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Les casseroles des politiques

Vendredi 16 février 2007 5 16 /02 /2007 14:40

La gauche à son plus bas dans les sondages depuis 1969

A neuf semaines du premier tour de l'élection présidentielle, la gauche dans son ensemble pointe à un niveau très bas dans les sondages, atteignant au maximum 40% des intentions de vote au premier tour, son plus bas niveau pour une présidentielle depuis 1969.

Si l'élection avait lieu dimanche, de l'avis unanime des analystes des instituts de sondage, Nicolas Sarkozy aurait toutes les chances de l'emporter au second tour, tant l'écart droite-gauche est important.

Paradoxe de cette situation, la candidate socialiste Ségolène Royal, bien qu'elle ait perdu des points ces dernières semaines, reste créditée d'un niveau relativement élevé d'intentions de vote: entre 26% et 29%, selon les instituts.

C'est beaucoup plus que les 16,18% obtenus par Lionel Jospin en 2002 et même que ses 23,30% de 1995. Si elle reste loin des 34,11% de François Mitterrand au premier tour de 1988, elle dépasse le niveau de l'ancien président en 1981, avant sa victoire historique: 25,85%.

C'est en fait la faiblesse du reste de la gauche qui place aujourd'hui la candidate PS dans une situation délicate. Qu'ils soient d'extrême gauche, communistes, anti-libéraux ou Verts, aucun des autres candidats en course n'atteint les 5%, et la plupart plafonnent le plus souvent à 2%.

Outre le réflexe "vote utile" d'une partie des électeurs de ces mouvances, qui ne veulent pas voir se renouveler le scénario de 2002 où l'émiettement des voix avait précipité le fiasco de Lionel Jospin, aucun des candidats de la gauche de la gauche ou écologiste ne semble en mesure de créer pour l'instant une véritable dynamique.

Résultat, le total de la gauche se situe aujourd'hui aux alentours de 38% avec un point bas à 36,5% (Ipsos) et un point haut à 40% (LH2).

Aux présidentielles de 2002 et 1995, marquées par des défaites, la gauche avait totalisé au premier tour respectivement 40,89% et 40,56%. A celles de 1988 et 1981, où elle l'avait emporté, elle avait atteint 49,12% et 50,70%.

Même si, selon Emmanuel Rivière (Sofres), "il faut se montrer prudent dans l'exercice consistant à comparer des sondages avec des vrais totaux de premier tour", le maintien de la situation actuelle sonnerait sans doute le glas des chances de Mme Royal.

"Si la gauche reste entre 36 et 39% au premier tour, c'est impossible qu'elle l'emporte, même avec un très fort TSS (Tout sauf Sarko) au second", assure Frédéric Dabi (Ifop).

Autre handicap sérieux pour Mme Royal, l'affirmation de François Bayrou dans une position médiane entre la gauche et la droite, qui brouille un peu les pistes. "Il y a peut être maintenant une gauche, un centre et une droite et peut être un peu de la gauche d'autrefois dans le Bayrou d'aujourd'hui", affirme Emmanuel Rivière.

Selon lui, un tiers des 14% d'électeurs qui se déclarent actuellement en faveur du candidat UDF pour le premier tour devraient se reporter sur Mme Royal au second, ce qui correspondrait à un gain de 5 points.

Mais, selon les sondeurs, la faiblesse de la gauche vient surtout de ses difficultés à mobiliser ses soutiens traditionnels. Ainsi, la moitié de l'électorat ouvrier se prononcerait aujourd'hui pour Nicolas Sarkozy ou Jean-Marie Le Pen.

Selon Frédéric Dabi c'est "le brouillage" du message actuel du PS qui explique qu'il ne suscite pas l'adhésion. "Trois ans après son triomphe aux élections locales de 2004, il n'a pas réussi à transformer le vote de rejet des gouvernements Raffarin en désir de la gauche", affirme-t-il.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : Les casseroles des politiques
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /2006 00:30

Pour mémoire et pour les caciques du PS... ils ont belle mine de se moquer du pseudo "blairisme" de Royal... on en a l'exemple type ci-dessous... reniement des promesses et trahison des élites qui ont eu le pouvoir. Privilégier les riches plutôt que les pauvres et Jospin le roi de la privatisation... n'en jetez plus, la cour est pleine ! C'est autre chose que nous voulons !

Le prix du reniement

par Loïc Wacquant et Serge Halimi

Loïc Wacquant, sociologue, professeur à l’Université de Californie et chercheur au Centre de sociologie européenne du Collège de France.

Serge Halimi : journaliste au Monde Diplomatique,


Rien de très nouveau dans l’ascension relative de Le Pen. Ce phénomène ne saurait être expliqué par les problèmes fourre-tout de la xénophobie, de l’antisémitisme et de « la peur de l’autre », même si ces sujets nourrissent une quantité industrielle de réflexions d’essayistes médiocres rêvant de voir leurs analyses sur « l’ethnicité » et la « fragmentation » traduites dans leur pays de prédilection, les États-Unis (d’où elle sont au demeurant importées). Non, le cœur du problème réside dans la trahison de classe des « nouveaux socialistes ». En France et ailleurs en Europe.


- En 1988, Jean-Marie Le Pen a obtenu 4 400 000 voix au premier tour de l’élection présidentielle. Sept ans plus tard, il en recueillait 4 600 000. Dimanche 21 avril son score a atteint 4 800 000 voix. Rien de très spectaculaire là-dedans, à ceci près que Le Pen a réussi cette année à se qualifier à l’arrachée pour le second tour — pour y être écrasé. Au fond, il s’est passé peu de choses depuis cinq ans (voire vingt-cinq ans), susceptibles d’éloigner de l’extrême droite les suffrages des classes populaires qui ont vu leurs conditions de vie continuer à se dégrader et qui étaient tentées de répondre à cette dégradation en déposant ce qui à leurs yeux s’apparentait à une bombe dans l’urne, un vote Le Pen.

- L’ascension de l’extrême droite, engagée au début des années 80, a coïncidé avec l’abandon, par la gauche française, de sa tradition prolétarienne et de son ambition de « rupture avec le capitalisme ». Au moment où le Parti Socialiste modifiait sa doctrine et son action politique dans le but de séduire les classes moyennes éduquées — entraînant dans ce mouvement le Parti Communiste (au travers de sa participation au gouvernement), le Front National est devenu le parti qui saurait attirer le plus grand nombre d’ouvriers et de chômeurs.

- « Arracher ses racines pour mieux s’épanouir est le geste idiot d’un idiot » avait prévenu François Mitterrand avant de consacrer lui-même beaucoup d’énergie à ce genre de jardinage. Depuis, son reniement a été théorisé à plusieurs reprises par les socialistes, en particulier par les plus « modernes » d’entre eux : Laurent Fabius, Pierre Moscovici, Dominique Strauss-Kahn. Porte-parole du candidat Jospin et premier ministrable dans le cas où celui-ci l’aurait emporté, Dominique Strauss Kahn a ainsi expliqué que, dans un pays riche qui compte néanmoins près de trois millions de chômeurs et de quatre millions de personnes vivant officiellement en dessous du seuil de pauvreté, « il me semble que la société considère aujourd'hui qu'elle est proche de la limite en matière de redistribution ». Il a complété son « analyse » en estimant que « du groupe le plus défavorisé, on ne peut malheureusement pas toujours attendre une participation sereine à une démocratie parlementaire. Non pas qu’il se désintéresse de l’Histoire, mais ses irruptions s’y manifestent parfois dans la violence ». Le 21 avril dernier, une fraction significative de ce « groupe le plus défavorisé » a manifesté son absence de sérénité de la manière qu’on connaît… Ce qui a d’ailleurs promptement permis à M. Strauss-Kahn et à ses amis de manifester contre la montée du Front national, le pyromane affectant souvent de devenir pompier.

- Il y a quelques mois, le New Labour de M. Blair avait même été pris pour modèle par les socialistes français. Sitôt connue la seconde victoire consécutive des travaillistes, M. Moscovici, ministre des Affaires Européennes et proche de M. Jospin, n’exultait-il pas dans les colonnes très prolétariennes du Financial Times : « Cette victoire est une excellente nouvelle pour la gauche et pour l’Europe. M. Blair est un exemple formidable pour les autres sociaux-démocrates. » ? Formidable exemple en effet, pour la gauche, que ce porte-parole de la politique étrangère de M. George W. Bush et cet allié en Europe des orientations ultra-libérales de MM. Berlusconi et Aznar.

- Nous savons désormais que la France n’est pas le Royaume-Uni, et qu’une « social-démocratie » de type blairiste est rejetée, ici, par le peuple de gauche. Le système électoral à deux tours permet l’expression d’un tel rejet que le refus de la soumission au dogme néo-libéral rend naturel. Une partie massive de l’électorat a donc voté contre les « partis de gouvernement » les renvoyant dos à dos, consciente à la fois de leur désir de cibler presque exclusivement les classes moyennes, et de leur dédain affiché des ouvriers et des pauvres. En France, les électeurs de gauche et les fractions les plus prolétariennes de la société ont encore la possibilité de punir les candidats qui trahissent leurs engagements électoraux.

- Lionel Jospin avait pris l’engagement solennel de préserver le secteur public : « Je suis pour arrêter le programme de privatisations. » promettait-il en 1995, lors du débat l’opposant à Jacques Chirac. Il est devenu le plus grand « privatiseur » de l’histoire de France, et il s’apprêtait à laisser basculer les chemins de fer, la Poste et EDF dans ce même système de « concurrence », pour satisfaire les commissaires bruxellois chargés de faire régner l’ordre libéral. Jospin avait promis de renégocier le pacte européen de stabilité qui oblige les membres signataires à mener des politiques fiscales et monétaires orthodoxes. Il l’a signé tel quel une semaine après son arrivée à Matignon. Jospin avait promis de défendre les salaires et les emplois à temps complet. Au lieu de cela, la loi sur les 35 heures s’est révélée être une machine à flexibiliser le travail de millions d’ouvriers et d’employés, les obligeant à travailler la nuit, les week-ends, et à consentir à un gel de leur pouvoir d’achat. Aiguillonné par un Laurent Fabius qui, brillamment, avait prédit que la gauche perdrait l’élection présidentielle si elle ne baissait pas le taux de l’IRPP…, Jospin est même devenu le premier chef d’un gouvernement de l’histoire de la gauche française à avoir réduit le niveau d’imposition des classes favorisées. En septembre 1999, théorisant déjà son impuissance à conduire une politique de gauche, il déclarait : « Je ne crois pas qu’on puisse désormais administrer l’économie. Ce n’est pas par la loi, par les textes, qu’on régule l’économie. Tout le monde admet le marché ». Pourtant, la victoire de Jospin en 1997 reposait sur la promesse d’un retour au volontarisme politique, lequel devait, précisément, rompre avec cette dictature de « marché ». N’était-ce pas là l’une des leçons du mouvement social de novembre-décembre 1995 ?

- Parce qu’il a affirmé l’impuissance de l’État sur le front économique et social (quatre années d’une robuste croissance économique ont augmenté l’opulence des riches sans réduire le nombre et le dénuement des pauvres), Jospin a dû investir sa légitimité de gouvernant sur un autre front. Ce fut celui de la lutte contre la délinquance. En plagiant le triste slogan publicitaire de Blair : « intraitable face à la délinquance, intraitable devant ses causes », il a favorisé la consécration d’un thème traditionnel de la droite, celui du maintien de l’ordre, et ouvert ainsi une vaste zone de conquête politique à la fois à Chirac et à Le Pen. Le racolage des médias aidant, « l’insécurité » allait bientôt envahir presque toute la sphère publique. Des programmes de la télévision-poubelle aux journaux prétendument de référence (comme l’a rappelé le numéro 6 de PLPL, Le Monde a diffusé chez les kiosquiers des affichettes hurlant « Insécurité : alerte ! »), les médias ont martelé ce thème ad nauseam. À tel point qu’on aurait pu croire que la France était engloutie dans la spirale d’un effondrement de l’ordre public. Dans un pays où le chômage demeurait juché à un niveau historiquement élevé, les reportages et les articles ayant trait à « l’insécurité » furent près de dix fois plus nombreux que ceux qui abordaient la question du chômage, c'est-à-dire de la première des insécurités sociales. Le Pen n’eut pas besoin d’exposer ses idées, les médias firent campagne pour lui. En avril dernier, il s’en félicita en ces termes : « Les hommes politiques, les journalistes et les politologues parlent un langage qui n'est pas très éloigné du mien, quand il ne le recouvre pas, voire le dépasse. Je me suis normalisé puisque tout le monde parle comme moi. » Entre les deux tours, remords civique ou commerce antifasciste oblige, chacun, hommes politiques, journalistes et politologues, se mobilisa contre la « peste brune »…

- La vague de désespoir qui a balayé la France au moment du premier tour n’a pas été effacée par l’échec cuisant de Le Pen au second tour. Au sein des couches les plus défavorisées de la société, celles qui ont été abandonnées par les partis de gauche, ce désespoir demeure. Tant qu’en France et en Europe, la gauche continuera à ignorer le développement de l’insécurité sociale engendré par la déréglementation économique, elle méritera de perdre le pouvoir. Un « pouvoir » auquel elle a cessé de croire.



Sources : Homme moderne

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : Les casseroles des politiques
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /2006 00:21

Un article de 2002 sur la défaite du Parti Socialiste... un constat accablant...

 

 

 

LES SOCIALISTES PRIS DANS  LEUR PROPRE PIÈGE SÉCURITAIRE

 

par Loïc Wacquant

 

 

Loïc Wacquant, sociologue, professeur à l’Université de Californie et chercheur au Centre de sociologie européenne du Collège de France.

 

 

Comment expliquez-vous les résultats de ce premier tour et considérez-vous que la thématique sécuritaire a contribué à embourber la campagne de Lionel Jospin?

Les socialistes n'ont
qu'eux-mêmes à blâmer pour cet échec retentissant. Car la grande surprise de ce premier tour, ce n’est pas le vote Le Pen (il retrouve en voix en gros le même nombre d’électeurs qu’en 1995) mais l'effondrement du PS et de la gauche gouvernementale alors que la droite, elle aussi éparpillée, est conduite par un politicien usé, délinquant multirécidiviste et menteur professionnel, qui n’a plus comme programme que sa seule perpétuation à la tête de l’État (afin d’éviter la prison). Cet échec est dû a trois facteurs : le reniement des promesses et des idéaux de gauche dont Jospin s’était fait le champion en 1997, l’attentisme sur certains dossiers critiques, et un autisme stupéfiant, principe d’une erreur stratégique grossière sur la sécurité. Les Socialistes croyaient, avec ce thème, poser un collet pour neutraliser la droite et c’est eux qui sont tombés dans une trappe sans fond et ont offert un marche-pied en or à Le Pen.

Le reniement touche à plusieurs éléments-clefs de la politique de gauche promise en 1997 et que Jospin s’est empressé de mettre au rebut à peine élu. Ainsi le refus du pacte de stabilité européen s’est mué en soumission aux diktats budgétaires de Maastricht, la création d’un «gouvernement économique» au niveau de l'Europe s’est transformée en gadget toujours remis à plus tard et le projet d’une «Europe sociale» en incantation aussi sonore que creuse. Les lois Pasqua-Debré qui devaient être abrogées ont été maintenues et la régularisation des sans papiers entamée puis interrompue à mi-chemin. Le salariat précaire, loin de reculer, a été normalisé et le travail flexible étendu par le biais de la loi sur les 35 heures. Jospin avait aussi juré de défendre le service public et d’arrêter les privatisations; il a plus privatisé que Chirac, Balladur et Juppé réunis et largement engagé le bradage des télécoms avec en ligne de mire la poste, le gaz, les transports ferroviaires, etc. Du fait de ces reniements, la précarité et les inégalités sociales n’ont cessé d’augmenter en cinq ans : contrairement au discours ambiant d’auto-satisfaction du PS, la gauche gouvernementale partait plombée.

Ensuite, Jospin a fait preuve d’un attentisme étonnant sur un certain nombre de grands dossiers, comme l’éducation (où on a ressortit Lang du placard mitterrandien pour essuyer pendant un an les plâtres du typhon Allègre et surtout ne rien faire), l’écotaxe et la loi sur l’eau (où les lobbies industriels et paysans s’en sont donné à cœur joie) et les retraites (qu’on promet brusquement de régler en un an après les présidentielles alors qu’on n'a rien fait en cinq ans avant). Un cycliste qui fait du surplace n’enflamme pas les foules.

Enfin, les socialistes ont souffert d’autisme suraigu qui les a conduit à faire des bévues formidables. Pierre Bourdieu l’avait montré dans La Misère du monde dès 1993 : la classe politique française dans son ensemble est déconnectée du pays, enfermée dans son petit monde à elle; elle vit en vase clos et en cercle fermé avec les gens de média, de télévision, abreuvée de sondages (qui avaient tout faux une fois de plus et qu’on continue pourtant de citer et de discuter savamment) et ignorante des réalités du pays. Ignorante d’abord de l'insécurité sociale,et je souligne «sociale» trois fois, générée par la transformation du rapport salarial et la décomposition des anciennes formes de solidarité de classe. Quand Jospin glose sur le «retour au plein emploi» à l’horizon d’une législature alors qu'il y a plus de deux millions de personnes au chômage et que le taux d’adultes sans emploi dépasse 50 ou 60% dans nombre de quartiers populaires dévastés par 25 ans de politiques de «désinflation compétitive», c'est de la provocation. Qui fait le jeu de l'extrême droite, qui elle reconnaît que les choses ne vont pas bien et que la France «moderne» est d’abord une France qui fait mal aux petits.

La question de l'insécurité vient se greffer sur tout ça, elle ne détermine rien en elle-même et par elle-même. La grande erreur des socialistes est justement d’avoir autonomisé puis canonisé le thème de la délinquance. Alors il faut se garder de reproduire cette erreur dans l’analyse et d’en faire l’unique raison de la débâcle du PS. En vérité, la montée de la précarité et du salariat désocialisé a produit dans le pays une très grande anxiété sociale, une peur de l’avenir, peur de la chute et de la déchéance sociales, peur aussi de ne pas pouvoir transmettre son statut à ses enfants dans une compétition sociale accrue et incertaine. Cette insécurité sociale diffuse, qui touche (objectivement) les familles de classes populaires mais aussi (subjectivement) de larges fractions des classes moyennes, s’est focalisée, grâce au discours des politiciens et des médias, sur la question de l'insécurité «criminelle». La faute politique de Jospin a été de croire qu’il pouvait tirer un bénéfice électoral en faisant l’impasse sur la question sociale pour s’occuper à la place de la question criminelle pire, de manipuler la thématique de la délinquance pour faire écran à la montée de la précarité et de la misère sous un gouvernement de gauche.

On attendait que le PS agisse et fasse des propositions sur ce terrain de l'insécurité "sociale"...

Oui, et c'est là que Lionel Jospin et le PS ont commis une trahison et une erreur politique historiques, comme la gauche néolibéralisée des pays européens voisins, en important un discours américain préfabriqué qui réduit la question sociale à la question criminelle et qui propose de traiter les problèmes sociaux en s'appuyant sur l’appareil policier, judiciaire et pénitentiaire (comme je l’ai montré dans mon livre Les Prisons de la misère). Ce discours, c'est le complément en matière de «justice» de la politique de dérégulation économique et de rétraction de la protection sociale. Cette politique de pénalisation de la pauvreté sert au passage a réaffirmer la capacité d'action de l’État et à redonner une légitimité à des politiciens qui, justement, prêchent désormais à l’unisson l’impuissance publique sur le front économique et social. En légitimant le discours sécuritaire de droite, Jospin a ouvert un boulevard à Chirac et tous deux ont banalisé le discours lepéniste.

On m’opposera que cette montée de la politique sécuritaire est en rapport avec une nouvelle réalité «de terrain» mais c'est là une escroquerie intellectuelle extraordinaire. Quand on regarde les courbes des crimes et délits en France, on observe que la criminalité n'a pas brusquement changé d'échelle ou de physionomie ces dernières années. Ce qui a changé, c'est la façon dont on la perçoit, dont on la traite et l’amplifie médiatiquement, et dont on propose d'y réagir politiquement. Il suffit de regarder les couvertures des magazines, qui tous depuis trois mois titrent sur l'"insécurité", de regarder les journaux télévisés (y compris sur les chaines publiques) qui sont réduits à la chronique des faits divers de délinquance. L’institut TNS Média produit une courbe UBM, Unité de Bruit Médiatique, qui montre que dans l'année passée, le thème de l'insécurité est arrivé loin devant tous les autres thèmes avec dix fois plus de «bruit médiatique» que le chômage. Qui pourrait maintenir aujourd'hui que l'insécurité est un problème dix fois plus grave que le chômage?

Comment l'électorat de gauche a-t-il réagi à la campagne de Jospin et de ses partenaires de gouvernement?

La gauche gouvernementale a donné la preuve qu’elle est
totalement et sans doute définitivement déconnectée des classes populaires. Elle est aveugle aux souffrances des fractions déclinantes de la vieille classe ouvrière des usines, frappées de plein fouet par la désindustrialisation et les délocalisations qui ont continué bon train depuis cinq ans, et qui, dépitées par la participation du PCF au gouvernement, se sont réfugiées dans l’abstention (le refus de voter atteint 50% dans certaines villes industrielles et parmi les chômeurs) ou ralliée au discours onirique et haineux du Front national. Et elle est sourde aux revendications et aux mobilisations qui animent les fractions montantes du nouveau prolétariat des services, emmené par les jeunes salariés précaires et sous-payés des McDonald, Fnac et autres Go-Sport, qui eux se sont tournés vers l’extrême gauche. Et on ne voit pas pourquoi les uns et les autres soutiendraient un Premier Ministre qui s’est présenté d’emblée en disant qu’il n’était pas «socialiste» et dont le gouvernement s’est plus soucié de réduire les impôts sur les cadres expatriés des multinationales que d’augmenter les minima sociaux. Alors à entendre les caciques du PS bramer dimanche soir après les résultats que ces électeurs de l’extrême gauche doivent regretter leur vote, on se dit qu’ils n’ont décidément rien compris et que ce n’est pas sur eux que l’on peut compter pour remettre les idéaux de justice sociale au centre de la vie politique française.

 

 

Sources : Homme moderne

 
Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : Les casseroles des politiques
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Vendredi 2 juin 2006 5 02 /06 /2006 16:12

C'était la génération Mitterrand

par Pascale Robert-Diard

 

A travers les hautes croisées de la salle d'audience monte l'écho de slogans rageurs contre le gouvernement, repris en choeur par les manifestants qui défilent non loin du Palais de justice. Dehors, dans le froid de ces premières semaines de mars, une génération naît à la politique et à la contestation étudiante. Dedans, devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, une autre répond de ses dérives financières.

Cette génération-là a atteint la cinquantaine presque sans s'en apercevoir. Elle a grandi à l'ombre du pouvoir dans les années du premier septennat de François Mitterrand - auquel elle a attaché son nom - et lui a fourni ses dirigeants étudiants, puis des députés, des conseillers ministériels ou des syndicalistes.

C'est une page de son histoire qui s'écrit depuis le mercredi 1er mars, à travers le procès des emplois fictifs de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF), dans lequel comparaissent une vingtaine de prévenus. Parmi eux, l'ancien directeur général de la mutuelle étudiante, Olivier Spithakis, le député (PS) de Paris Jean-Christophe Cambadélis, l'ancienne conseillère en communication de Lionel Jospin, Marie-France Lavarini, ainsi que quelques figures de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF, syndicat étudiant majoritaire) et du mouvement social étudiant des années 1980 et 1990.

De leur passé de militants et de leurs séjours prolongés - largement au-delà de la limite d'âge - dans les amphithéâtres et les assemblées générales, ils ont gardé l'art incomparable de se saisir d'un micro et de ne le lâcher qu'à regret. Le président du tribunal, Noël Miniconi, l'a compris, qui doit régulièrement interrompre cette logorrhée dont le flot voudrait emmener les débats loin des seuls faits de détournements de fonds publics, abus ou recel d'abus de confiance.

Dès le premier jour du procès, Olivier Spithakis avait prévenu : "Oui, il y a eu un système, un système politique, et j'ai bien l'intention d'en parler au cours de ces audiences." Une ligne de défense qui sert bien sûr les intérêts du principal prévenu de ce dossier qui a présidé aux destinées de la mutuelle de 1983 à 1996, mais qui lève aussi un coin du voile sur la pouponnière de gauche que fut la MNEF.

Un raccourci saisissant en a été livré, jeudi 16 mars, par le prédécesseur d'Olivier Spithakis, Jean-Michel Grosz. Ancien secrétaire général des étudiants socialistes, président de la MNEF de 1979 à 1985, puis haut fonctionnaire du ministère de l'intérieur, M. Grosz est aujourd'hui "conjoint d'exploitant agricole".

"L'affaire de la MNEF est double, voire triple, a-t-il expliqué devant le tribunal. La première est connue de tout le monde. La MNEF a été un réservoir de militants politiques et une pompe à finances pour les générations qui se sont succédé à sa direction. Nous sommes en plein dans ce que l'on appelle aujourd'hui le financement occulte des partis politiques, que l'on appelait, à l'époque, le financement tout court. La deuxième affaire, c'est celle d'une génération, née plus de dix ans après 1968. Une génération plus sociétale, avec des mouvements comme SOS-Racisme, qui a été créé dans mon bureau."

Quant au "troisième volet", qui vaut à M. Grosz de comparaître aujourd'hui, il serait dû, selon lui, "à des règlements de comptes qui ne sont que les fruits des rivalités de la génération 1968, [dont les membres sont] devenus propriétaires ou rédacteurs en chef de journaux ou responsables politiques dans de hautes fonctions !"
Pour comprendre, il a fallu remonter un peu le fil de l'histoire de cette génération, rappeler les combats qui ont opposé entre elles les familles rocardienne, mitterrandiste et surtout trotskistes - Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et Organisation communiste internationale (OCI) - sans compter quelques solides cousinages francs-maçons, pour s'assurer la suprématie sur l'UNEF-ID (indépendante et démocratique) et la mainmise sur le trésor de guerre que représentait la mutuelle.

L'enjeu était devenu d'autant plus important que, dans les années 1980, le nombre d'étudiants avait explosé et, avec lui, les dotations de la Caisse nationale d'assurance-maladie aux mutuelles qui ont reçu délégation de gérer la Sécurité sociale étudiante. Pour "rabattre" des adhérents à chaque rentrée universitaire, l'UNEF est un allié indispensable de la MNEF. "La MNEF sans l'UNEF n'existe pas", a expliqué l'un des prévenus, Philippe Campinchi, ex-président de l'UNEF-ID.

En 1999, avant de disparaître pour laisser place à la Mutuelle des étudiants, la MNEF comptait 677 000 étudiants affiliés, et gérait 1,16 milliard de francs de prestations liées au régime obligatoire de la "Sécu".

En échange, la MNEF assure le vivre et le couvert à ses poulains, notamment sous forme de nominations au conseil d'administration de la mutuelle, qui permettent aux heureux élus de bénéficier d'une rémunération. Sur la liste des personnes payées par la MNEF - donc sur fonds publics dans des emplois qualifiés de fictifs et évalués par la police pour la période en cause à 15 millions de francs - figure donc le ban et l'arrière-ban de la génération Mitterrand.

Olivier Spithakis est alors au faîte de sa puissance. Entouré de quelques amis très sûrs - qui remontent aux années d'internat chez les maristes de La Seyne-sur-Mer (Var) -, il a engagé la mutuelle dans une politique de diversification tous azimuts. L' "économie sociale", dont la MNEF se revendique, emprunte sans vergogne à son adversaire libérale les mots de "filiales" et de "holdings", les rémunérations des dirigeants suivent l'exemple, et l'intérêt bien compris des "actionnaires idéologiques" - selon l'expression de M. Spithakis pour qualifier les membres du conseil d'administration - limite les critiques à l'égard de ce qui ressemble de plus en plus à une dérive affairiste.

Un dirigeant de SOS-Racisme ou un permanent syndical FO à rémunérer ? Un président de l'UNEF à indemniser ? Une assistante parlementaire ou le membre officieux d'un cabinet ministériel à financer ? Pas de problème, la MNEF est là, comme elle l'a toujours été pour soutenir le mouvement social. Mais elle sait aussi dispenser ses prodigalités au copain malade ou à la copine divorcée, ou encore pour assouvir la passion de l'un pour les chevaux de course ou celle d'un autre pour son assistante parlementaire.

La "Spithakie" dérape et la justice s'en mêle. De père prodigue, via les fonds de la mutuelle, Olivier Spithakis devient un ami encombrant dont il est urgent de s'éloigner. Renvoyé devant le tribunal correctionnel et déjà condamné dans un autre volet, Olivier Spithakis dénonce une "manipulation politique" et rappelle à ses amis d'hier qu'il refusera de payer, seul, ce qui fut aussi la dérive d'une génération et de sa rencontre avec les tentations du pouvoir.

Sources : Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT - Publié dans : Les casseroles des politiques
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Vendredi 2 juin 2006 5 02 /06 /2006 15:22

Alors hier, Cambadélis Jean-Christophe "accusait" Ségolène Royal de "courir après Nicolas Sarkozy"... tu parles d'une accusation ! Au moins tous les deux ont-ils un point commun, -Ségo et Sarko- ils n'ont jamais trempé dans des magouilles qui auraient pour conséquence de ternir leur image. Enfin,tout ça pour dire aujourd'hui que "l'accusée" n'est pas celle que l'on croit puisque Cambadélis a été condamné ce Vendredi à 6 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende. Nous aimerions savoir si personnellement, en tant que simple quidam, nous avions "arnaqué" 620 000 fr soit 94 500 euros, quelle peine nous aurait-on infligé ? Nous assistons dans notre pays à une criminalisation du citoyen ordinaire -l'histoire des deux liens sur mon blog en est un exemple- alors que les élus sensés représenter le Peuple peuvent outrepasser les lois sans problèmes.

"Alors que le "monde d'en-haut" bénéficie d'une impunité sans limite pour ses crimes financiers, économiques, écologiques ou sociaux, le "monde d'en-bas" est soumis à un contrôle incessant et à une répression disproportionnée par rapports aux actes." C'est scandaleux ! D'autant que nous savons très bien aujourd'hui pourquoi nous avons été diffamés par le biais de notre blog. Et bien que nous avons donné notre parole d'honneur de garder le silence, que ceux qui sont à la base de ces calomnies sachent bien que... la vengeance est un plat qui se mange froid.

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Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis a été condamné, vendredi, à six mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende, dans l'affaire des emplois fictifs de la MNEF, par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Parmi les anciens dirigeants de la mutuelle étudiante, le tribunal a condamné l'ancien directeur général Olivier Spithakis à deux ans avec sursis, ainsi que 50 000 euros d'amende, et l'ancien président Jean-Michel Grosz à deux ans avec sursis et 150 000 euros d'amende. (AFP)

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Cambadélis accuse Ségolène Royal de "courir après Nicolas Sarkozy"


 

PARIS, 1 juin 2006 (AFP) - Le député PS Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, a reproché à Ségolène Royal d'avoir fait un "dérapage" et de "courir après Nicolas Sarkozy" quand elle prône un "encadrement à dimension militaire" pour les jeunes délinquants.
"Ségolène Royal nous a fait un petit dérapage", indique M. Cambadélis dans un communiqué à l'AFP. "La militarisation de la sécurité, ce n'est pas l'ordre juste mais juste l'ordre", a-t-il ajouté, allusion à un des slogans, "l'ordre juste", de la candidate potentielle à l'investiture pour la présidentielle. "A courir après Nicolas Sarkozy on ne le combat pas, on le légitime", a souligné encore le député de Paris, pour qui "il faut faire baisser la violence dans la société", mais "cela passe par des règles et de la justice sociale".
Sources AFP
Procès de la MNEF : prison avec sursis pour les principaux accusés
Des peines de prison avec sursis assorties d'amendes ont été prononcées par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, vendredi 2 juin, contres les principaux accusés de l'affaire des emplois fictifs au sein de la MNEF, la mutuelle étudiante. Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende. La peine infligée à M. Cambadélis, plus clémente que celle requise par le procureur, ne comporte pas d'inéligibilité et est également amnistiable. Huit mois d'emprisonnement avec sursis et 50 000 euros d'amende avaient été requis à l'encontre de l'élu parisien, convaincu d'avoir touché, de 1991 à 1995, 620 000 francs (94 500 euros) d'une filiale de la MNEF.

L'ancienne collaboratrice de Lionel Jospin Marie-France Lavarini a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis. Le tribunal a suivi les réquisitions en ce qui la concerne : contrairement à M. Cambadélis, elle avait reconnu avoir reçu 397 000 francs (60 000 euros) entre 1990 et 1993 sans exercer d'activité à la MNEF. Elle a tout remboursé, frais compris.

SEPT RELAXES

La peine la plus forte a été demandée contre l'ancien président de la MNEF Jean-Michel Grosz : trois ans d'emprisonnement avec sursis, 150 000 euros d'amende et trois ans d'interdiction des droits civiques. L'ancien directeur général Olivier Spithakis, soupçonné d'embaucher directement les bénéficiaires d'emplois fictifs, a quant à lui écopé de deux ans avec sursis ainsi que 50 000 euros d'amende.

En tout, 27 prévenus avaient comparu durant tout le mois de mars : 24 anciens dirigeants de la mutuelle étudiante ou bénéficiaires présumés d'emplois fictifs, et cinq personnes morales, syndicats ou associations accusés d'avoir fait rémunérer des permanents par la MNEF.

Le tribunal a prononcé sept relaxes, dont une en faveur du syndicat étudiant UNEF-ID. Parmi les autres personnes morales poursuivies, la fédération CFDT de la protection sociale et la fédération Force ouvrière des employés et cadres ont été condamnées à 15 000 euros d'amende avec sursis. L'association SOS Racisme a écopé de 5 000 euros d'amende avec sursis.

Aucune des personnes condamnées n'a fait de commentaire à l'issue du jugement.

Sources : Le Monde

Jugement dans l'affaire des emplois fictifs de la Mnef

Le député PS Jean-Christophe Cambadélis, une ancienne collaboratrice de Lionel Jospin et 27 autres prévenus seront fixés sur leur sort vendredi avec le jugement dans le procès de la mutuelle étudiante Mnef, l'une des dernières grandes affaires d'emplois fictifs des années 90.

La 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris doit rendre sa décision à 13H30 concernant les prévenus contre lesquels de la prison avec sursis et des amendes ont été requises par l'accusation, au terme d'un mois d'audience en mars.

Les prévenus sont 24 anciens dirigeants de la mutuelle étudiante ou bénéficiaires présumés d'emplois fictifs, et cinq personnes morales, syndicats ou associations accusés d'avoir fait rémunérer des permanents par la Mnef.

Ce sont surtout les sommes perçues par le député socialiste de Paris Jean-Christophe Cambadélis et l'ancienne collaboratrice de Lionel Jospin au ministère de l'Education, Marie-France Lavarini, qui ont retenu l'attention.

Huit mois d'emprisonnement avec sursis et 50.000 euros d'amende - sans peine d'inéligibilité - ont été requis contre M. Cambadélis, soupçonné d'avoir touché de 1991 à 1995 620.000 F (94.500 euros) d'une filiale de la Mnef. Son avocat a assuré que le parlementaire avait exercé une activité "bien réelle" de conseil.

Quatre mois avec sursis ont été réclamés contre Mme Lavarini qui, contrairement à M. Cambadélis, a reconnu avoir reçu 397.000 F (60.000 euros) entre 1990 et 1993 sans exercer d'activité à la Mnef. Elle a tout remboursé, frais compris.

Le parquet a eu la main plus lourde contre les anciens dirigeants de la Mnef.

La peine la plus forte a été demandée contre l'ancien président de la Mnef, Jean-Michel Grosz : trois ans d'emprisonnement avec sursis, 150.000 euros d'amende et trois ans d'interdiction des droits civiques.

Trois ans avec sursis, 50.000 euros d'amende et trois ans d'interdiction des droits civiques ont été réclamés contre l'ancien directeur général Olivier Spithakis, soupçonné d'embaucher directement les bénéficiaires d'emplois fictifs.

M. Spithakis a déjà été condamné en décembre 2005 à 18 mois de prison ferme par la cour d'appel de Paris pour détournements de fonds au préjudice de la mutuelle, mais il s'est pourvu en cassation.

Son avocat a souligné que lorsque son client "quitte ses fonctions en septembre 1998, les caisses sont pleines. La Mnef se porte bien". Il a dénoncé les "pressions politiques" exercées durant l'instruction pour faire tomber la mutuelle, sur fond de querelles internes au Parti socialiste. Jean-Michel Grosz a décrit pour sa part la Mnef comme "une pompe à finances" du PS.

D'une manière générale, les allusions à Lionel Jospin ont été nombreuses au cours des débats sur un scandale qui a éclaboussé la gauche socialiste des années 90.

Sources AFP

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