face aux déplacements de Sarkozy, c’est David contre Goliath.

« J’ai failli annuler ce voyage. » Ségolène est inquiète parce que son déplacement en Italie tombe deux jours avant celui de Laurent Fabius et trois jours avant celui de Lionel Jospin ! « Je ne pouvais pas annuler parce que cette grande journée était prévue depuis longtemps », se justifie-t-elle. La femme politique, en tête des sondages, marche au pas de course la mine inquiète, dans le couloir de l’aéroport de Roma Fiumicino réservé aux V.i.p., et appelé pompeusement « cerimoniale di Stato ». Avec ses bottes en cuir marron, son sac rouge, son grand manteau blanc, cette jolie femme pressée et d’allure moderne ne voudrait pas qu’on la prenne pour une tueuse piétinant le terrain des autres. Maintenant qu’elle a prouvé que sa notoriété n’était pas une bulle médiatique, elle doit faire face aux envieux. A la question : « Comment expliquez-vous votre succès dans les sondages ? », elle répond qu’elle ne cherche pas à l’expliquer. « Je le constate, dit-elle simplement, il est peut-être dû à ce que j’incarne et surtout à ce que j’ai fait de concret. » Ces prochains mois, elle va donc essayer de continuer son travail tout en gardant la tête froide. C’est parfois difficile, surtout avec ces journalistes italiens très intrigués qu’une femme prétende gouverner un pays latin, et qui l’ont interrogée sur la réussite d’une campagne qui n’a même pas commencé. Avant de répondre aux questions du magazine « L’Espresso » qui lui consacrait quatre pages, la présidente de la Région Poitou-Charentes a prévenu que l’ouverture de la candidature à la candidature n’était prévue que pour le mois de septembre. Ségolène marche sur des œufs. C’est pour cela qu’elle semble préoccupée par ce hasard de calendrier qui a fixé sa visite juste avant celle de Fabius et de Jospin, dont, fatalement, on parlera beaucoup moins. Cela risque de mettre de l’huile sur le feu, d’autant que le hasard a aussi voulu que Ségolène prenne le même avion que Danielle Mitterrand, qui a profité de la présence d’une poignée de journalistes pour apporter son soutien à... Ségolène Royal ! Une de plus ! Ce samedi 4 mars, Ségolène a décidé de ne pas en faire trop. La délégation de ce déplacement officiel est réduite à son strict minimum : deux personnes. C’est Patrick Mennucci qui l’accompagne, l’Italien du P.s., spécialiste des questions méditerranéennes, vice-président du conseil régional de Paca et conseiller municipal à Marseille. « On a demandé si on pouvait emmener une troisième personne, a-t-il confié, mais le parti n’a pas voulu, faute de moyens. » Le P.s. contre la grosse machine de Nicolas Sarkozy, c’est David contre Goliath !

Sur la route, sous les affiches immenses d’un Silvio Berlusconi au visage lisse, des affichettes annoncent l’arrivée dans la capitale italienne de Ségolène Royal. Au Grand Hotel de la Minerve, Piero Fassino embrasse son amie Ségolène. Lui, c’est le leader de Democratici di sinistra, le grand parti de gauche, le « François Hollande » italien. Il ne lui ressemble pas du tout physiquement : il est grand, maigre, avec le visage creux et le nez aquilin, mais il a un point commun avec le leader du P.s., son épouse est une femme politique. Anna Serafini est, elle aussi,, candidate aux élections sénatoriales dans la région de Venise. Les deux couples qui s’entendent très bien partagent la même vision moderne de la place des femmes dans la politique. « Le tiers de nos candidats aux législatives seront des candidates », se réjouit Piero Fassino dont le parti est celui qui compte le plus de femmes en Italie. « 54 % de la population italienne sont des femmes et seulement 10 % sont au Parlement », déplore cet homme friand de chiffres. S’il se félicite qu’une femme comme Ségolène puisse avoir un poids politique aussi important en France, il ne soutient ni n’encourage sa candidature à l’élection présidentielle car il sait que ce n’est pas le moment. Piero Fassino, qui aspire au poste de ministre des Affaires étrangères, se montre diplomate en parlant de Ségolène Royal : « Nous la considérons comme une grande personnalité politique, on la suit avec intérêt et sympathie », dit-il le sourire en coin et l’œil brillant comme pour signifier, au grand dam du journaliste qui l’interroge, qu’il n’en dira pas plus. Pendant le déjeuner, il confie en privé que « Ségolène est la personnalité politique de la gauche française que les Italiens connaissent le plus ». Il suffisait de la voir passer devant la terrasse du café Sant’Eustachio, derrière la place du Panthéon, pour s’en rendre compte. Dès son entrée dans le Teatro Valle où se tient cette conférence nationale, une foule compacte la prend d’assaut et elle est accaparée par la presse. Le colloque est consacré à l’enfance et à l’adolescence, des sujets que l’ancienne ministre déléguée chargée de la Famille maîtrise parfaitement. Ségolène Royal prononce un discours brillant, sans notes.

Les trois heures de bel canto et de discours qui ont précédé l’intervention de Ségolène ne l’ont pas fatiguée. « Je ne doute pas que les résultats des élections à venir vont faire revenir l’Italie dans l’Europe car l’Europe a besoin de l’Italie », conclut-elle avant d’être chaleureusement applaudie. « Une victoire de la gauche dans les deux pays permettra de retisser des liens », commente un militant du parti Democratici di sinistra. Il est vrai que, tandis que tous les leaders de la gauche française défilent à Rome pour soutenir la candidature de Romano Prodi, aucun représentant de droite n’a osé saluer Silvio Berlusconi. Les relations entre les deux pays sont tendues : l’Italie, qui en veut à la France d’avoir refusé la Constitution européenne, la taxe maintenant de protectionnisme à cause de la fusion Suez-G.d.f., empêchant le succès de l’O.p.a. d’Enel sur Suez. Une fusion « injustifiée », d’après Ségolène Royal, qui propose de structurer l’industrie et le secteur de l’énergie en Europe pour peser face à des géants tels que la Chine ou l’Inde. Dynamique, souriante, sûre d’elle-même, Ségolène Royal charme l’Italie et les Italiens dont elle se sent proche.

Après une rencontre avec Walter Veltroni, le maire de Rome, dans ses bureaux qui surplombent le Forum, « la » Ségolène s’entretient au téléphone avec Romano Prodi, le candidat de la gauche italienne qui, dans les sondages, mène encore de quatre points contre Silvio Berlusconi. Pendant sa campagne, qui s’intitule « Pour un gouvernement sérieux », la stratégie de la gauche consiste à « dire ce qu’on peut faire ». Face à un Nicolas Sarkozy débordant d’imagination, la très pragmatique Ségolène Royal pourrait bien s’inspirer du slogan transalpin. En attendant d’être enfin désignée candidate à la candidature, elle observe avec intérêt cette gauche italienne qui s’active. Ironie du sort, ou dernier hasard malheureux. Face à l’hôtel où logent Ségolène Royal et sa délégation trône la statue d’un éléphant au milieu d’une place déserte. Clin d’œil à ceux du P.s. qu’elle s’apprête à envoyer au cimetière. Il fait face au Panthéon où reposent, bien sûr, les grands hommes.

FRANCOISE DE PANAFIEU

Françoise de Panafieu “La fameuse politique de la circulation de M. Delanoë ! Il n’a réussi qu’à dresser les Parisiens les uns contre les autres, les piétons contre les automobilistes, les automobilistes contre les cyclistes”.

Avec ses yeux d’azur et ses cheveux gris, elle a l’air d’une louve heureuse d’avoir pris la tête de la meute. On le sent, elle aime la conquête, les combats nécessaires pour parvenir à l’emporter dans ce monde viril où elle est pourtant partie avec le plus lourd des handicaps : être une femme. La droite et la gauche ne sont pas dissemblables sur ce point. Le Parti socialiste avait réussi à donner le change par quelques nominations cosmétiques, mais le masque est vite tombé dès que Ségolène s’est envolée dans les sondages. De Strauss-Kahn à Emmanuelli, jusqu’au pourtant très consensuel Jack Lang, qui a largement fait commerce de tolérance, ils ont tous vu rouge. La droite, elle, n’a pas cessé de professer un bon machisme des familles. A l’exception de la parenthèse Giscard d’Estaing, qu’il faut saluer, car le président a fait figure de précurseur en propulsant sur le devant de la scène Simone Veil, Alice Saunier-Seité, Christiane Scrivener, Françoise Giroud et beaucoup d’autres. L’épisode de l’éviction des « Juppettes », dont faisait partie Françoise de Panafieu, n’a fait que confirmer ce qu’on savait sur le peu d’estime que la gent politique manifestait au « deuxième sexe » dès qu’il s’aventure sur son terrain d’excellence et sur ses chasses réservées.

Mais, entre-temps, la cause des femmes a évolué. Lassés de révérer l’icône Simone Veil qu’on leur présentait avec d’autant plus d’encens qu’on savait que celle-ci ne traverserait jamais le chemin d’aucune ambition ; lassés également de l’assurance, de la suffisance autant que de l’insuffisance des hommes politiques qui les ont menés en bateau, les électeurs se disent : pourquoi pas les femmes ? Puisque les hommes n’ont pas cessé d’échouer, d’être infidèles à leurs promesses, il ne reste plus qu’à faire confiance à ces femmes si longtemps négligées. D’où le phénomène Ségolène, dont l’onde de choc, après avoir secoué le Parti socialiste, fait l’effet, avec le succès de Panafieu, d’un bénéfique électrochoc sur la droite.

Le pari était risqué pour Sarkozy. Cette répétition générale des primaires pour la présidentielle pouvait lui réserver une mauvaise surprise : un retour des caciques comme Tiberi. Cela n’a pas été le cas, celui-ci a au contraire retrouvé, grâce à sa pugnacité, sinon sa virginité perdue, du moins une image tout à fait présentable. L’autre risque, c’était la coalition des trois concurrents contre une femme, ce qui aurait eu un effet aussi désastreux que l’élimination des « Juppettes ». La mise en orbite de Panafieu a pour Sarkozy tous les avantages : elle calme le jeu politique à Paris après le bourbier délétère des dernières municipales dans la capitale ; elle lui apporte dans sa course à l’Elysée une quasi-coéquipière de charme qui va donner à son image fébrile et tendue de Bonaparte à Arcole la douceur rassurante d’une femme qui, si elle sait se comporter bravement au


Car « Panaf », comme on dit familièrement, est désormais indéboulonnable. Aucun prédateur ne se risquera à lui disputer la primauté, pas même Villepin si d’aventure le grand barzoï de Matignon caressait l’idée d’aller attendre des sondages plus favorables sous les plafonds surdorés de l’Hôtel de Ville de Paris.

Françoise de Panafieu me reçoit en tailleur pantalon bleu marine dans son bureau de la mairie du XVIIe arrondissement dont elle est le député-maire. Seuls signes de sa nouvelle élévation, deux gros bras au bas de l’escalier scrutent le visiteur. Malgré sa victoire, Françoise de Panafieu n’exulte pas. Elle est déjà dans l’autre phase, celle du duel avec Delanoë qui ne l’a jamais ménagée et qui a peut-être senti qu’elle serait un jour pour lui la menace la plus dangereuse.

Panafieu évite donc tout triomphalisme : « Une vraie page a été tournée. Il y a désormais l’union, et mes anciens concurrents – et non pas adversaires – l’ont admis. Je suis maintenant le chef de file. C’est ensemble, avec eux, que nous devons fédérer les Parisiens. C’est ensemble que nous gagnerons l’Hôtel de Ville en 2008. Pendant toute ma campagne, j’ai privilégié le dialogue pour préparer l’union du lendemain. Maintenant, il faut tourner la page des primaires qui se sont bien passées. Elles ont permis à une droite parisienne invisible et peu écoutée d’être visible et audible. Elles ont permis de dresser un premier bilan des quatre années de gestion de M. Delanoë. C’est une prise de conscience qui a commencé pour les Parisiens après l’échec de la candidature de Paris aux Jeux olympiques. Ils ont senti que leur ville avait été mal défendue par un maire qui avait tout focalisé sur sa personne alors qu’il fallait faire adresser ce message par un grand sportif. Enfin, quand on est fier de sa ville, on a pu éprouver de la honte quand, après la défaite, il s’est montré mauvais joueur vis-à-vis des Anglais. Ça manquait d’allure. »

Paris Match. La politique parisienne de Bertrand Delanoë ne se limite pas aux Jeux olympiques.

Françoise de Panafieu. Cet échec a été une révélation. Qu’est-ce qu’un maire, surtout celui d’une ville aussi légendaire que Paris ? Son rôle, c’est donner du sens, une direction, des objectifs. Au lendemain de la défaite aux Jeux olympiques, les Parisiens ont pris conscience que Paris, avec Delanoë, était vide de sens. Le seul véritable objectif qu’il leur proposait, c’étaient les Jeux. Sorti des Jeux, il n’y avait plus rien. Ça n’est pas acceptable. Paris est la capitale de la France et c’est un mythe mondial. Le maire ne doit pas jouer perso. Il doit incarner sa ville et être capable de la projeter dans l’avenir indépendamment des aléas et des circonstances. Aujourd’hui, on ne voit pas ce que sera Paris dans quinze ou vingt ans. On ne voit que Delanoë.

P.M. Et vous, comment voyez-vous Paris dans quinze ou vingt ans ?

F. de P. J’aime les maires qui laissent leur signature sur les villes qu’ils dirigent. Ceux qui leur font faire un pas décisif. Chirac a été un grand maire. Il a créé la fonction de maire de Paris et lui a donné sa carrure, son ampleur. Il en a fait une plate-forme internationale. C’est grâce à lui que Paris est devenu un grand vaisseau à la fois local et international. J’ai aussi beaucoup d’estime pour l’ancien maire de New York Rudolph Giuliani. Il a réussi à faire reculer la criminalité dans sa ville qui avait la réputation d’être un coupe-gorge. Il faut rendre Paris à nouveau attirant. Il faut donner l’envie d’y vivre et d’y venir. Je ne connais pas de capitale qui se porte bien sans conjuguer deux exigences : on doit pouvoir y vivre bien mais aussi la ville doit créer de la richesse. Or, actuellement, M. Delanoë est exclusivement tourné vers la vie à Paris, la ville ne crée plus de richesses. Je suis convaincue de la nécessité pour Paris d’avoir un grand projet fédérateur qui rassemble non seulement les Franciliens mais aussi tous les Français et, au-delà, tous ceux qui, dans le monde, regardent Paris. Car il ne faut jamais oublier que la capitale est non seulement une référence mais que, pour beaucoup, elle a une mission universelle. Elle a toujours été sur le plan culturel au confluent des questions esthétiques et des questions éthiques. Elle a réconcilié la tradition et l’avant-garde. C’est la rencontre en son sein de Voltaire et de Zola, de Mauriac, de Malraux, du classicisme de David et d’Ingres, mais aussi de la révolution impressionniste, du mouvement surréaliste. Paris a magnifiquement su marier les contraires et donner aux forces intellectuelles et spirituelles de la province un porte-voix exceptionnel. Paris est vraiment la voix de la France, chargée de tout le poids de son passé historique, mais aussi de toutes les virtualités de l’avenir. Pour beaucoup d’hommes et d’écrivains d’Europe centrale ou de pays opprimés, comme Cioran, Ionesco ou Romain Gary, Paris a incarné la capitale de la liberté et de la beauté. Cela oblige à une certaine exigence et à une grande ambition.

P.M. Vous avez encore un adversaire, un concurrent en tout cas, Bernard Debré ?

F. de P. Bernard Debré n’a pas clarifié sa position. C’est son choix. Il est difficile de savoir où il se situe. Il était à l’U.d.f. et il a fait un pas vers l’U.m.p. Il est difficile à définir. Seule chose certaine, il est médecin. Il est entre deux chaises. Il a choisi de ne pas être candidat aux primaires pour des raisons qui lui appartiennent. Aujourd’hui, ces primaires se sont révélées un succès ; 11 000 adhérents sont venus à notre rencontre. Je vous rappelle pour mémoire que Delanoë n’avait été désigné que par 3 500 militants socialistes. Je vois mal quelqu’un ayant refusé la compétition se décréter subitement candidat. Etre maire de Paris, ça ne se décrète pas, ça se mérite. Il va sans dire que tous les talents sont les bienvenus dans mon équipe. Bernard Debré y aura bien sûr sa place s’il le souhaite.

P.M. Et Villepin, ne risque-t-il pas de tourner ses ambitions vers Paris ?

F. de P. Indépendamment du respect et de l’amitié que j’ai pour lui – l’homme n’est bien sûr pas en cause –, je ne le vois pas venir troubler le jeu. Sarkozy, avec ces primaires, a donné la possibilité aux adhérents de l’U.m.p. de trancher pour éviter les cafouillages et l’échec des dernières municipales. Le nombre des adhérents à l’U.m.p. a doublé. Je vois mal un président de parti politique, fût-ce le talentueux Nicolas Sarkozy, aller expliquer à ses militants, qui ont travaillé à un projet collectif, qui se sont prononcés, que tous leurs efforts sont nuls et non avenus parce qu’un parachuté débarque du ciel. On a vu ce que ce type de parachutage a donné lors des dernières élections municipales [Séguin].

P.M. Et la date des municipales, êtes-vous favorable à 2008 ou à 2007 ?

F. de P. Le report des élections municipales au printemps 2008 impose un délai d’un an après les élections présidentielle et législatives. Autant dire que la première année du gouvernement issu des élections de 2007 risque d’être perdue à cause de la perspective de cette nouvelle campagne électorale municipale. Et pourtant, la France a tant besoin d’action et de réformes ! La sagesse serait de mettre les municipales à l’automne 2007.

P.M. Et si l’idée prenait à Chirac de revenir à l’Hôtel de Ville ?

F. de P. Alors il faudrait songer à créer une fonction de maire d’honneur.

P.M. Chirac, vous le connaissez bien. Sera-t-il candidat à la présidentielle ?

F. de P. Il n’y a que lui qui puisse répondre à cette question. J’ai toutefois la conviction que nous sommes entrés, avec le nouveau millénaire, dans une autre époque. Tout s’accélère. Les rythmes ne sont plus les mêmes. Nous ne communiquons plus de la même manière. Il me semble que nous avons besoin d’un homme ou d’une femme de notre temps, de notre génération, pour appréhender ces phénomènes nouveaux.

P.M. A quoi attribuez-vous cette vogue qui porte aujourd’hui les femmes en politique ?

F. de P. Je remarque que ce mouvement en faveur des femmes concerne d’abord celles qui ont une véritable expérience et ont gagné une vraie légitimité à travers leurs mandats et leurs responsabilités ministérielles. Etre femme aujourd’hui peut être éventuellement un atout mais ça ne saurait suffire. Il faut faire ses preuves. Et, de ce point de vue, nous sommes logées à la même enseigne que les hommes. Les partis politiques ne nous ménagent pas. On ne peut pas résumer un parcours politique au seul fait d’être une femme.

P.M. Vous côtoyez Ségolène Royal à l’Assemblée. Est-ce que vous vous parlez ?

F. de P. Bien sûr, il nous arrive de nous parler. Pas plus, du moins pour l’instant.

P.M. Quelles sont les femmes que vous admirez ?

F. de P. Indira Gandhi, Golda Meir, Angela Merkel, bien sûr Simone Veil. J’ai une admiration particulière pour une grande résistante, Marie-Madeleine Fourcade, qui a été l’une des héroïnes du réseau Alliance. C’est un exemple de courage et d’anticonformisme dans une époque difficile.

P.M. Quelle est, à votre avis, la principale qualité des femmes en politique?

F. de P. Elles sont pragmatiques. Elles ont une grande capacité à se mettre à la place des autres car elles ont des vies successives qui s’additionnent.

P.M. Quel est votre projet ? Certains de vos adversaires vous reprochent d’être plus une image qu’un programme...

F. de P. C’est toujours ce que l’on dit des femmes. J’ai vu beaucoup d’hommes politiques sans projet à qui on n’adressait pas ce reproche. J’en ai vu d’autres avec beaucoup de projets irréalistes, ou non réalisés, et, pis encore, avec de mauvais projets.

P.M. Dans ces mauvais projets, vous incluez Delanoë et sa politique de circulation à Paris ?

F. de P.
Pourquoi mettre en place une politique de restriction de la circulation à Paris ? D’abord pour lutter contre la pollution. Là, nous sommes tous d’accord. Mais je vous signale que la pollution baisse régulièrement de 3 % à Paris. Elle n’a pas plus baissé depuis Delanoë qu’avant. A partir du moment où il y a des embouteillages inextricables, les gaz toxiques ne diminuent pas, au contraire. Le maire de Paris s’y prend mal. Par idéologie et en oubliant tout pragmatisme, il n’a pas voulu tenir compte des Parisiens qui souffrent aujourd’hui dans ce grand piège qu’est devenue leur ville. A cause de lui, beaucoup de Parisiens souvent âgés se trouvent dans un grand isolement provoqué par les difficultés dues à la mauvaise circulation. M. Delanoë n’a réussi qu’à dresser les Parisiens les uns contre les autres, les piétons contre les automobilistes, les automobilistes contre les cyclistes. Il a fait baisser le petit commerce déjà en difficulté et il a découragé toute une partie de la population qui a besoin de sa voiture pour des raisons professionnelles ou personnelles mais qui ne peut plus ni circuler ni stationner. C’est à tout cela qu’il faut remédier.

P.M. Comment votre famille regarde-t-elle votre carrière ?

F. de P. Je ne suis pas happée par la vie politique. J’ai toujours eu à cœur de préserver ma vie familiale, à laquelle je tiens. Je veille à maintenir l’équilibre et l’harmonie avec mon mari, mes enfants et bientôt mes quatre petits-enfants, comme le font toutes les femmes qui travaillent. C’est vrai que je n’ai pas le temps de m’ennuyer.

P.M. Jamais de tiraillements ?

F. de P. Non, mais j’ai beaucoup de chance. Guy, mon mari, et moi partageons toutes les décisions prises, que ce soit celles qui le touchent ou celles qui me concernent. Chacun prend sa part dans l’histoire sans complexe et avec bonheur.

P.M. D’où vous vient votre formidable énergie, votre ambition ?

F. de P. L’envie d’être utile. Si on n’a pas envie d’être utile aux autres, il ne faut pas faire de politique. Et puis j’aime être dans le mouvement de mon pays, de ma ville et du monde. J’ai une grande curiosité pour les autres. Mes parents m’ont élevée dans cette exigence du service public. Mon père, François Missoffe, qui fut ministre du général de Gaulle, me répétait souvent : “Ne pas participer, c’est le seul péché.”


Sources : PARIS MATCH

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 15 février 2006

Les femmes, étendards du changement

par Françoise Fressoz

Editorialiste aux Echos

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Le 5 juillet 2005, un petit bout de femme se fait élire présidente du Medef en obtenant 53,3 % des suffrages. A quarante-six ans, Laurence Parisot entre dans l’histoire en devenant la première femme à accéder à la présidence de l’organisation patronale française. « C’est un signal très fort de modernité et d’audace », s’exclame Ernest-Antoine Seillière en lui passant les rênes. Pierre Mauroy ne pourra plus parler des « hommes à costume rayé et à cigare » pour désigner les patrons. Le 22 novembre, Angela Merkel, la présidente de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), devient, à cinquante et un ans, la première chancelière de l’Allemagne fédérale. Celle que ses adversaires appelaient « la souris grise » et qu’Helmut Kohl nommait de façon un peu condescendante « fifille » se retrouve à la tête d’une grande coalition CDU-SPD avec pour mission de sortir du chômage et des déficits un pays qui n’a pas encore digéré sa réunification. Dix mois plus tôt aux Etats-Unis, Condoleezza Rice, fille d’un pasteur noir de Birmingham, est devenue à cinquante ans le ou, plutôt, la 66e secrétaire d’Etat américain.

Paris, Berlin, Washington mais aussi... Monravia, au Liberia, où, pour la première fois sur le continent africain, une femme, Ellen Johnson Sirleaf, a été élue à la présidence. Et encore Santiago du Chili où une autre femme, Michelle Bachelet, est donnée favorite pour le second tour de la présidentielle, du 15 janvier. En Europe et ailleurs, les femmes ont marqué l’année 2005 de leur empreinte et ce n’est sans doute pas fini. Dans les couloirs de l’ONU, on murmure le nom de Vaira Vike-Freiberga, la présidente de la Lettonie, pour remplacer Kofi Annan dont le mandat expire dans un an. Rien n’est joué, mais le simple fait qu’une candidature féminine soit évoquée est déjà en soi une petite révolution. En France, où les socialistes sont toujours à la recherche d’un candidat à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal est en train de créer la surprise en s’installant en tête des sondages. A droite, quand on évoque le nom des candidats possibles, Valéry Giscard d’Estaing conseille de ne pas oublier celui de Michèle Alliot-Marie parce qu’en 2007 « la donne féminine comptera ». MAM qui, comme Michelle Bachelet, a conquis ses galons en s’imposant à la tête du ministère de la Défense, réputé difficile et machiste - « Avec elle, pas une étoile ne bouge ! » dit fièrement son compagnon Patrick Ollier. MAM qui, comme Ségolène Royal, pourrait bien, mine de rien, bousculer le club des présidentiables.

Dans le monde des affaires aussi, les choses bougent. A Deauville, en octobre, s’est tenu le premier « 
Women’s Forum for the Economy and Society ». A l’initiative d’Aude de Thuin, une entrepreneure qui a l’art de capter l’air du temps, 500 femmes leaders venues des quatre coins du monde ont confronté leurs expériences et affiché une ambition : « Changer la culture du pouvoir économique et politique ». Parmi les participantes : Laurence Parisot, Patricia Barbizet (Artémis), Laurence Danon (Printemps), Anne Lauvergeon (Areva), Cherie Blair, l’épouse du Premier ministre britannique. Toutes se sont hissées à de hauts postes hiérarchiques et toutes sont convaincues que les femmes sont un atout dans les mutations en cours : « Elles ont une volonté de partage et un grand pragmatisme », assure Aude de Thuin.

D’ordinaire, les changements se produisent dans la fureur. Là, on assiste plutôt à une sorte de révolution tranquille qui ne surprend guère les sociologues : « Dans les régimes démocratiques, l’égalité homme/femme est une valeur très largement partagée », rappelle la sociologue Nathalie Heinich. « Ce qui était virtuel, depuis les lois sur la parité, a tendance à passer dans les faits », complète Jeanine Mossuz-Lavau, chercheuse au Cevipof (Centre d’étude de la vie politique française), en confirmant qu’il se passe quelque chose dans les profondeurs de la société.

Ce quelque chose, c’est l’évolution rapide de l’opinion : en France, par exemple, 89 % des personnes interrogées affirment vouloir davantage d’élues au Parlement, alors qu’il n’y en a aujourd’hui que 12 % à l’Assemblée nationale. Et 87 % se disaient prêtes, avant l’élection présidentielle de 2002, à élire une femme présidente de la République, alors que la proportion des convaincus n’était que de 60 % au début de la décennie 1980. La progression est logique au regard de l’évolution démographique, puisque les femmes sont à la fois majoritaires dans la population et majoritaires dans le corps électoral (52 %), mais là n’est pas l’essentiel : derrière le « phénomène femme », il y a surtout la prise en compte de la diversité de la société : « La France est composée d’hommes et de femmes, de jeunes et de vieux, de Blancs, de Blacks, de Beurs... mais lorsqu’ils regardent leur classe politique et les élites en général, les Français ne voient pas du tout le reflet de cette réalité », résume Janine Mossuz-Lavau. D’où leur envie de donner un grand coup de balai pour mettre la représentation en adéquation avec la réalité : « Le vent du renouvellement souffle fort et, dans ce changement, l’attribut féminin compte », résume Emmanuel Rivière, qui dirige l’un des pôles de TNS Sofres. A cette aune, la socialiste Ségolène Royal cumule un certain nombre d’atouts : c’est une mère de famille ancrée dans le concret, qui a réalisé un beau parcours politique, mais en se tenant à l’écart des jeux internes du PS. Elle est une sorte d’antidote à la crise qui frappe les éléphants socialistes.

Des actrices convaincues qu’elles ont un rôle à jouer ; une opinion qui pousse. A ces deux ingrédients du changement s’en ajoute un troisième encore timide : les élites, bousculées, sont en train de prendre conscience qu’elles doivent bouger. Pour s’imposer à la tête du Medef, Laurence Parisot a bénéficié de la complicité active de son prédécesseur. Ernest-Antoine Seillière a très vite compris tous les avantages qu’il pouvait tirer de l’accession de cette femme à la tête de l’organisation patronale : pas de comparaison possible avec son propre style, une image des patrons rénovée et une vraie révolution au sein de l’organisation patronale. Pour la première fois, ce n’est pas l’UIMM (l’Union des industries minières et métallurgiques) qui a fait l’élection au sein du Medef.

D’où la question : la promotion des femmes masque-t-elle ou appelle-t-elle d’autres changements profonds ? On serait enclin à le croire en retraçant certains parcours : « J’ai tous les péchés, résume avec humour la Chilienne Michelle Bachelet, je suis une femme, je suis socialiste, je suis divorcée et je suis agnostique », ce qui fait effectivement beaucoup pour un pays très catholique où le divorce n’est reconnu que depuis deux ans. L’Allemande Angela Merkel s’est quant à elle imposée dans le pays des trois K « Kirche, Küche und Kinder » (l’église, la cuisine, les enfants) alors qu’elle est divorcée remariée sans enfants. Mais, nuancent les sociologues, ces réussites paradoxales ne sont pas forcément le signe avant-coureur de profonds changements dans les sociétés : « Pour arriver au niveau politique où elles sont, il fallait à ces femmes des attributs d’exceptionnalité. Le point commun entre elles, c’est un profil de battante », souligne Janine Mossuz-Lavau. Quant à savoir si les femmes ont réellement une autre approche du pouvoir que les hommes... la réponse prendra un peu de temps.

Sources : Le blog de Françoise Fressoz - Les échos

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 8 février 2006

Ce n'est pas parce que nous ne sommes pas d'accord sur tous les points avec quelqu'un qu'il ne faut pas reconnaître ses qualités et sa valeur. Ségolène Royal n'a pas fait tout ce parcours par l'opération du Saint-Esprit et quoique puissent dire ses détracteurs, ils font preuve de mauvaise foi en niant les points positifs qui l'ont propulsé là où elle est. Nous noterons aussi que c'est dans son propre camp que l'on trouve les pires critiques. Car que ce soit la droite ou le Parti Communiste, certains de leurs représentants n'hésitent pas à la légitimer, ce qui est quand même un peu fort et montre l'esprit primaire régnant chez les baroudeurs socialistes...

Royal défendue par Buffet et Peillon 

Plus une interview politique sans que soit posée la question de la crédibilité d'une candidature PS de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007. Alors que la présidente de la région Poitou-Charentes vient de faire l'éloge de Tony Blair, c'est du PCF qu'est venu, hier, un soutien indirect. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PC, a en effet estimé : « C'est une femme qui a eu des responsabilités, pourquoi nierait-on sa capacité ? », ajoutant néanmoins qu'elle n'était « pas d'accord » avec les positions de la députée des Deux-Sèvres. Au PS, c'est Vincent Peillon, le chef de file du Nouveau Parti socialiste, qui s'est réjoui de sa popularité, en observant que, selon les sondages, il y avait peu de présidentiables socialistes, à part elle, susceptibles de gagner en 2007. Ségolène Royal, enfin, peut se prévaloir de l'intérêt de l'ancien maire d'Arras, Léon Fatous, figure régionale socialiste, qui l'a invitée vendredi prochain pour fêter son 80e anniversaire. Fin 2004, c'est Lionel Jospin qui avait été convié.
Sources : LES ECHOS
Par Adriana EVANGELIZT
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Dimanche 29 janvier 2006

Et c'est là que l'on voit bien qu'il y a quelque chose qui cloche au niveau des femmes dans les partis politiques, toutes étiquettes confondues. Là, en l'occurence, il est question dans cet article de Libé du parti socialiste et il faut bien avouer que si Ségolène Royal n'avait pas été plebiscitée par le Peuple, la question des femmes ne se serait peut-être pas posée. Comme quoi, Ségo est le détonateur d'un système sclérosé par les hommes...

Le PS de nouveau obsédé par les femmes

par Paul Quino

La difficulté d'appliquer la parité resurgit à l'heure de la désignation des candidats aux législatives.

«La parité, c'est comme les éoliennes. Tout le monde en veut, mais chez le voisin», dit le premier. «La préoccupation de la parité est mieux intégrée dans les esprits qu'il y a cinq ans», dit le second. Lequel de ces deux socialistes aura raison, mi-mars, à l'issue du processus de désignation des candidats du PS pour les élections législatives ? Le premier est responsable d'une fédération. Le second, Bruno Le Roux, est secrétaire national aux élections et, à ce titre, chargé de mettre en oeuvre l'engagement pris au congrès du Mans de présenter 50 % de candidates en 2007. Ce samedi, il doit recueillir les propositions des patrons de fédération du PS réunis en séminaire, avant le rassemblement de tous les secrétaires de sections dimanche, à la Mutualité.

Effort. Pour l'heure, les départements ont reçu une circulaire qui précise la nécessité de faire des propositions «qualitatives». «Car, au-delà des 50 % de candidates, l'objectif est de disposer en 2007 d'un groupe à l'Assemblée composé d'un tiers de femmes», précise Bruno Le Roux. Elles ne sont aujourd'hui qu'une grosse vingtaine. Dans le meilleur des mondes socialistes, elles devraient donc être autour de 80 en 2007. «Il va falloir aller les chercher», prévient Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS chargée des femmes. Cette projection suppose une victoire de la gauche en 2007 et pas mal d'efforts de la part... des hommes. Surtout que s'y ajouteront les contraintes liées à la représentation «des minorités visibles», c'est-à-dire issues de l'immigration, et, ultérieurement, celles liées aux accords avec les partenaires verts, communistes et radicaux.

Intouchable. Bruno Le Roux a décomposé les circonscriptions en trois catégories. La première, où le PS dispose de députés sortants, des hommes en très grande majorité (environ 120), ne permettra qu'«une amélioration à la marge». Un sortant qui souhaite se représenter reste intouchable. Du coup, un département comme les Landes (3 députés PS hommes) devra faire un effort sur... les suppléantes. François Hollande a évoqué le critère de l'âge pour inciter quelques députés «seniors» à passer la main. Mais le responsable fédéral de la Dordogne, Michel Moyrand, prévient : «Sur une circonscription, j'ai un très bon candidat, même s'il est un peu âgé [71 ans]. Ce n'est pas moi qui lui dirai de partir».

Laurence Rossignol met en garde contre une autre chausse-trappe : l'annonce par certains «anciens» de leur volonté de rempiler, pour, au dernier moment, se désister au profit de leur protégé... homme. Ultime écueil : quand le sortant ne souhaite pas se représenter, comme c'est le cas par exemple dans la circonscription de Lannion, dans les Côtes-d'Armor, il n'y a pas toujours «une femme qui s'impose naturellement», rapporte Michel Morin, patron de cette fédération. Un autre se lamente : «On est parfois amené à demander à des femmes d'y aller alors qu'elles n'en ont pas forcément envie...» Reste la deuxième catégorie : les circonscriptions ancrées de longue date à droite. Comme souvent, l'essentiel de l'effort de féminisation risque de porter sur ces circonscriptions ingagnables...

2, la moitié de 5. En fait, si le PS veut atteindre son objectif, il doit concentrer ses forces sur des circonscriptions «sociologiquement à gauche» mais perdues en 2002. Or, dans les départements où le nombre de circonscriptions est impair, la moitié réservée aux femmes est la plupart du temps ramenée au niveau inférieur. «Pour l'instant, je fais comme si la moitié de cinq c'était deux», admet un cadre départemental. Deuxième difficulté : la préparation des échéances ultérieures, notamment municipales. C'est par exemple le cas en Haute-Garonne, où le PS lorgne une fois de plus Toulouse. Dernier obstacle : la volonté des petites fédérations de ne pas porter seules l'étendard de la parité.

En Indre-et-Loire par exemple, le premier fédéral, Jean-Patrick Gille, se dit prêt à réserver trois circonscriptions sur cinq «si tout le monde donne». Pour l'instant, de nombreuses fédérations se sont donc contentées d'adopter «le principe» de la parité. En restant sur le pas de la porte de la cuisine électorale.

Sources : LIBERATION

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Dimanche 29 janvier 2006

La femme est l'avenir de l'homme

par Bernard Lallement

Ecrivain et critique littéraire, proche de Sartre, avec lequel il a fondé le quotidien français Libération, Bernard Lallement a été un témoin privilégié de la vie du philosophe. Il lui a consacré deux ouvrages, dont une biographie à l'occasion du centenaire de sa naissance, en juin 2005.

Les femmes, en politique du moins, ont le vent en poupe. De Michelle Bachelet, première présidente élue d’une Amérique latine machiste à Angela Merkel, première chancelière au pays de Goethe en passant par notre Ségolène Royal, qui pulvérise chez nous les sondages, « les moitiés de l’homme » entendent, justement, occuper l’autre place qui leur revient.

Juste retour des choses, car elles n’en constituent pas moins la moitié de l’humanité et cette dernière avait eu une très fâcheuse habitude à les cantonner dans des tâches subalternes. Elles n’avaient pas droit de citer dans les affaires de la Cité.

Quelles puissent prétendre aux mêmes prérogatives des hommes n’est que justice. L’idée n’est, pourtant, pas nouvelle, ni révolutionnaire d’ailleurs. A Claire Lacombe, qui assistait aux débats de la Convention, Chaumette, procureur de la Commune de Paris, eut cette réplique : « depuis quand est-il d'usage de voir les femmes abandonner les soins pieux de leur ménage, le berceau de leurs enfants pour venir sur la place publique, dans la tribune, aux harangues ? » De Robespierre à Saint-Just, la misogynie était de mise.

Pourtant, au 17ème siècle, déjà, François Poulain de la Barre, qui sera suivi, bien plus tard, par Condorcet, rappelait l’absurde inégalité des sexes, fruit de nos préjugés. Et si, en France au 19ème siècle, Portalis, l’un des rédacteurs du code civil, justifiait « par la pudeur de leur sexe » l’interdiction faite aux femmes d’ester en justice, Walter Besant, publiait  en Angleterre, une nouvelle d’anticipation dans laquelle l’an 2000 verrait les femmes gouverner le monde.

L’évolution paraît, fort heureusement, irréversible. Mais cet engouement de l’opinion pour la promotion des femmes en politique traduit, aussi, une volonté de changement et de renouveau parmi une classe dirigeante, masculine, minée par la gérontocratie. Il est désolant de constater combien la carte vermeil est le sésame obligé pour tout candidat à la magistrature suprême et il y a du pathétique désolant à voir un Christian Poncelet réélu président du Sénat à 76 ans ou un Michel Rocard rempiler, à 74 ans, pour un nouveau mandat européen.

Il n’est pas indifférent de souligner que l’avènement d’un féminisme politique survient au moment où les partis politiques ont renoncé d’être le relais privilégié entre le peuple et ses dirigeants. Ils sont devenus de simples écuries électorales laissant aux médias le soin de véhiculer ce qui reste d’idéologie, faisant de la presse un pouvoir à part entière.

A court d’idées sur le devenir du monde, nos hommes politiques se réfugient dans l’émotion. Ainsi voyons-nous un Nicolas Sarkozy poussez la chansonnette en compagnie d’un Pascal Sevran, mitterrandolâtre sarkophile, et d’une ancienne gloire des années seventies, chez Michel Drucker. Les magazines people couchent ministres et députés sur papier glacé. Pour un peu, le Parlement serait en passe de rejoindre la Star Academy.

C’est dire combien est ardue la tâche qui attend nos nouvelles élues. Elles devront relever le flambeau, là où leurs coreligionnaires masculins ont failli. A moins qu’elles ne prennent, elles aussi, le pli du renoncement à changer le monde en se coulant savamment dans l’évidence médiatique et le moule d’une mondialisation aux relents libéraux. Mais « la femme est tout ce que l'homme appelle et tout ce qu'il n'atteint pas » nous prévenait Simone de Beauvoir.

Sources : Le blog de Bernard Lallement

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Dimanche 29 janvier 2006

"L'Avenir de l'homme..."

par BÉCHIR BEN YAHMED

 

L’Histoire a gravé dans le marbre les noms de quelques grandes reines qui ont exercé le pouvoir politique avec éclat, lui ont imprimé leur marque. Ces noms ont traversé les siècles pour parvenir jusqu’à nous, mais ils sont peu nombreux.

Ce sont tout naturellement les Européennes que les livres d’histoire privilégient : Isabelle la Catholique pour l’Espagne, Élisabeth et Victoria pour le Royaume-Uni, Christine pour la Suède, Catherine pour la Russie. Et ils nous apprennent, ces livres, que l’Afrique et l’Asie ont eu, elles aussi, des reines qui ont laissé un nom, une trace…Mais qu’elles aient été européennes, africaines ou asiatiques, ces souveraines, dont certaines, nous dit-on, furent très féminines et très belles, ne sont parvenues au pouvoir, et ne l’ont exercé au sommet, que par la conjonction inespérée de facteurs favorables.

Elles ont été, en somme, des exceptions à une norme de l’Histoire humaine telle qu’elle s’est déroulée depuis dix millénaires. Selon cette norme, le pouvoir politique, économique et militaire est détenu par le plus fort physiquement : l’homme.

Dominée, assujettie, reléguée au rang de « sexe faible » (ou de « deuxième sexe »), la femme a été tenue à l’écart du pouvoir et de ce qui en facilite l’accès : l’éducation.

Sur les cinq continents, et tout au long des dix millénaires de notre histoire, cette domination a régi les relations hommes-femmes : un ensemble d’habitudes et de traditions, de règlements et de lois s’est tissé peu à peu pour devenir un système de vie, la nature des choses.

Et lorsque, dans la seconde moitié du XXe siècle, il y a trente ou quarante ans, une douzaine de femmes, dans une douzaine de pays, ont réussi à franchir l’obstacle, sont parvenues au sommet du pouvoir politique et ont exercé ce pouvoir avec force et succès, ce fut l’étonnement. Et la recherche d’une explication.

On en a trouvé deux… qui valent ce qu’elles valent :

- La captation d’héritage : un nom illustre, l’héritage (politique) d’un père ou d’un mari ont ouvert les portes du pouvoir à plusieurs femmes, surtout en Amérique latine et en Asie. Les cas les plus connus sont ceux d’Isabel Perón en Argentine (1974), de Sirim avo Bandaranaike au Sri Lanka (elle l’a exercé plusieurs fois entre 1960 et 2000), de Corazón Aquino (héritière de son mari assassiné et présidente des Philippines de 1986 à 1992), de Megawati Sukarnoputri (fille du père de l’indépendance indonésienne, elle a bénéficié de cette filiation pour devenir présidente en 2001, bien après la destitution et la mort de son père).

- La force de caractère : les « dames de fer », comme on les a appelées, ne sont parvenues au pouvoir et ne l’ont exercé que parce qu’elles étaient en fait, sous une apparence féminine, particulièrement « viriles ». Et, de fait, elles se sont montrées dures à la tâche, impitoyables : Golda Meir (Israël, 1969-1974) et Margaret Thatcher (Royaume-Uni, 1979-1990) sont les plus souvent citées pour illustrer ce cas.

Quant à Indira Gandhi (Inde, 1966-1977, puis 1980-1984) et Benazir Bhutto (Pakistan, 1988-1990 ; 1993-1996), elles procèdent des deux : héritage du père et force de caractère.

Telle était la situation jusqu’à la fin du XXe siècle. Elle vient de se modifier d’une manière si spectaculaire que cela mérite qu’on s’y arrête.

Ce qui se passe simultanément, en ce moment même, sur tous les continents me donne l’impression d’une cage dont on aurait ouvert grandes les portes, d’un barrage qui vient de céder :

- En politique, du Chili à la Finlande, en passant par le Liberia, on voit des femmes, parfois seules et divorcées, battre leurs concurrents hommes et accéder au pouvoir suprême avec une superbe aisance.

Elles ajoutent leur nom - et leur poids - aux présidentes déjà en exercice en Irlande, en Lettonie, aux Philippines… et annoncent, semble-t-il, les succès possibles, ou peut-être même probables, d’une Ségolène Royal en France, d’une Ioulia Timochenko en Ukraine et de quelques autres dont la candidature au pouvoir suprême n’est pour le moment que virtuelle : Hillary Clinton et Condoleezza Rice pour les États-Unis, Aung San Suu Kyi pour Myanmar.

Outre la présidente du Liberia, l’Afrique compte deux femmes Premier ministre : Maria do Carno Silveira (à São Tomé e Príncipe, depuis le 8 juin 2005) et Luisa Dias Diogo (au Mozambique, depuis le 17 février 2004).

- En économie, même si elles n’ont pas atteint la parité, les femmes sont déjà au sommet dans des centaines de grandes entreprises. Sur tous les continents, chaque année qui passe, ou même chaque mois, voit leur situation s’améliorer : elles gagnent des places, consolident celles qu’elles viennent d’occuper et, si l’on établit la liste des mille personnes les plus puissantes et les plus influentes au monde, les femmes ne sont plus très loin d’en constituer la moitié.

- Dans les sciences et dans le domaine de la culture, on découvre le même phénomène : les femmes occupent petit à petit la place que leur donne l’éducation qu’elles ont reçue ; or, dans les écoles et les universités, elles étaient un peu partout, dès la fin du siècle dernier, aussi nombreuses que les hommes : c’est donc par l’éducation qu’elles se sont libérées de l’oppression masculine.

Quoi qu’il en soit, dans les sciences et la culture, lorsqu’elles n’ont pas encore atteint la parité avec les hommes, les femmes n’en sont pas loin, et il arrive même de plus en plus qu’elle fassent mieux que les hommes.

Lorsque les femmes qui sont, faut-il le rappeler, la moitié de l’humanité, auront gagné et occupé la place qui leur a jusqu’ici été déniée, une injustice dix fois millénaire aura été réparée et, ainsi, aura été accomplie la plus grande des révolutions, celle de l’égalité de chances et de droits entre les deux moitiés de l’humanité.

Tout laisse à penser que cette révolution sera faite et achevée au cours de ce XXIe siècle.

En parallèle avec une autre de même envergure et qui fait, elle aussi, couler beaucoup d’encre : l’accession au développement économique, technique et culturel de l’ensemble Inde-Chine, qui rassemble près de 3 milliards d’hommes et de femmes.

Il s’agit donc là d’une autre moitié de l’humanité, ou peu s’en faut.

Si elle gagne et occupe elle aussi, par l’éducation et le travail, la place qui lui revient et si, dans les prochaines décennies, cette deuxième révolution vient s’ajouter à la première, le XXIe siècle aura été celui de la libération de l’homme et de la femme.

Ils auront gravi une marche et atteint le stade suprême de leur évolution : égalité de droits, égalité des chances entre les sexes comme entre tous les hommes, sur l’ensemble de la planète, quelles que soient leur origine et leur couleur.

Lorsque l’humanité tout entière aura enfin adopté ces principes simples, en aura fait un idéal qu’elle s’efforcera de pratiquer, elle sera parvenue à la vraie civilisation.

L’esclavagisme, le racisme et l’intégrisme, que nous portons en nous et qui ont, de ce fait, dominé notre Histoire, auront enfin été vaincus.

Sources :  Jeune Afrique

Posté par Adriana Evangelizt

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